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La vie au front à travers les cartes postales

Cette sélection de cartes postales provient du fonds de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC). Elle porte sur la mise en scène de la vie quotidienne des combattants. Les cartes postales font partie des documents collectés dès le début de la grande guerre par les époux Leblanc, fondateurs de ce qui allait devenir la Bibliothèque-musée de la guerre en 1917 (puis BDIC) : elle en possède actuellement au moins 65 000, correspondant à une centaine de boites de 35 cm, classés par pays, par localités, par auteurs et par thèmes. Pendant la guerre leur augmentation est exponentielle, ainsi que le montrent les inventaires que l’on trouve dans les volumes des Catalogues raisonnés de la Collection Leblanc. Il est intéressant de constater qu'au début de la guerre, le nombre des cartes illustrées collectées par les époux Leblanc dépassait celui des photographies, ce support allait par la suite s’imposer comme moyen de documenter le conflit par l’image. Depuis 1918, les collections se sont enrichies, notamment par des dons successifs, parmi lesquels on peut citer ceux de Louis Fortin, collectionneur, celui de la Préfecture de police de Paris (le principal organisme de contrôle qui visait les cartes postales), et celui de la Collection de guerre de la Bibliothèque de la Ville de Toulouse en 1946-1947.

Campagne de 1914 : Campement d'infanterie.  Carte photographique, 1911-1914

Campagne de 1914 : Campement d'infanterie. Carte photographique, 1911-1914. Ce campement avec ses tentes alignées en rase campagne correspond à l’idée que l’on se faisait de la guerre jusque 1914 : l’infanterie, « la reine des batailles » y tenait un rôle primordial, qui allait désormais lui être contesté par la puissance de l’artillerie utilisée dans le contexte nouveau de guerre de position. Il pourrait s'agir d'une image prise au cours de manœuvres ayant eu lieu dans les années précédant immédiatement le conflit. L'avion qui survole le camp (peut être rajouté après coup), est dans ce cas une concession à la modernité.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Croquis de guerre 1914. Infanterie française dans une tranchée. Carte photographique, avant 1915. Ici la tranchée fait penser surtout à un petit fossé, qui n'est pas conçu pour un usage durable. Le photographe se place à côté, debout, légèrement en avant des soldats faisant le coup de feu, ce qui lui aurait valu une mort certaine en cas de véritable combat. La photo est donc visiblement posée et situe l'observateur dans un contexte de guerre de mouvement au milieu d’un vaste paysage.

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1914.- La tranchée française. Carte illustrée, 1914. Au cours de l'automne 1914 les fronts se consolident et les armées s'enterrent. Les dessinateurs commencent à rendre compte de la guerre de tranchées sans être trop au courant de la façon dont les choses se passent. La tranchée ressemble ici davantage à un talus, on peut y jouer aux cartes et à l'occasion tirer au fusil contre des avions ennemis. La guerre ressemble à une caricature de la vie militaire d’avant le conflit.

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Nos poilus dans la tranchée. Carte mixte, 1914-1915. La représentation de cette tranchée sinueuse s'enrichit ici de quelques détails supplémentaires : un abri renforcé par des rondins, des barbelés, au second plan une maison détruite. Les personnages lisent le journal ou attendent un hypothétique ennemi qui se présenterait dans le paysage.

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Pourquoi nous vaincrons.- Comment nous faisons la guerre de tranchées. Carte Texte et illustration, 1914-1915. Carte à but explicatif reprenant ce qu'il fallait savoir sur les tranchées au début de la guerre.

 

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Guerre 1914-1915 : retour des tranchées. Carte photographique, 1914-1915. L'opérateur a pris son cliché depuis le sommet de la tranchée (exposé au feu de l'ennemi éventuel), les sapeurs reviennent de la tranchée armés de leurs pelles et en plein jour. Il s’agit peut-être encore d’une photo de manœuvres. À la différence des dessins de tranchée, cette photo montre en revanche la profondeur de l’excavation.

 

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Campagne de 1914-1916 : une tranchée de première ligne. Carte photographique, 1916. Ici la photo a été prise au fond d’une tranchée où s’abritent des soldats casqués. Au moment où la guerre de position s'impose, cette représentation montre le rétrécissement du champ visuel : les paysages se réduisent progressivement jusqu’à disparaître, comme dans cet exemple.

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Vue prise d'une meurtrière, on aperçoit nos soldats rampant en tirailleurs vers les tranchées ennemies. Carte photographique, 1914-1915. L’image évoque l’idée de voir sans être vu.

 

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Je suis dans la tranchée je songe à vous, n'oubliez pas votre petit pioupiou. Carte mixte, 1914-1918. « Je suis dans la tranchée…» proclame le personnage installé à une table sur laquelle on voit un bouquet de roses. Le but de ce type de cartes romantiques n'est évidemment pas de documenter une quelconque réalité du front, elles constituent une invitation à l'évasion aussi bien pour l'expéditeur que pour le destinataire.

 

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La sentinelle fait son devoir. Carte mixte, 1914-1918. Dans un paysage résolument urbain, rappelant le Paris haussmannien, la brave sentinelle « veille et donnera l'alerte ».

 

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Sentinelle perdue. Carte illustrée. Abel Amiaux (1861-1939), 1914-1915. Carte postale humoristique. Après publication dans la presse illustrée de nombreuses œuvres de dessinateurs trouvaient un débouché supplémentaire dans la carte postale, c'est le cas de ce dessin d’Abel Amiaux.

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Les troglodytes. Carte illustrée. Edmond Tapissier (1861-1943), 1914-1915. Carte postale humoristique. Après publication dans la presse illustrée de nombreuses œuvres de dessinateurs trouvaient un débouché supplémentaire dans la carte postale, c'est le cas de ce dessin d’Edmond Tapissier.

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Ici il est permis de s'asseoir, mais défendu de dormir. Carte illustrée, 1915-1918. L'image véhiculée ici est celle du poilu qui endure avec bonne humeur des conditions de vie hostiles, un des thèmes les plus prisés de la propagande s'adressant aussi bien au front qu'à l'arrière.

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Combat dans les tranchées inondées (d'après « The Sphere »). Carte illustrée, 1915-1918. Dessin de presse paru d'abord dans le magazine illustré britannique « The Sphere » dans l'hiver 1914/1915, puis dans d'autres magazines de l'Empire, comme le « Auckland Weekly News» (en avril 1915) et ensuite sous forme de carte postale, colorisée ou en noir et blanc en Angleterre et en France. La composition est semblable à celle de la carte française « Nos poilus dans la tranchée», mais les personnages en pleine action lui donnent davantage de dynamisme et de gravité.

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Carte illustrée. Léon Zeytline (1885-1962), 1916. La bataille sous Verdun 1916 : la défense d'une tranchée. Les poilus défendent vaillamment leur tranchée au mépris du danger.

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Verdun (26 février 1916).- Troupes relevées après le premier choc. Carte photographique. M.Beretta. 1916. Cette photo a été prise après cinq jours de bombardements et de combats : l'épuisement des hommes est ici bien réel, aucun personnage ne regarde le photographe, les hommes se sont laissés choir dans la boue là où il se sont arrêtés… Entre février et décembre 1916 la bataille de Verdun causera 300.000 morts et 500.000 blessés de part et d'autre.

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Les sports sur le front. Carte illustrée, 1915-1918. Carte postale humoristique. De nature à montrer que les soldats français sont « pleins de confiance, de gaieté, de courage ». La comparaison décalée avec les pratiques de la vie civile est un des procédés comiques les plus répandus dans l'humour militaire de 1914-18.

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Cantonnement. Carte photographique, 1915. L'image documente sous un jour positif les conditions de vie de la troupe et en loue l'ingéniosité.

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Une soupe indigeste. Carte illustrée. A.Dubray, 1914-1915. Irruption de troupes françaises dans un cantonnement allemand à l'heure de la soupe. Collection publicitaire "Phoscao : Aliment exquis et reconstituant". L'image est d'autant plus fantaisiste qu'il s'agit d'une carte promotionnelle qui n'était pas proposée à la vente et qui n'avait pas pour vocation de circuler dans la zone des armées. Elle est à destination des populations civiles (et notamment des consommateurs de petits-déjeuners reconstituants...), et souligne la valeur des soldats français face à la lâcheté des allemands.

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La vie militaire : aux pommes de terre. Carte illustrée, 1914-1918. Cette carte, dont le verso porte un texte daté de 1921, est davantage consacrée à la vie militaire qu'à la vie au front proprement dite. On se trouve là dans le registre comique sur la vie militaire qui a inspiré les comiques troupiers.

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Un groupe de poilus cassant la croûte. Carte photographique, 1916. Pique-nique dans un décor de ruines. L'intendance ne pouvait pas suivre dans toutes les circonstances. Ce genre de scènes de la vie quotidienne au front était très prisé par les photographes qui pouvaient se trouver dans la Zone des armées : Opérateurs du Service photographique des armées, photographes de presse dûment autorisés, militaires en possession d’appareils photo (au risque d’encourir des sanctions).

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Poilu faisant griller une côtelette au bout d'un fil de laiton, le four de campagne est fait de boites de singes. Carte photographique, 1917. Photo prise à l'arrière du front. Elle souligne l'ingéniosité des soldats. Les boîtes de "singe" dont il est question sont les boites de bœuf en gelée qui faisaient partie des rations alimentaires destinées aux troupes.

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L'hygiène au front : appareils à douches en usage aux armées. Carte photographique, 1914-1918. Ce genre d'installation pouvait se trouver au mieux en deuxième ligne, et ne fonctionnait efficacement que si la température et la présence d’eau le permettait.

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Les chercheurs de poux (mention manuscrite au verso). Carte photographique, 1914-1918. L'absence d'hygiène (il n’était pas rare de ne pas pouvoir se déshabiller ou se déchausser pendant des jours ou des semaines) et la promiscuité avait comme conséquence la diffusion de parasites comme les poux. « Je suis entré avant hier d’une période de huit jours consécutifs aux tranchées dont : 4 jours de 3ème ligne, 2 jours de 2ème ligne et 2 jours de 1ère ligne. Je recommence de nouveau à la fin de cette semaine. Nous avons eu la pluie presque tout le temps. C’est vraiment très dur car ce sont 8 jours de fatigue excessive, presque sans dormir, sans se laver, toujours mouillé et de tension nerveuse extraordinaire. Je n’étais qu’une plaque de boue et j’étais bien las mais maintenant je suis reposé, nettoyé, séché et prêt à recommencer. » Lettre du soldat Henri Forest adressée à Monsieur Albert Coyette le 25 avril 1916.

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La chasse est ouverte : cherchez le rat. Carte illustrée, 1915-1918. Solution : le rat se trouve sur la sacoche du soldat au premier plan. Les rats sont un fléau supplémentaire, à côté des poux, des parasites, des mouches et des moustiques.

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Les rats de l'Argonne (mention manuscrite). Carte photographique, 1914-1918. Tableau de chasse d'une dératisation. Les rats étaient combattus à l'aide de chiens ratiers spécialement dressés.

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Spectacle de Guignol dans une tranchée. Carte illustrée. Louis Morin (1855-1938). Collection publicitaire de l'Alcool de menthe Ricqlès. Les spectacles de Théâtre aux armées ont existé dans la Zone des armées à partir de 1915, mais en aucun cas à l’avant du front, où alors il a pu s’agir d’initiatives spontanées et localisées.

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Concert dans la tranchée. Carte photographique, 1915-1918. L'artisanat des tranchées, comprenait aussi la fabrication d'instruments musicaux, comme ce violoncelle fabriqué avec des moyens de fortune.

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Dans la rafale. Carte illustrée. A.Dubray. 1914-1915. Joueurs de cartes imperturbables malgré l'explosion d'un shrapnel (obus à balles). Collection publicitaire "Phoscao : Aliment exquis et reconstituant". L'image est d'autant plus fantaisiste qu'il s'agit d'une carte promotionnelle qui n'était pas proposée à la vente et qui n'avait pas pour vocation de circuler dans la zone des armées. Elle est à destination des populations civiles (et notamment des consommateurs de petits-déjeuners reconstituants...).

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Plateau de jeu de jacquet. Carte texte et illustration, 1914-1918. Constitué par une double carte postale à déplier avec ses dés et ses pions à découper et monter. Les jeux de cartes tenaient le haut du pavé parmi les activités récréatives des soldats pendant les moments libres. Il y avait aussi des activités de type artisanal, par exemple le façonnage de bagues et de menus objets à partir de matériaux de récupération, la lecture et l’écriture de lettres.

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Philosophie au clair de lune. Carte illustrée. Huguet-Numa. 1915. Dessin de juin 1915. L’omniprésence et la banalisation de la mort est traitée ici sur le mode humoristique.

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  • Campagne de 1914 : Campement d'infanterie.  Carte photographique, 1911-1914
  • Croquis de guerre 1914. Infanterie française dans une tranchée. Carte photographique, avant 1915.
  • 1914.- La tranchée française. Carte illustrée, 1914.
  • Nos poilus dans la tranchée. Carte mixte, 1914-1915.
  • Pourquoi nous vaincrons.- Comment nous faisons la guerre de tranchées. Carte Texte et illustration, 1914-1915.
  • Guerre 1914-1915 : retour des tranchées. Carte photographique, 1914-1915.
  • Campagne de 1914-1916 : une tranchée de première ligne. Carte photographique, 1916.
  • Vue prise d'une meurtrière, on aperçoit nos soldats rampant en tirailleurs vers les tranchées ennemies. Carte photographique, 1914-1915.
  • Je suis dans la tranchée je songe à vous, n'oubliez pas votre petit pioupiou. Carte mixte, 1914-1918
  • La sentinelle fait son devoir Carte mixte, 1914-1918.
  • Sentinelle perdue. Carte illustrée. Abel Amiaux (1861-1939), 1914-1915.
  • Les troglodytes. Carte illustrée. Edmond Tapissier (1861-1943), 1914-1915.
  • Ici il est permis de s'asseoir, mais défendu de dormir. Carte illustrée, 1915-1918.
  • Combat dans les tranchées inondées (d'après "The Sphere"). Carte illustrée, 1915-1918.
  • Carte illustrée. Léon Zeytline (1885-1962), 1916. La bataille sous Verdun 1916 : la défense d'une tranchée.
  • Verdun (26 février 1916).- Troupes relevées après le premier choc. Carte photographique. M.Beretta. 1916.
  • Les sports sur le front. Carte illustrée, 1915-1918.
  • Cantonnement. Carte photographique, 1915.
  • Une soupe indigeste. Carte illustrée. A.Dubray, 1914-1915.
  • La vie militaire : aux pommes de terre. Carte illustrée, 1914-1918.
  • Un groupe de poilus cassant la croûte. Carte photographique, 1916.
  • Poilu faisant griller une côtelette au bout d'un fil de laiton, le four de campagne est fait de boites de singes. Carte photographique, 1917
  • Photo prise à l'arrière du front. Elle souligne l'ingéniosité des soldats. Les boîtes de "singe" dont il est question sont les boites de bœuf en gelée qui faisaient partie des rations alimentaires destinées aux troupes. L'hygiène au front : appareils à douches en usage aux armées. Carte photographique, 1914-1918.
  • Les chercheurs de poux (mention manuscrite au verso). Carte photographique, 1914-1918.
  • La chasse est ouverte : cherchez le rat. Carte illustrée, 1915-1918.
  • Les rats de l'Argonne (mention manuscrite). Carte photographique, 1914-1918.
  • Spectacle de Guignol dans une tranchée Carte illustrée. Louis Morin (1855-1938).
  • Concert dans la tranchée. Carte photographique, 1915-1918.
  • Dans la rafale. Carte illustrée. A.Dubray. 1914-1915.
  • Plateau de jeu de jacquet. Carte texte et illustration, 1914-1918.
  • Philosophie au clair de lune. Carte illustrée. Huguet-Numa. 1915.
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Bibliothèque de documentation internationale contemporaine
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