Plateforme 14 - Accueil

Plateforme 14 - Accueil

Média (élément appelé depuis la médiathèque)
La cicatrice - prologue
La cicatrice - prologue
© D.R.
Voir la vidéo →
Logo Plateforme 14

 

Au printemps 2014, France 3 diffusera La Cicatrice, film documentaire de Laurent Véray (52 minutes) sur le destin d’une famille, les Résal, pendant la guerre de 1914-1918. À partir de ce film fondé sur une correspondance exceptionnelle échangée notamment entre les huit membres de la famille, une expérience web nouvelle est proposée aux internautes, en particulier aux collégiens et lycéens avec leurs professeurs, pour explorer la Grande Guerre. Ce cheminement historique, avec comme guide les portraits des protagonistes, permet d’accéder à des pistes pédagogiques originales appuyées sur les programmes scolaires officiels. Une première version du projet web est présentée ici, sur le site de la Mission du Centenaire.

Les Résal : une famille dans la Grande Guerre

Les archives privées, notamment familiales, offrent un intérêt historique indéniable pour appréhender la guerre de 14-18 qui entremêle si étroitement l’individuel et le collectif. Dans le cas présent, la correspondance est riche puisqu’elle regroupe, pour la totalité de la durée de la guerre, jusqu’à dix lettres par jour écrites par les huit membres d’une même famille, les parents et leurs six enfants, quatre garçons et deux filles, auxquels s’ajoutent les grands parents, les oncles et les tantes, certains amis... En plus des lettres, ils se sont aussi servis de la photographie à la fois pour témoigner et communiquer ensemble.

La famille Résal est une famille lettrée aux idées humanistes et progressistes. Depuis plusieurs générations, elle est surtout composée d’ingénieurs, d’inventeurs qui, pendant la guerre de 1914-1918, vont vivre des expériences extraordinaires. Eugène Résal, le père, diplômé des Ponts et chaussées, a participé à la création du port moderne de La Goulette, près de Tunis. Sa femme, Julie, et lui-même témoignent d’un état d’esprit très ouvert, notamment en donnant des prénoms arabes à leurs quatre enfants nés en Tunisie : Mériem (née en 1888), Salem (né en 1889), Younès (né en 1891), Chérifa (née en 1892). Deux autres enfants naissent en France par la suite : Paul et Louis (nés en 1894 et 1895). Au moment de la guerre, Eugène est responsable de la rénovation des tramways à Bordeaux, les quatre fils feront la guerre, l’un d’entre eux, Younès y perdra la vie dès les premières semaines de combats.

Les fils Résal contribuent notamment aux progrès de l’aviation en mettant au point diverses innovations sur leurs appareils. Pratiquement ignorée au début de la guerre, cette arme a joué un rôle stratégique croissant. En tant que pilotes de chasse, ou de l’observation aérienne, Paul et Louis Résal participent aux fameux duels des « as », qui fascinent les opinions publiques, témoignant de la manière dont la vieille éthique guerrière, disparue dans la boue des tranchées, parvient paradoxalement à se réfugier dans l’arme la plus moderne du conflit.

Passionnés par tous les progrès techniques (on dirait aujourd’hui « les nouvelles technologies »), Salem, Paul et Louis, après avoir découvert la photographie avec leur père Eugène vers 1910, la pratiquent de manière régulière pendant toute la durée de la guerre, au front et à l’arrière lorsqu’ils sont en permission, laissant ainsi de nombreux clichés qui complètent utilement leurs échanges épistolaires. L’omniprésence de la mère Julie, et des sœurs, toujours attentionnées à l’égard des autres membres de la famille, est également fondamentale. Leur comportement, et surtout la liberté d’expression dont Mériem et Chérifa font preuve dans leurs lettres, permettent d’aborder la question de l’émancipation féminine, mais aussi, du fait des sujets qu’elles abordent, des transformations sociales et économiques induites par la guerre.

Le projet web : participez au projet Plateforme 14

Au fur et à mesure du développement du projet seront présentés de nouveaux personnages issus du film documentaire ou de la correspondance. Il vous suffit de cliquer sur un personnage du documentaire pour lire sa fiche détaillée, explorer l’archive mise à disposition qui le concerne ou qui concerne ses activités (guerre aérienne ; photographie amateur ; travail des femmes ; médecine pendant la guerre ; vie culturelle à Paris ; ouvriers et paysans...) et découvrir les pistes pédagogiques disciplinaires ou interdisciplinaires que nous proposons. On trouvera notamment des reproductions des lettres ou des photographies des Résal, des archives issues du fond de l’ECPAD (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense), du Musée de la Poste ou de celui de l’École Polytechnique.

Grâce à cette expérience web, les internautes pourront devenir des historiens en herbe en composant et diffusant eux-mêmes des documents textuels, visuels et/ou sonores à partir d’archives. Les nouveaux outils du numériques et du web permettent en effet plus que jamais de comprendre ce qu’est le travail de l’historien, le processus d’ « écriture de l’histoire » : « si l’historien vise à poser dans son discours la réalité d’une société passée et à rendre à la vie un disparu, il reconnaît pourtant dans cette reconstitution l’ordre et l’effet de son propre travail » (Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire, Folio/Histoire, 2002 [1ère éd. : 1975], p. 58). Une façon de mieux comprendre, cent ans après, notre rapport à cet événement fondateur du XXe siècle qui est à la fois proche et déjà lointain.

La Famille Résal en 1913

La famille Résal en 1913De gauche à droite, debouts : Mériem, Salem, Younès, Chérifa, Paul et Louis, assis : Julie et Eugène Résal.

Deux autres portraits sont proposés sur la plateforme, celui de Jean Gratiot , cousin de la famille, médecin sur le front d'Orient à Thessalonique, et celui de l'employé d'Eugène Résal. Ils permettent d'élargir la réflexion et d'observer les liens multiples qui se nouent grâce à la correspondance entre cette famille et son entourage.