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Le Musée national de l'Éducation

La Première Guerre mondiale est particulièrement présente dans certains fonds scolaires du Musée national de l'Éducation : manuels, cahiers et dessins d’élèves, vues sur verre à projeter et photographies, diplômes et bons points, discours de prix, couvertures de cahiers, conférences pédagogiques, périodiques et livres d’or, mais aussi parmi les objets culturels de l’enfance : livres de jeunesse, jeux et jouets, catalogues de jouets, affiches, cartes postales, imagerie.

« Chansons des soldats de France»

« Chansons des soldats de France» - Musique de Georges Fragerolle, poésies et dessins de Georges Tiret-Bognet. E. Flammarion éd., Paris, vers 1912. Cote 2003.1948.

Ce recueil de chansons patriotiques fut publié peu avant la guerre par Georges Tiret-Bognet (1855-1935), illustrateur renommé, collaborateur de nombreux journaux illustrés et de revues humoristiques. La plupart des chansons sont historiques (« Les arquebusiers du roi Henry », « Les mousquetaires de Louis XIII », etc.) mais toutes célèbrent la gloire de l’armée française. La dernière, « Les coquelicots », met en valeur les soldats français, en képi et pantalon « rouges comme notre sang », qui avancent en rangs serrés dans « les champs où le blé se balance ». L’illustration donne une vision idéalisée des combats, à l’image des manœuvres d’avant-guerre où la progression est ordonnée et facile. Mais pour nous elle évoque les premiers combats où les mitrailleuses allemandes feront un carnage sur ces pantalons « coquelicot » si visibles dans les blés mûrs d’août 1914.

© Musée national de l'Education / CNDP - Rouen

« L'Actualité. L'union fait la force. Jeu stratégique ». Sans éditeur. Vers 1915. Cote 1979.29489.

Cette chromolithographie aux couleurs éclatantes est l’illustration de couverture d’une boîte de jeu, comme le montre la légende au bas de l’image : « Jeu très intéressant pour les grands et amusant pour les petits». La gravure, allégorique, est très révélatrice de la propagande française du début de la guerre. La victoire est assurée par la vaillance des troupes françaises : le coq gaulois, bien au centre, fièrement dressé sur ses ergots, terrasse en effet sans difficulté l’immense aigle de l’empire allemand. En cercle autour de lui, le bulldog anglais, le lion belge et l’ours russe semblent prêts à bondir pour achever l’ouvrage. L’Etat-Major français croyait beaucoup en l’aide décisive de la Russie qui devait prendre l’Allemagne à revers, assurant l’invincibilité de la France grâce au système d’alliances qu’elle avait su tisser avant guerre. Cette image était avant tout destinée au public français : malgré le titre et la légende qui insistent sur l’aide des Alliés, elle met en valeur une victoire uniquement française, avec des Alliés quelque peu spectateurs…

© Musée national de l’Éducation / CNDP – Rouen

« En Alsace. École faite dans une cour de ferme par un maître soldat ». Carte postale. Éd. Phot-Express, Paris. Vers 1915. Cote 1999.4464.

Un des moments peu connus des combats de 1914 est l’offensive française victorieuse en Haute-Alsace. Entre le 7 et le 25 août, l’armée française occupe brièvement Mulhouse. Elle doit se retirer devant la contre-attaque allemande, mais durant toute la guerre, jusqu’en 1918, un petit morceau d’Alsace reste sous contrôle français, alors que tout le Nord de la France se retrouve envahi par l’armée allemande. Ce fait d’armes fut évidemment salué par la propagande française, avec d’autant plus d’insistance que la « libération » de l’Alsace-Moselle, occupée depuis 1871, était un des buts de guerre des Français. En témoigne la scène, voire la mise en scène, fixée par cette carte postale. Dans une cour de ferme, sous les yeux des fermiers en sabots et de quelques officiers, une dizaine d’enfants, garçons d’un côté et filles de l’autre, se sont regroupés autour d’un « maître-soldat » qui leur fait la lecture. S'adresse t-il en français à ces élèves qui pour la plupart, sinon tous, s'expriment dans le dialecte alsacien ? S'il est vrai que pour les Français, l’Alsace est avant tout française de cœur, la pratique du français est d'emblée un enjeu pour l'école dans la province reconquise.

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1988.215. « Jusqu’au bout. Nouveau jeu de la guerre de 1914 ». Jeu de l’oie publié par H. Bouquet, Paris, 1914.

Depuis le 17e siècle, les jeux de l’oie ont souvent servi à inculquer des valeurs politiques ou patriotiques. Cet éditeur parisien a su mettre rapidement en scène l’actualité par un jeu au ton résolument cocardier et anti-allemand. Le parcours commence par l’attentat de Sarajevo et se termine par la fuite des soldats allemands. Toutes les 9 cases, les armes d'un pays allié remplacent l'oie du jeu traditionnel. Les 8 "accidents" habituels sont adaptés aux circonstances (au n°12 : « Pont improvisé sur la Marne"). Si la représentation des combats n’est guère réaliste et met avant tout en valeur l’uniforme rutilant des soldats français (pantalon garance et capote bleue), les problèmes ne sont pas complètement occultés (au n°13 : « première victime de la guerre », au n°19 « blessés français »). Le jeu valorise avant tout l’armée française et ses chefs (Joffre, Gallieni, Castelnau, Pau), mais n’oublie pas de célébrer les armées alliées et en particulier la vaillante Belgique. Les textes reprennent un des thèmes classiques de la propagande : la France et ses alliés mènent contre un ennemi diabolisé une guerre juste « pour le droit, l’honneur et la civilisation ».

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« Le Panorama de la guerre de 1914 – À Morhange près de Nancy (tableau d’Eugène Chaperon) ». Puzzle publié par Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, vers 1915. Cote 1983.502.

Ce puzzle de 48 pièces appartient à une série qui comprend une dizaine de reproductions de tableaux patriotiques. Eugène Chaperon (1857-1938) est un des nombreux peintres « militaires » d’avant-guerre qui, comme Detaille ou Meissonier, s’étaient spécialisés dans la représentation idéalisée de l’armée et des batailles. Il donne ici une vision quelque peu mensongère de l’attaque française en Lorraine en août 1914. Les fantassins français ont effectivement été lancés en rangs serrés sur les lignes allemandes, selon la tactique de « l’offensive à outrance » en vogue dans l’État-Major. Mais ils se sont heurtés à la ferme résistance des troupes du Kronprinz, chargées de contenir les Français au centre pendant que l'aile droite de l'armée allemande, conformément au plan Schlieffen, envahissait la Belgique pour une grande manœuvre d’encerclement. Et les mitrailleuses allemandes infligèrent de lourdes pertes aux soldats français en capotes bleues et pantalons rouges. Pourtant c’est une charge française victorieuse qui est montrée ici, faisant de nombreuses victimes chez l’ennemi (premier plan) et le poussant à la fuite (arrière-plan) malgré les exhortations d’un officier à cheval.

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« La guerre anecdotique (1914) – N° 8 La revanche du Zouave ». Couverture de cahier. Gravure de Georges Grellet. Éd. C. Charier, Saumur, vers 1914. Cote 2012.803.

Les couvertures de cahiers illustrées qui avaient largement célébré, avant guerre, l’élan patriotique et la force de l’armée française, participèrent presque naturellement, dès le début du conflit, à la propagande de guerre. Publiées souvent « à chaud » selon les nouvelles qui arrivaient du front, elles pouvaient entrer dans le détail des combats tout en en donnant bien sûr une vision très idéalisée. La morgue des officiers prussiens était un thème récurrent de la propagande anti-allemande. La gravure illustre une anecdote censée s’être passée pendant la bataille de Charleroi (Belgique) du 21 au 23 août 1914. Un zouave avait fait prisonnier un officier allemand qui « dans sa rage hautaine, l’injuria gravement ». Pour le punir, « il obligea son insulteur à porter son sac et tout son fourniment. Sous la menace de sa fine baïonnette, le Prussien s’exécuta. Notre vaillant troupier, après l’avoir coiffé de sa gamelle, rentra au camp en triomphateur ». Ce genre d’anecdote comique ne pouvait que plaire au jeune public visé par ces couvertures, tout en maintenant le moral de l’arrière, alors que les premiers combats se déroulaient plutôt mal pour les troupes françaises et que les pertes étaient considérables.

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Jeu de tir à système. Avec carabine à fléchettes Euréka dans son étui. Bois découpé, soufflet de papier, trompe métallique. Carabine bois et métal, 2 fléchettes bois, métal et caoutchouc, étui toile et cuir. Sans éd. Vers 1914. Cote 2011.2300.

La dichotomie entre les réalités du front et la propagande de l’arrière est particulièrement visible dans les jeux édités pendant le conflit. Les jeux de tir étaient populaires pour les garçons depuis le 19e siècle et la marque Eureka fabriquait des fusils à fléchettes depuis 1889. Ce jeu fut fabriqué pour célébrer la victoire de la Marne. Il montre un soldat allemand, aux traits simiesques, effrayé par l'offensive française, qui lève les mains pour se rendre. S'il est atteint par la fléchette, il bascule tandis que surgit le coq gaulois poussant un cri triomphal (grâce à un soufflet à musique). Devant lui se trouve une borne routière indiquant « Paris 40 km » qui souligne, en creux, que la France a frôlé la catastrophe après l’invasion de tout le nord-est du pays durant le mois d’août 1914. Malgré ces défaites initiales, la propagande française ne cessait de donner l’image d’une armée allemande affaiblie dont les soldats affamés se rendaient « pour une tartine de pain ». Les enfants n’avaient sans doute pas besoin du support matériel de ce jeu pour « rejouer » avec leurs amis les combats dont ils entendaient parler quotidiennement. Francisque Poulbot en a donné une vision humoristique dans ses dessins publiés entre 1915 et 1918, soulignant notamment la difficulté de trouver des volontaires « pour jouer les Boches » !
 

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« Jeu des QuatrArmes ». Lithographie signée 0’Galop. Jeu édité par H. Bouquet, Paris, vers 1915. Règle de jeu en français et anglais au dos du couvercle. Cote 1988.3.

De grands artistes français de l’époque contribuèrent à exalter l’effort de guerre et le moral des Français. Marius Roussillon, dit « O’Galop » (1867-1946) est un peintre et dessinateur humoristique qui a beaucoup travaillé pour la publicité (c’est notamment le créateur du personnage de Bibendum pour les pneus Michelin en 1898). Pendant la guerre il produisit de nombreuses affiches, des films d’animation et ce jeu stratégique, très inspiré du jeu de dames, qui se joue avec des pions nommés fantassins, cavaliers et canons, disposés en 4 tranchées opposées parallèlement aux 4 tranchées ennemies. La lithographie du couvercle de la boîte de jeu met en valeur le généralissime Joseph Joffre (1852-1931), commandant en chef des armées alliées sur le front Ouest jusqu’en 1916. Malgré l’échec du « Plan XVII » au début de la guerre et sa tactique d’ « offensives à outrance » qui va s’avérer inutile et extrêmement meurtrière, il est célébré par la propagande française comme l’artisan de la Victoire de la Marne et comme un tacticien calme et résolu (« je les grignote »). C’est cette image d’un Joffre confiant et souriant, bon père tranquille, qui est donnée dans cette lithographie. Il a déjà accumulé un grand nombre de pions ennemis et son adversaire semble perdu. Il s’agit de Friedrich Wilhelm von Hohenzollern (1882-1951), Kronprinz, fils ainé du Kaiser et prince héritier de l’empire allemand, qui fut à la tête de la 5e armée allemande de 1914 jusqu’à la bataille de Verdun en 1916. Sa haute silhouette dégingandée était une cible de choix des caricaturistes français, comme pour l’enfant qui a lacéré son visage sur ce couvercle.
 

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« Boîte de boutons de chocolat Menier à l'effigie du général Pétain ». Chocolat Menier, Imprimerie Revon, Paris. Vers 1915. Cote 1979.27081.

La publicité se met également au service de la glorification patriotique de la France et de son armée. La maison Menier a commencé vers 1900 la fabrication de petites boîtes décorées de portraits à collectionner et contenant des boutons en chocolat. À partir de 1914, ce sont les chefs de l’armée française qui sont mis à l’honneur sur les couvercles. Cette boîte de chocolats, à l’effigie du général Pétain, fait partie d’une série d’une dizaine reproduisant les portraits des généraux Mangin, Franchet d’Esperet, Foch, Castelnau, etc. Ce modèle semble dater du tout début de la guerre. Depuis une instruction du 4 février 1914 sur l’alimentation en campagne, le chocolat fait partie des vivres de réserve des soldats (125 gr par jour) et Menier est fournisseur de l'armée française. Les usines Menier, situées à Noisiel en Seine-et-Marne, furent un temps inquiétées par l’avance des troupes allemandes en août-septembre 1914, mais la victoire de la Marne relâcha la pression et la production put continuer avec un personnel de plus en plus féminin. Ce n’est qu’à partir de 1917 que la production baissa du fait des difficultés d’approvisionnement en sucre et cacao.

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« L'invasion de la Belgique (1914) - n°9: Tir de l'artillerie belge sur un Zeppelin » - Couverture de cahier. Gravure de Georges Grellet. Éd. C. Charier, Saumur, vers 1914. Cote 2012.810.

L’invasion de la Belgique par l’armée allemande en août 1914, alors que ce pays affichait sa neutralité depuis 1831, fut considérée par les Français comme l’exemple même de la fourberie et de la barbarie allemandes. Elle déclencha aussi l’entrée en guerre du Royaume-Uni, garant de la neutralité belge. Le courage de l’armée belge fut d’autant plus célébré par la propagande française que, contre toute attente vu l’inégalité des forces en présence, elle opposa une farouche résistance qui fit perdre aux Allemands presque 15 jours et 5000 morts. Elle donna aux Français le temps de se ressaisir pour arrêter l’offensive allemande sur la Marne. Le siège d’Anvers jusqu’en septembre mobilisa 150 000 hommes qui manquèrent à l’Etat-Major allemand pour une totale réussite du plan Schlieffen en France. Cette couverture de cahier illustrée, qui s’inscrit dans une série d’une dizaine sur « L’invasion de la Belgique (1914) », est publiée « à chaud » et glorifie la résistance de l’infanterie belge. Malgré sa faible puissance de feu, elle n’hésite pas à tirer sur un Zeppelin, ballon dirigeable allemand qui fut utilisé dès les débuts du conflit pour surveiller et bombarder les lignes ennemies. L’élève qui possédait ce cahier a même rajouté sa touche personnelle en dessinant à la plume les contours d’un obus prêt à faire exploser le Zeppelin. Effectivement, ces dirigeables s’avérèrent vulnérables pour des attaques en plein jour et furent bientôt affectés à des missions de bombardement nocturne ou de surveillance maritime, en Mer du Nord et dans la Baltique.
 

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« Distribution des prix – École « Dubail » - Année 1915 ». Ex-praemio illustré. Imprimerie Jules Matot, Reims, vers 1915. Cote 1979.4906.

La ville de Reims, proche de la ligne de front en Champagne, se trouva rapidement en situation très dangereuse, à portée des obus allemands. La propagande française utilisa abondamment les images de la cathédrale en flammes comme exemple de la « barbarie allemande ». Et tous les enfants de France furent appelés à s’identifier aux enfants de la ville qui, héroïquement, continuaient à suivre leurs cours « malgré le danger et la difficulté des circonstances » comme le dit pudiquement cet ex-praemio publié tout spécialement pour la distribution des prix de 1915. Les élèves de l’école « Dubail » (ainsi baptisée en l’honneur du général Auguste Dubail qui dirigeait la Première armée en Lorraine), durent en effet déménager dans une cave d'une maison de vins de Champagne. Quant aux fillettes de l’école Libergier, elles ont été photographiées en 1915 dans leur cour de récréation, munies d’improbables masques de tissu bien incapables de les sauver des gaz de combat qui commençaient alors à être utilisés dans le conflit. On retrouve cette image, peu après la fin de la guerre, dans une série de plaques sur verre (ancêtres de la diapositive) destinées à être projetées dans les écoles, sur le thème de « L'Effort de la femme française pendant la guerre. »

© Musée national de l’Éducation / CNDP – Rouen

« L'Effort de la femme française pendant la guerre. Les enfants d'une école de Reims munis de masques. » Vue sur verre extraite d'une série diffusée par le Musée pédagogique, vers 1919. Cote 0003.910.

La ville de Reims, proche de la ligne de front en Champagne, se trouva rapidement en situation très dangereuse, à portée des obus allemands. La propagande française utilisa abondamment les images de la cathédrale en flammes comme exemple de la « barbarie allemande ». Et tous les enfants de France furent appelés à s’identifier aux enfants de la ville qui, héroïquement, continuaient à suivre leurs cours « malgré le danger et la difficulté des circonstances » comme le dit pudiquement cet ex-praemio publié tout spécialement pour la distribution des prix de 1915. Les élèves de l’école « Dubail » (ainsi baptisée en l’honneur du général Auguste Dubail qui dirigeait la Première armée en Lorraine), durent en effet déménager dans une cave d'une maison de vins de Champagne. Quant aux fillettes de l’école Libergier, elles ont été photographiées en 1915 dans leur cour de récréation, munies d’improbables masques de tissu bien incapables de les sauver des gaz de combat qui commençaient alors à être utilisés dans le conflit. On retrouve cette image, peu après la fin de la guerre, dans une série de plaques sur verre (ancêtres de la diapositive) destinées à être projetées dans les écoles, sur le thème de « L'Effort de la femme française pendant la guerre. »

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Rédaction d’un élève sur le sujet : « Votre frère ou un ami est parti sur le front. Vous lui écrivez pour le féliciter ». Cahier de roulement de l’école de garçons, boulevard Saint-Marcel, Paris. Année scolaire 1915-1916. Cote 1979.22138.

Dès 1914, les maîtres contribuent à la propagation d’une véritable « culture de guerre ». Il faut expliquer le conflit, commenter les communiqués officiels et axer la plupart des disciplines scolaires vers l’actualité : « on apprend aux enfants l’amour de la patrie et les devoirs du citoyen, […] on peut étudier un texte de dictée, donner des rédactions, apprendre des chants patriotiques ». Dans les écoles de filles, lors des séances de travail manuel il faut « s’ingénier à travailler pour nos soldats » [compte-rendu d’une conférence pédagogique réunie à Loudun par l’inspecteur primaire, le 27 septembre 1914]. Les élèves de cette école parisienne ont effectivement travaillé sur des dictées comme « La patrie française » de Lavisse ou « La leçon des tranchées » de Pierre Loti. Ils ont fait des exercices de mathématiques sur le thème de l’emprunt national. Quant aux sujets de rédaction, ils poussent les élèves à réinvestir les leçons de morale et d’instruction civique. Pour ce jeune écolier de 1916, qui « voudrait bien être en âge de partir lui aussi et de défendre son pays », c’est la nouvelle arme, l’aviation, qui est excitante : « c’est bien périlleux, mais bien beau en même temps ». Son texte est illustré d’un « Fokker (allemand) abattu par les nôtres », dessiné d’un trait sûr et précis.

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« Un poilu». Dessin d’un élève dans le cahier de roulement de l’école de garçons, boulevard Saint-Marcel, Paris. Année scolaire 1915-1916. Cote 1979.22138.

Du fait de la censure et de la propagande, les réalités de la guerre parviennent de manière très déformée aux écoliers de l’arrière. Alors que, depuis février 1916, la plupart des soldats français se battent dans la boue et le froid dans les tranchées de Verdun, c’est un soldat au pas de course en terrain découvert, tête haute, que représente cet élève parisien pour son exercice de dessin libre du 17 mai 1916. De plus, ce soldat a certes l’uniforme de couleur « bleu horizon », en vigueur depuis 1915, mais parfaitement propre et en bon état, et il porte encore le sac et la casquette que portaient les fantassins français en 1914, lors des grandes attaques de la guerre de mouvement.
 

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« Ayez toujours la haine des Allemands». Devoir d’écriture d’une élève de l’école de Mézières (Eure). Cahier de devoirs mensuels. Année scolaire 1917-1918. Cote 1982.1445.

La mobilisation des esprits conduit également à susciter et à entretenir la haine de l’ennemi. La responsabilité de la guerre est imputée sans nuance à l’Allemagne, présentée comme une puissance hégémonique assoiffée de conquêtes. « L’Allemagne lutte pour asservir les autres peuples, elle répudie la gloire de l’esprit que lui donnèrent ses grands philosophes et grands poètes. Elle ne croit qu’à la force. Elle nie la morale. […] Les divers enseignements et en particulier les cours d’histoire feront comprendre aux enfants les évènements actuels et le sens de la guerre à laquelle nous avons été contraints. » [Compte-rendu d’une conférence pédagogique réunie à Loudun par l’inspecteur primaire, le 27 septembre 1914]. Le 25 mars 1918, les écolières de cette école de l’Eure ont dû s’exercer à calligraphier : « Ayez toujours la haine des Allemands ». Il faut dire que le 13 mars, les armées allemandes du général Ludendorff ont lancé une attaque générale sur tout le front Ouest, pour ce qui va devenir « la 2e bataille de la Marne ». La peur d’une nouvelle invasion relance la propagande patriotique à outrance.
 

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« La Patrie à l’école. Rohan-Chabot » - Bon point patriotique vierge, vers 1917. Coquemer éd., Paris. 1979.23696.

Parmi les vecteurs d’une diffusion massive de la « culture de guerre » dans l’univers scolaire, les bons points tiennent une place de choix. Des séries furent publiées pour relayer le discours patriotique officiel et célébrer plus particulièrement les héros du conflit : souverains des pays alliés, généraux français ou anglais et grands soldats, donnés en modèles aux écoliers. Le portrait photographique du capitaine Josselin de Rohan-Chabot (1879-1916), « mort pour la France le 3 juillet 1916 », est entouré de feuilles de laurier et de chêne, qui rappellent à la fois les grandes décorations républicaines et les palmes des martyrs. Mais pour les enfants, le grand héros auquel s’identifier était certainement Georges Guynemer (1894-1917), tout jeune combattant, intrépide et as de l’aviation (plus de 50 victoires homologuées en combats aériens). Ses difficultés pour obtenir un engagement militaire à cause de sa santé fragile et sa persévérance à les surmonter ne pouvaient que susciter l’émulation. Au dos du bon point est reproduit le texte du décret de l'Assemblée nationale et du Sénat qui installe le « Capitaine Guynemer, symbole des aspirations et de l'enthousiasme de l'armée de la Nation », au Panthéon, « dont seule la coupole avait assez d'envergure pour abriter de telles ailes. » (24 octobre 1917).

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« La Patrie à l’école. Guynemer » - Bon point d’honneur vierge, 1917. Photo Henri Manuel, Coquemer éd., Paris. Cote 1979.27104.

Parmi les vecteurs d’une diffusion massive de la « culture de guerre » dans l’univers scolaire, les bons points tiennent une place de choix. Des séries furent publiées pour relayer le discours patriotique officiel et célébrer plus particulièrement les héros du conflit : souverains des pays alliés, généraux français ou anglais et grands soldats, donnés en modèles aux écoliers. Le portrait photographique du capitaine Josselin de Rohan-Chabot (1879-1916), « mort pour la France le 3 juillet 1916 », est entouré de feuilles de laurier et de chêne, qui rappellent à la fois les grandes décorations républicaines et les palmes des martyrs. Mais pour les enfants, le grand héros auquel s’identifier était certainement Georges Guynemer (1894-1917), tout jeune combattant, intrépide et as de l’aviation (plus de 50 victoires homologuées en combats aériens). Ses difficultés pour obtenir un engagement militaire à cause de sa santé fragile et sa persévérance à les surmonter ne pouvaient que susciter l’émulation. Au dos du bon point est reproduit le texte du décret de l'Assemblée nationale et du Sénat qui installe le « Capitaine Guynemer, symbole des aspirations et de l'enthousiasme de l'armée de la Nation », au Panthéon, « dont seule la coupole avait assez d'envergure pour abriter de telles ailes. » (24 octobre 1917).

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« Écoliers Serbes réfugiés en France ». Épreuve photographique contrecollée sur carton, vers 1916. Sans lieu ni date. Cote 1979.4879.

Parmi les alliés de la France, la Serbie prit une importance symbolique en octobre 1915, lorsqu’elle fut entièrement envahie par les troupes austro-hongroises. Le double assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, et de son épouse, à Sarajevo, le 28 juin 1914, par le Serbe Gavrilo Princip, avait déclenché la Première Guerre mondiale. Mais c’est plus d’un an après que l’Autriche-Hongrie attaqua massivement cette « petite puissance héroïque d’Europe centrale » et défit rapidement son armée. Des milliers de militaires et de civils durent fuir, en plein hiver, dans des conditions très difficiles, vers les ports grecs de Corfou ou de Salonique, où ils furent évacués par des bateaux français, britanniques et italiens, fin 1915 et début 1916. Des enfants serbes furent alors scolarisés dans différentes régions de France, dont la Corse et l'Algérie. En tout, en juin 1916, on en compte environ 2000 dans les écoles françaises. À Beaulieu (Saint-Jean-Cap-Ferrat) fut même créé en octobre 1917, un « lycée serbe » avec des enseignants exclusivement serbes. Tous les écoliers de France furent appelés à accueillir chaleureusement ces enfants d’un pays ami et chaque année était organisée une journée de collecte appelée « Journée serbe », souvent précédée dans les écoles d’une causerie sur l’histoire de la Serbie et de son peuple.

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« 2ème emprunt de la Défense nationale. Souscrivez, aidez-nous à vaincre, vous hâterez le jour de la Victoire et du retour au foyer». Lithographie signée Hansi. P. J. Gallais & Cie éd., Paris, vers 1916. Cote 1984.1435.

Le passage de la guerre de mouvement à la guerre de tranchées a mis fin au mythe d’une guerre courte et facile. Les réserves de munitions et d’approvisionnement sont vite épuisées, d’autant que le conflit acquiert une dimension véritablement « industrielle », mettant en œuvre des moyens matériels considérables. Il faut solliciter l’aide financière de la population. L’État français lance chaque année, entre 1915 et 1918, un grand emprunt de la défense nationale, en mettant à contribution des artistes de renom pour les affiches, également reproduites en cartes postales pour une diffusion plus massive. Jean-Jacques Waltz, dit Hansi (1873-1951), s’est rendu célèbre avant 1914 par sa célébration d’une Alsace francophile, unanimement opposée à l’Allemagne. Dans cette affiche pour le 2e emprunt (octobre 1916), se retrouvent son style clair et coloré et sa vision d’une Alsace rurale idéalisée, aux maisons et clochers pavoisés de drapeaux français. En 1916 il ne s’agit encore que d’un idéal très lointain… Le patriotisme est renforcé par le fond tricolore des cartons de légende. Pour mieux solliciter la solidarité nationale, il fallait montrer que le devoir de l’arrière était de seconder les efforts et les sacrifices des poilus : c’est l’objet de la présence, au premier plan, d’un soldat français qui regarde le spectateur avec insistance. Malgré les barbelés ce soldat au repos, dans son uniforme « bleu horizon » bien propre, donne une vision très édulcorée des combats sanglants qui avaient alors lieu à Verdun.

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« École Communale de Garçons, 27, rue de Poissy - Paris Ve - Le Versement d'Or (1ère classe) ». Epreuve photographique contrecollée sur carton. Sans éd., Paris, 1915. Cote 1979.271.

La mobilisation de « l’arrière » pour l’effort de guerre ne tarda pas à inclure les enfants des écoles. Ils y participèrent d’autant plus volontiers que rares étaient ceux qui n’avaient pas un proche sur le front. Sous l’impulsion du maire ou de l’inspecteur d’académie, les écolières furent sollicitées pour tricoter cache-nez et chaussettes pour les poilus. Les enfants étaient aussi envoyés quêter pour les diverses « journées » organisées tout au long de l’année (« journée du poilu », « journée des orphelins de guerre », etc.) car ils attiraient plus facilement la compassion des adultes. Mais ils furent aussi directement mis à contribution pour les divers emprunts lancés par l’État à partir de 1915. Dans cette école parisienne, le maître a installé au tableau l’affiche réalisée par Abel Faivre pour la collecte de l’or épargné par les particuliers. Un coq belliqueux sort d’une pièce de monnaie pour assaillir un soldat allemand en casque à pointe, qui sous le choc met un genou à terre. Le message est clair : « L’or combat pour la victoire ». Les petits garçons se sont mis sagement en rang pour apporter leur obole au maître. La valeur de la collecte est sans doute modeste, il s’agit avant tout d’atteindre, à travers eux, leurs familles pour les rappeler à leur devoir. Les inspecteurs incitaient d’ailleurs les maîtres à multiplier les exercices mathématiques sur le thème de l’emprunt et de ce qu’il rapportait au pays.

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« Réservez le vin pour nos Poilus. » Lithographie signée Suzanne Ferrand. École du 221 du Boulevard Pereire, Paris. Comité de Prévoyance et d'Economies pour la Guerre éd., Paris, 1916. Cote 1979.22311.

Cette œuvre d’une écolière parisienne fait partie d’un ensemble d’une quinzaine d’affiches sur le thème des restrictions nécessaires, issues d'un concours de dessins d'enfants dans les écoles de Paris : « Ne pas gaspiller le pain est notre devoir », « Economisons le pétrole l'essence », « Mangez moins de viande pour ménager notre cheptel », etc. Ces affiches ont été publiées par le « Comité de Prévoyance et d'Economies pour la Guerre », chargé d’organiser l’économie de guerre. En 1916, cela fait déjà deux ans que la guerre fait rage et épuise non seulement les combattants mais aussi les ressources du pays. La propagande insiste sur la mobilisation nécessaire de l’ensemble de la société : quels meilleurs vecteurs que les enfants des écoles, habitués aux leçons de morale, pour relayer ce message sacrificiel dans toutes les familles ? L'affiche montre les talents de la jeune artiste : nuances des feuilles de vigne, effets de lumière sur les grains de raisin et le gobelet en fer-blanc. Le cadre tricolore copie sans doute celui des affiches officielles qu’elle voyait quotidiennement. Bien que la réalité de la guerre soit totalement absente de l’image, le thème de cette affiche montre, en creux, les pénuries dont commence à souffrir la population de l’arrière. Cette quête du vin n'est pas en contradiction avec les campagnes anti-alcooliques d’avant-guerre : le vin est alors considéré comme une boisson saine et fortifiante (largement distribuée aux poilus à raison de deux à trois litres par jour), à la différence des eaux-de-vie dénoncées comme nocives.

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Insigne de quête « Pour la reconstitution des foyers détruits par la guerre ». Médaille en carton imprimé et découpé, au dos de laquelle on a collé un ruban tricolore. Le Devoir Social éd., Paris, 1917. Cote 1979.26079.

Pour soutenir l’effort de guerre, des collectes étaient régulièrement organisées par toutes sortes d’associations de bienfaisance, publiques ou privées. L’argent était reversé soit aux combattants eux-mêmes, soit aux civils victimes des combats. Les collecteurs, qui pouvaient être parfois des écoliers, se faisaient reconnaître grâce à l’insigne agrafé sur leur poitrine, qui n’était sans rappeler les récompenses militaires. Ces médailles de carton, attachées par un ruban tricolore, reprenaient, bien sûr, les grands thèmes de la propagande patriotique. Pour l’œuvre de reconstruction, c’est l’hôtel de ville de Péronne en flammes « détruit par les Allemands - mars 1917 ».

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Insigne de quête de la « Journée Nationale des Orphelins de la Guerre ». Médaille en papier fort imprimé et découpé, munie d'un trou dans lequel on a glissé un ruban tricolore. Imprimerie Chambrelent, Paris, vers 1915. Cote 1979.26079.

Pour soutenir l’effort de guerre, des collectes étaient régulièrement organisées par toutes sortes d’associations de bienfaisance, publiques ou privées. L’argent était reversé soit aux combattants eux-mêmes, soit aux civils victimes des combats. Les collecteurs, qui pouvaient être parfois des écoliers, se faisaient reconnaître grâce à l’insigne agrafé sur leur poitrine, qui n’était sans rappeler les récompenses militaires. Ces médailles de carton, attachées par un ruban tricolore, reprenaient, bien sûr, les grands thèmes de la propagande patriotique. Pour la « Journée Nationale des Orphelins de guerre », ce sont deux enfants qui se recueillent sur la tombe de leur père, entourés de lauriers.

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Insigne de quête de la « Journée Nationale des Tuberculeux ». Médaille en carton imprimé et découpé, avec ruban tricolore. Imprimerie Lapina, Paris, 1917. Cote 1979.26079.

Pour soutenir l’effort de guerre, des collectes étaient régulièrement organisées par toutes sortes d’associations de bienfaisance, publiques ou privées. L’argent était reversé soit aux combattants eux-mêmes, soit aux civils victimes des combats. Les collecteurs, qui pouvaient être parfois des écoliers, se faisaient reconnaître grâce à l’insigne agrafé sur leur poitrine, qui n’était sans rappeler les récompenses militaires. Ces médailles de carton, attachées par un ruban tricolore, reprenaient, bien sûr, les grands thèmes de la propagande patriotique. C’est ici un tirailleur sénégalais décoré et malade, installé à la terrasse d’un sanatorium, avec l’inscription « La France soigne tous ses soldats », qui doit inciter à la générosité les passants pour la « Journée Nationale des Tuberculeux de 1917 ».

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Insigne de quête pour l'« Œuvre des parrains de Reuilly ». Morceau de carton imprimé et découpé, derrière lequel on a collé un ruban tricolore. Imprimerie Gandini, Nice, 1918. Cote 1979.26079.

Parmi les soldats français, ceux qui étaient originaires des régions occupées par l’armée allemande depuis 1914 se trouvaient dans une situation particulièrement difficile. Ils n'avaient plus de lien avec leur famille et ne pouvaient la rejoindre lorsqu’ils avaient une permission. C’est à leur intention que fut créée, en juillet 1915, une œuvre installée dans les locaux de la caserne de Reuilly, à Paris, et rapidement surnommée « Les parrains de Reuilly ». Ce sont les hommes de la 22ème section de commis et d'ouvriers d'administration (22ème SCOA) qui en assuraient le fonctionnement. Cette médaille de collecte imprimée à Nice montre qu’elle essaima dans toute la France. L’image, où un poilu est accueilli par deux militaires, illustre sa devise : « Pour les soldats, par les soldats ». Sitôt arrivés à Paris les permissionnaires étaient en effet accueillis par des auxiliaires de la 22éme SCOA qui les amenaient à la caserne où ils étaient nourris et logés. Ils y recevaient aussi une somme d’argent et des billets de théâtre. La caserne abritait également (selon la plaquette de l’œuvre publiée en 1915) un « bureau de renseignements qui recherche les familles dont les Poilus sont sans nouvelles, on y publie un journal contenant les noms et adresses de tous les militaires des régions envahies qui sont passées par Reuilly, afin que les « pays » qui se sont perdus de vue puissent se retrouver... »

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« Elle vous défend de jouer à la guerre !... Pacifisse, va ! » Carte postale d’après Francisque Poulbot. A. Ternois éd., Paris, 1916. Cote 1979.8995.

La guerre « totale » supposait la mobilisation des esprits et des cœurs de toute la Nation, « l’union sacrée » de tous pour la victoire finale. Mais, tout en restant minoritaires et souvent limitées aux milieux intellectuels socialistes et anarchistes, des voix discordantes sont apparues et se sont multipliées au fur et à mesure que s'accroissaient les privations et les difficultés. C’est sur le mode humoristique que Francisque Poulbot (1879-1946) traite ce thème dans ce dessin qui fait partie d’une série d’une centaine de gravures sur le thème des enfants dans la guerre, publiées de 1915 à 1918, d’abord dans « Le Journal » puis sous forme de cartes postales. On y retrouve le célèbre gamin montmartrois qui a fait sa renommée, exprimant sa réprobation devant l’institutrice « pacifisse » qui veut l’empêcher, lui et ses copains, de jouer à la guerre. Dans la presse de l’époque, « pacifiste » était effectivement assimilé à « traître » et pouvait tout à fait devenir une insulte dans les cours de récréation. Rares étaient en réalité les institutrices ouvertement pacifistes, comme Julia Bertrand (1877-1960), militante féministe, libre penseuse et antimilitariste, institutrice à Charmois-l’Orgueilleux, dans les Vosges, qui fut arrêtée et révoquée en 1914 pour « menées défaitistes ». Remise en liberté en 1915 à la suite d’une campagne de la Fédération de l’Enseignement, elle ne fut réintégrée dans l’Education nationale qu'en 1925.

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Joseph Jacquin et Aristide Fabre,  « Petits héros de la Grande Guerre ». Illustrations de Henry Morin. Hachette et Cie, Paris, 1918. 175 p. cote 1997.01057.

Beaucoup d'auteurs de livres pour la jeunesse participent à la fièvre patriotique ambiante. Les héros de cet ouvrage sont des enfants, ce qui facilite l’identification des jeunes lecteurs. « L’âme d’une Nation se révèle dans ses enfants, le petit Français, lui, naît soldat » affirme la préface. « Ils sont trop petits pour qu’on les appelle à la défense du sol. Trop petits ? Que l’occasion se présente et l’on verra ! ». Le livre est un recueil de nouvelles mettant en exergue les exploits d’enfants héroïques, présentés comme des histoires vraies. L’originalité de ce volume est qu’il n’oublie pas les enfants de l’empire colonial avec, par exemple, l’histoire de Mohamed ben Bouderbala, petit algérien qui se serait glissé au milieu d’un régiment de zouaves jusque sur le front de l’Aisne où ils se rendit utile comme « porteur de soupe » jusqu’à ce qu’il soit blessé à l’épaule. Une autre histoire raconte l’amitié entre un jeune Français de 14 ans et un jeune Sénégalais de 10 ans surnommé « Bout-de-Zan ». Ce surnom fait référence à la firme « Zan », grande fabricante de réglisse. Le nom de la marque, établie près d’Uzès depuis 1855, était rapidement passé dans le langage commun. L’histoire évoque le courage des tirailleurs mais n’évite pas les clichés à leur sujet [« on a dit à Bout-de-Zan : « C’est une bataille ». Il répondit « Y a bon ! »] et le jeune héros meurt d’une balle dans la tête parce qu’il était monté sur un remblai pour danser…

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Joseph Jacquin et Aristide Fabre,  « Petits héros de la Grande Guerre ». Illustrations de Henry Morin. Hachette et Cie, Paris, 1918. 175 p. cote 1997.01057.

Beaucoup d'auteurs de livres pour la jeunesse participent à la fièvre patriotique ambiante. Les héros de cet ouvrage sont des enfants, ce qui facilite l’identification des jeunes lecteurs. « L’âme d’une Nation se révèle dans ses enfants, le petit Français, lui, naît soldat » affirme la préface. « Ils sont trop petits pour qu’on les appelle à la défense du sol. Trop petits ? Que l’occasion se présente et l’on verra ! ». Le livre est un recueil de nouvelles mettant en exergue les exploits d’enfants héroïques, présentés comme des histoires vraies. L’originalité de ce volume est qu’il n’oublie pas les enfants de l’empire colonial avec, par exemple, l’histoire de Mohamed ben Bouderbala, petit algérien qui se serait glissé au milieu d’un régiment de zouaves jusque sur le front de l’Aisne où ils se rendit utile comme « porteur de soupe » jusqu’à ce qu’il soit blessé à l’épaule. Une autre histoire raconte l’amitié entre un jeune Français de 14 ans et un jeune Sénégalais de 10 ans surnommé « Bout-de-Zan ». Ce surnom fait référence à la firme « Zan », grande fabricante de réglisse. Le nom de la marque, établie près d’Uzès depuis 1855, était rapidement passé dans le langage commun. L’histoire évoque le courage des tirailleurs mais n’évite pas les clichés à leur sujet [« on a dit à Bout-de-Zan : « C’est une bataille ». Il répondit « Y a bon ! »] et le jeune héros meurt d’une balle dans la tête parce qu’il était monté sur un remblai pour danser…

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Pierre Gallien, « Oscar et Rosalie ». Librairie Larousse, Paris, 1915. 48 p., 16 gravures anonymes in et hors texte. Cote 1995.1178.

Les Éditions Larousse avaient commencé à publier cette série de petits livres bon marché pour la jeunesse en 1910. La collection, reconnaissable à sa couverture illustrée, eut rapidement un grand succès car chaque petit volume de 48 pages était abondamment illustré de gravures originales en noir et blanc. 719 numéros parurent au total entre 1909 et 1939. Pendant la Grande Guerre, des histoires patriotiques succédèrent aux contes traditionnels précédemment publiés dans la collection. L’originalité de ce volume, intitulé « Oscar et Rosalie », est dans le point de vue qu'il adopte, mentionné par le sous-titre : « Mémoires de guerre d’une baïonnette et d’un fusil français, racontés par celui-ci ». Le fusil Lebel, mis au point en 1882 sous la direction du colonel Nicolas Lebel, fut peu à peu modifié pour devenir le premier fusil à chargeur produit massivement. Il était doté d'une épée baïonnette, familièrement appelée « Rosalie ». Elle était le symbole même de la doctrine d’attaque à outrance, privilégiée par l’État-Major en 1914. « La Baïonnette est l'arme suprême du fantassin. Elle joue le rôle décisif dans l'abordage vers lequel doit tendre résolument tout mouvement offensif, et qui, seul, permet de mettre définitivement l'adversaire hors de cause. » (Règlement de manœuvre de l’Infanterie, 1895).

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« Histoire d'un brave petit soldat » - Texte et images de Charlotte Schaller-Mouillot. Berger-Levrault, Paris, 1915. 42 p. gravures couleurs dans le texte. Cote 1993.450.

Le discours de mobilisation patriotique imprègne aussi les livres destinées aux plus jeunes enfants. Cet album, abondamment illustré en couleurs et à la typographie aérée, est très visiblement destiné à de tout jeunes lecteurs. Certes les illustrations sont dépourvues de toute représentation réaliste de la guerre, puisqu’elles mettent en scène les soldats de bois et les armes jouets familiers aux enfants de cet âge. Mais l’histoire racontée est extrêmement violente et le texte adopte un ton résolument anti-allemand. Le petit soldat de bois, héros de l’histoire, passe son temps à trucider ou berner de « vilains Boches ». Cette intrusion de l’actualité dans l’univers du jouet et du conte, échappatoires traditionnels des enfants, peut laisser penser que ceux-ci avaient du mal à échapper à la guerre et sa violence. Mais il n’est pas si facile de savoir comment ces ouvrages étaient reçus…

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Au Printemps. Jouets Etrennes 1916 et 1918 » - Catalogue de jouets (36 p.). Cote 1979.18688.

Les jouets guerriers figuraient en bonne place, depuis le 19e siècle, parmi les cadeaux offerts aux petits garçons. Mais durant le conflit, c’est l’ensemble des catalogues publiés par les grands magasins à l’approche de Noël qui sont envahis de références à l’actualité guerrière. La couverture du catalogue du Printemps pour les étrennes 1916 montre l’irruption de la guerre dans l’univers enfantin, avec ce contraste marqué entre le papier peint et les draps à fleurs de la chambre enfantine et ces soldats de bois, très réalistes, qui pointent leur canon sur les deux enfants dans leur lit, la petite fille un peu effrayée et le petit garçon très intéressé. Cette guerre « industrielle », mobilisant un matériel considérable, suscita la création de nouveaux jouets reproduisant plus ou moins fidèlement les armes nouvelles : canons, avions ou chars miniatures. Même les petites filles étaient appelées à jouer aux infirmières ou avec un landau à poupée en forme de « chariot serbe ». Parfois, il est précisé que ces jouets ont été « réalisés par des blessés et des mutilés de guerre ». Enfin, pour respecter l’ambiance patriotique, la mention « tous les jouets contenus dans ce catalogue sont de fabrication française » est de rigueur. Pour le catalogue des étrennes 1918, c’est un « poilu » qui apparaît, en guise de Père Noël, la hotte pleine de soldats et d’armes miniatures, sans oublier les poupées lorraine et alsacienne, dont on espère enfin le retour dans le giron national !

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« 1914. Attaque des Gourkhas » - Couverture de cahier. Gravure anonyme. A. Delagrave éd., Paris, vers 1914. Cote 1988.496.

Les éditeurs de couvertures de cahiers illustrées, comme les éditeurs de jeux ou de livres pour la jeunesse, s’efforcent de coller au plus près de l’actualité pour attirer leur jeune public. Les couvertures étaient le plus souvent publiées par séries, au fur et à mesure des évènements, en s’inspirant des nombreux récits de combats parus dans la presse. La gravure était complétée par un texte au dos de la couverture. Cette série de cahiers, offerts par la ville du Havre aux écoles communales de la ville, est consacrée à des anecdotes mettant en valeur des troupes coloniales. Car la France et l’Angleterre ont abondamment recouru aux troupes « indigènes » de leurs colonies d’Asie et d’Afrique. Il s’agit ici de célébrer l’agilité des « Gurkhas », soldats indiens de l’armée britannique. « C’est une tribu des Indes orientales [en fait du Népal], de ce pays où abondent les grands fauves contre lesquels les chasseurs indigènes doivent recourir à des ruses et à des armes qui sont en Europe totalement inconnues. » Dans cette scène de nuit en noir et blanc, les « kukris » (grands couteaux recourbés) des Gurkhas brillent en effet au clair de lune. Et, en chasseurs aguerris, ils ont rampé sans bruit vers un dépôt de munitions allemand pour « en un véritable bond de tigres, sauter chacun sur une sentinelle, et de leur terrible coutelas égorger leurs victimes. » Férocité et agilité quasi « animales » étaient les attributs classiques des troupes coloniales dans la presse de l’époque.

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« Les drapeaux pris à l’ennemi – Prise du drapeau d’un régiment colonial allemand au Cameroun, le 21 septembre 1914 » - Couverture de cahier. Gravure de Georges Grellet. C. Charier éd., Saumur, vers 1914. Texte de commentaire au dos. Cote 2012.801.

Cette couverture de cahier illustrée, qui s’inscrit dans une série sur « Les drapeaux pris à l’ennemi », présente l’intérêt de montrer que les combats, dès le début, ne furent pas limités à l’Europe. Du fait que la plupart des belligérants étaient des puissances coloniales, le conflit s’est propagé à d’autres continents et particulièrement à l’Afrique. Le fait d’armes raconté par cette couverture de cahier est la prise du fort de Kousseri, au Cameroun allemand, le 21 septembre 1914, par « un assaut à la baïonnette de nos troupes qui se saisirent du drapeau colonial allemand et d’un nombreux butin. » La gravure illustre bien le caractère particulier de ces combats dans les colonies où les troupes indigènes, de part et d’autre, forment l’essentiel des effectifs (seuls les officiers sont européens). Pour les Français, il s’agissait d’une revanche sur les traités de 1911, en vertu desquels ils avaient dû céder des territoires stratégiques à l’Allemagne en Afrique équatoriale. La gravure célèbre une victoire exclusivement française mais le texte de commentaire n’oublie pas de souligner que l’attaque concomitante des troupes anglaises venues du Nigéria, avait obligé les Allemands à disperser leurs forces.

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Diplôme de mérite remis à un élève de l'école Mullot de Rouen, pour l'année scolaire 1917-1918. Cote 1982.1686.

Le MNE possède deux exemplaires de ce diplôme illustré, publié par l’éditeur Paul Duval d’Elbeuf en 1918. A gauche, une illustration du peintre flamand Julien t’Felt (1874 – 1933) évoque l’entrée en guerre des Etats-Unis (6 Avril 1917). Au premier plan, un « Tommy » anglais, un « Poilu » Français et un soldat belge accueillent avec chaleur un jeune soldat américain. Le soldat belge montre avec insistance la silhouette de la statue de la liberté qui domine l’arrière-plan. Derrière eux se mêlent les drapeaux des pays alliés et des soldats de toutes nationalités (on entrevoit le turban d’un Sikh). Le cartouche, où sont précisés les noms de l’élève récompensé et celui de son école, est encadré de bandeaux et de représentations allégoriques. Au sommet, figure une citation du président américain Woodrow Wilson justifiant l’entrée en guerre de son pays, après une longue période isolationniste : « Etre neutre, ce n'est plus possible ni désirable / quand la paix du monde entier et la liberté des peuples sont en jeu. Wilson ». En bas, au milieu des trophées (drapeaux et bouclier avec coq gaulois), sont commémorées les grandes victoires alliées d’avant 1917 : La Marne en 1914, l’Yser en 1915 et Verdun en 1916, comme pour signifier que cette aide américaine, décisive, vient seulement parachever l’immense effort des soldats alliés européens.

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Diplôme Souvenir remis à une élève de l'école de filles de La Bouille, pour l'année scolaire 1918-1919. Cote 2002.1677.

Le MNE possède également deux exemplaires de cet autre diplôme illustré, publié par l’éditeur Paul Duval d’Elbeuf en 1918, qui met l’accent sur le sacrifice infligé aux Français par la Grande Guerre. L’illustration de Jacques-Maurice Dessertenne, qui encadre le cartouche central où sont inscrits le nom de l’élève et ses récompenses, se décompose en trois tableaux qui représentent les trois grandes étapes du conflit. A gauche, le départ à la guerre en 1914. Loin des scènes exaltées publiées à l’époque même, cette illustration de 1919, montre des hommes résolus mais graves et des femmes éplorées. A l’arrière-plan des soldats marchent en rang serré avec leurs lourds sacs de fantassins vers la cathédrale de Reims en flammes. Au centre, les soldats sont devenus des poilus et sont lancés dans une des nombreuses attaques meurtrières de la guerre de tranchée (Somme, Yser ou Verdun). Au premier plan, deux d’entre eux sont mortellement touchés. La dernière scène, à droite, célèbre le défilé de la victoire, à Paris, sous l’Arc de Triomphe. La tonalité patriotique est nuancée par les mines très graves des soldats, même en ce jour de gloire. En 1919, les Français ressentent encore cruellement le coût humain et matériel très élevé de la victoire.

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Jeu de cubes sur les exactions allemandes. Coffret en bois contenant 5 planches en chromolithographie vernissée, signées Delblond, et 35 cubes en bois (imprimés sur chaque face). Sans éd. Vers 1918. Cote 1984.363.

Jusqu’à la fin du conflit, les éditeurs de jeux relaient le discours officiel. Il s’agit de justifier la guerre et son coût très lourd en la présentant comme un combat du bien contre le mal, de la civilisation contre la barbarie. En témoigne ce jeu de cubes, assez luxueux, dont tous les tableaux à reproduire représentent des exactions allemandes : certaines très célèbres comme le torpillage du Lusitania en 1915 et d’autres moins connues comme cette destruction systématique des arbres fruitiers et des instruments agricoles dans les régions occupées, par simple « joie de nuire » précise le titre. Ainsi, les enfants étaient-ils poussés à haïr l’ennemi et à partager l’esprit de revanche entretenu depuis la défaite de 1871.

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  • « Chansons des soldats de France»
  • L'Actualité. L'union fait la force. Jeu stratégique
  • En Alsace. École faite dans une cour de ferme par un maître soldat
  • Jusqu’au bout. Nouveau jeu de la guerre de 1914
  • Le Panorama de la guerre de 1914 – À Morhange près de Nancy (tableau d’Eugène Chaperon)
  • La guerre anecdotique (1914) – N° 8 La revanche du Zouave
  • Jeu de tir à système
  • Jeu des QuatrArmes
  • Boîte de boutons de chocolat Menier à l'effigie du général Pétain
  • L'invasion de la Belgique (1914) - n°9: Tir de l'artillerie belge sur un Zeppelin
  • Distribution des prix – École « Dubail » - Année 1915
  • Les enfants d'une école de Reims munis de masques.
  • Rédaction d’un élève sur le sujet : « Votre frère ou un ami est parti sur le front. Vous lui écrivez pour le féliciter ».
  • « Un poilu». Dessin d’un élève dans le cahier de roulement de l’école de garçons, boulevard Saint-Marcel, Paris.
  • « Ayez toujours la haine des Allemands». Devoir d’écriture d’une élève de l’école de Mézières (Eure).
  • « La Patrie à l’école. Rohan-Chabot » - Bon point patriotique vierge, vers 1917. Coquemer éd., Paris.
  • « La Patrie à l’école. Guynemer » - Bon point d’honneur vierge, 1917. Photo Henri Manuel, Coquemer éd., Paris.
  • « Ecoliers Serbes réfugiés en France ». Epreuve photographique contrecollée sur carton, vers 1916. Sans lieu ni date.
  • 2ème emprunt de la Défense nationale. Souscrivez, aidez-nous à vaincre, vous hâterez le jour de la Victoire et du retour au foyer
  • Ecole Communale de Garçons, 27, rue de Poissy - Paris Ve - Le Versement d'Or (1ère classe)
  • Réservez le vin pour nos Poilus.
  • Insigne de quête « Pour la reconstitution des foyers détruits par la guerre ».
  • Insigne de quête de la « Journée Nationale des Orphelins de la Guerre ».
  • Insigne de quête de la « Journée Nationale des Tuberculeux ».
  • Insigne de quête pour l'« Œuvre des parrains de Reuilly ».
  • « Elle vous défend de jouer à la guerre !... Pacifisse, va ! » Carte postale d’après Francisque Poulbot. A. Ternois éd., Paris, 1916.
  • Joseph Jacquin et Aristide Fabre,  « Petits héros de la Grande Guerre ». Illustrations de Henry Morin. Hachette et Cie, Paris, 1918. 175 p.
  • Joseph Jacquin et Aristide Fabre,  « Petits héros de la Grande Guerre ». Illustrations de Henry Morin. Hachette et Cie, Paris, 1918. 175 p.
  • Pierre Gallien, « Oscar et Rosalie ». Librairie Larousse, Paris, 1915.
  • « Histoire d'un brave petit soldat » - Texte et images de Charlotte Schaller-Mouillot. Berger-Levrault, Paris, 1915.
  • « Au Printemps. Jouets Etrennes 1916 » - Catalogue de jouets (36 p.)
  • « 1914. Attaque des Gourkhas » - Couverture de cahier. Gravure anonyme. A. Delagrave éd., Paris, vers 1914.
  • Les drapeaux pris à l’ennemi – Prise du drapeau d’un régiment colonial allemand au Cameroun, le 21 septembre 1914
  • Diplôme de mérite remis à un élève de l'école Mullot de Rouen, pour l'année scolaire 1917-1918.
  • Diplôme Souvenir remis à une élève de l'école de filles de La Bouille, pour l'année scolaire 1918-1919.
  • Jeu de cubes sur les exactions allemandes.
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