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Paris est un leurre

"Paris est un leurre" : archives de la Grande-Guerre et archéologie urbaine. Xavier Boissel (écrivain), Didier Vivien (photographe) et Gaspard Vivien (étudiant en architecture) sont retournés sur les lieux d’un faux-Paris lumineux imaginé dans la campagne parisienne par l’ingénieur Fernand Jacopozzi et l’État Major français en 1917 pour piéger les bombardements nocturnes allemands.

Simulation du faux Paris lumineux de Fernand Jacopozzi (image de synthèse, Gaspard Vivien).  Plan du faux Paris, zone B’, L’Illustration n° 4048, 2 octobre 1920, p. 245, droits réservés. Détail du projet du faux Paris sur le méandre de la Seine entre Maisons-Laffitte et Conflans-Sainte-Honorine.

Simulation du faux Paris lumineux de Fernand Jacopozzi (image de synthèse, Gaspard Vivien). Plan du faux Paris, zone B’, L’Illustration n° 4048, 2 octobre 1920, p. 245, droits réservés. Détail du projet du faux Paris sur le méandre de la Seine entre Maisons-Laffitte et Conflans-Sainte-Honorine.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Le Figaro, édition du 1° février 1918. Ce raid provoqua un certain émoi dans l’opinion ; on en retrouve quelques échos à la fin de la Recherche du temps perdu, de Marcel Proust, lorsque le narrateur est surpris, la nuit, par une alerte aérienne. Archives photographiques, immeuble bombardé, Paris, 1918. "Paris sous les Gothas", un récit illustré, de Maxime Vuillaume (1844-1925), grande figure de la Commune de Paris, publié dans la collection Patrie n°82, Éditions F. Rouff, Paris, 1918. On trouve de nombreuses traces de ces bombardements dans la culture populaire de l’époque. Ainsi, l’on doit au chanteur de « café concert » de la Belle Époque, Armand Ménard, dit « Dranem », la chanson V’la les Gothas. Les bombardements de Paris inspireront aussi un long poème à Jean Richepin, "Pour les victimes des Gothas", in "Poèmes durant la guerre (1914-1918)", Éditions Flammarion, Paris, 1919.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Zone A’, faux fourneaux. Copyright : tous droits réservés/coll. particulière. En 1917-1918, ce qu’un aviateur voit la nuit est très limité : foyers incandescents des locomotives et des fourneaux d’usine, éclairage urbain. Zone A’, caissons en bois simulant le passage d’un train sur les voix ferrées, un éclairage latéral, traîné par un cheval, projetait la lumière à droite et à gauche et courait progressivement d’une extrémité à l’autre, donnant l’illusion d’un convoi en marche dans la nuit. Le défi de Jacopozzi consistait à concevoir un éclairage de blackout : il s’agissait de simuler un éclairage camouflé. Zone A’, photographie de la fausse gare de l’Est, plan général du faux Paris et plan de la zone B’, Gotha (archives).

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Plan du faux Paris, zone B’, Revue militaire française, tome 35, janvier-mars 1930, librairie militaire Berger-Levrault. Zones A’ et B’ - vues aériennes : tracés des deux dérives. « Comment opère le bombardier chargé du lancement des bombes à bord d'un Gotha allemand, du type de ceux qui prirent part aux récentes expéditions au-dessus de Londres, 15 novembre 1917 », source inconnue.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Plan général du faux Paris, avec ses trois zones, tiré de L’Illustration n° 4048, op.cit., droits réservés. La Seine à Herblay avec vue sur la Défense, et au loin, la Tour Eiffel. Station d’épuration, Usine Seine Aval, Achères.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Dictionnaire œconomique contenant divers moyens d'augmenter son bien, et de conserver sa santé de Noël Chomel, trouvé dans un fossé de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, édition de 1723, précisément à l’endroit où Jacopozzi projetait de construire une fausse gare d’Orsay. Page du dictionnaire ouvert à la lettre « A ». On notera l’ironie de cette trouvaille à la lecture des articles « artifice », « artillerie » et « artiste ».

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Lotissement pavillonnaire à Tremblay-en-France. Zone commerciale de Paris Nord II.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Abri en béton du transformateur électrique assurant la desserte du faux objectif A’ de  l’Orme de Morlu, octobre 1918. Copyright : tous droits réservés / coll. particulière. Ce transformateur devait ramener le courant d’énergie à 15 000 volts ; la « Société d’éclairage et force » fut chargée de l’alimenter.

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Chemin de l’Orme de Morlu menant à l’ouvrage du même nom. Terrain de flashball - Cabanes (état actuel du site)

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

1. Plan général du réduit de l’ouvrage de « l’Orme de Morlu », tiré de Paris en état de Défense, Généraux Hirschauer et Klein, Paris, Éditions Payot & Cie, 1927. Afin de renforcer les lignes de défense de la capitale, l’Etat-major français décida d’engager une série de constructions que l’on désigne sous l’appellation générique d’ouvrages « du Moment ». Ces ouvrages d’infanterie devaient permettre d’organiser la résistance contre l’ennemi ; constitués de murs épais, ces abris longilignes, pouvant aller jusqu’à une centaine de mètres de longueur pour une largeur de 5 mètres, furent construits à la fin de l’été autour de Paris, et notamment au Nord, dans la plaine de France. C’est ainsi que trois ouvrages y furent édifiés : deux à l’Ouest et l’Est de Tremblay et un autre, sur le lieu dit de « l’Orme de Morlu ». 2. Vestiges de l’ouvrage de l’Orme de Morlu - la redoute. 3. Sous-sol, chambre des officiers. 4. Aviateur armant un bombardier Gotha pendant la Première Guerre mondiale. Droits réservés.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Silhouette de tir trouvée sur la zone. Intérieur du hangar où les joueurs de flashball entassent leur matériel.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Intérieur du hangar où les joueurs de flashball entassent leur matériel.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

Repérage sur GoogleEarth in situ. Parabole camouflée avec de la peinture de guerre. Ouvrage de l’Orme de Morlu - vue aérienne.

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1. Ampoule trouvée sur zone, Orme du Morlu. 2. Morceau de béton dans un champ de l’Orme de Morlu : résidu fantasmatique de l’abri en béton du transformateur électrique.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

1. « Tour Lumière Cybernétique », de Nicolas Schöffer, Paris Mach, dossier « Paris dans vingt ans », 8 juillet 1967. Pour une description précise de ce projet, voir le livre de Nicolas Schöffer, La ville cybernétique, Éditions Denoël, collection “Médiations”, 1972, pages 179 sqq. 2. Lieu dit « la Butte au Berger », dos à l’ouvrage de l’Orme de Morlu, face aux pistes de Roissy, perdues dans le brouillard.
 

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

1. Gonesse, monument à la mémoire des victimes du crash du Concorde, catastrophe du 25 juillet 2000.  2. Gonesse - Hôtel jouxtant le champ où le Concorde s’est abattu. 3. Gonesse - restaurant. 4. Gonesse - Robot lanceur de cibles.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien
Gonesse - Ball trap
© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

1. Passerelle enjambant les autoroutes A1 et A3 et menant à la zone commerciale. 2. Ikéa - Paris Nord II. 3. Vue aérienne de la zone B’.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien

1. Le Moulin rouge illuminé par Fernand Jacopozzi dans les années 1920 - photographie de Léon Gimpel (1873-1948), célèbre photographe amateur de la Belle Epoque, qui en 1907, eut recours à l'autochrome, premier procédé commercialisé de photographie en couleurs.

2. Le Bazar de l’Hôtel de Ville illuminé par Fernand Jacopozzi dans les années 1920 - photographie de Léon Gimpel. Après avoir conçu un faux Paris lumineux, Jacopozzi illumina le vrai et contribua grandement au mythe de la ville-lumière. Gimpel, qui fit de nombreux autochromes durant la Grande Guerre, fut le premier à fixer en couleurs le Paris by night.

3. Exposition coloniale de 1931 - Pavillon d’Angkor par Fernand Jacopozzi, carte postale.

4. La Samaritaine illuminée par Fernand Jacopozzi, photographie de Léon Gimpel.

5. La Tour Eiffel illuminée par Fernand Jacopozzi (?), carte postale.

© Xavier Boissel, Didier Vivien, Gaspard Vivien
  • Simulation du faux Paris lumineux de Fernand Jacopozzi (image de synthèse, Gaspard Vivien).  Plan du faux Paris, zone B’, L’Illustration n° 4048, 2 octobre 1920, p. 245, droits réservés. Détail du projet du faux Paris sur le méandre de la Seine entre Maisons-Laffitte et Conflans-Sainte-Honorine.
  • Le Figaro daté du 1er février 1918 et "Paris sous les Gothas", récit illustré de 1919
  • Images de la zone A du Faux-Paris
  • Zone A et B du Faux-Paris, vues aériennes et plan
  • Plan des trois zones du Faux-Paris et zones actuelles
  • Dictionnaire œconomique contenant divers moyens d'augmenter son bien, et de conserver sa santé de Noël Chomel
  • Lotissement pavillonnaire à Tremblay-en-France
  • Abri en béton du transformateur électrique assurant la desserte du faux objectif A’ de  l’Orme de Morlu, octobre 1918.
  • Chemin de l’Orme de Morlu
  • Plan général du réduit de l’ouvrage de « l’Orme de Morlu », tiré de Paris en état de Défense, Généraux Hirschauer et Klein, Paris, Éditions Payot & Cie, 1927
  • Flashball, Orme du Morlu
  • Flashball, Orme du Morlu
  • Orme du Morlu
  • Orme du Morlu
  • Lieu dit « la Butte au Berger », dos à l’ouvrage de l’Orme de Morlu
  • A Gonesse
  • Gonesse - Ball trap
  • Zone B du Faux-Paris
  • Iluminations et travaux de Jacopozzi
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Auteur
  • Xavier Boissel
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