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Cartes postales et photographies de Nouvelle-Calédonie

Ces cartes postales et ces photos ont été rassemblées par le Musée de la ville de Nouméa auprès des familles calédoniennes. Elles sont annotées par Sylvette Boubin-Boyer, docteur en histoire, spécialiste de la Première Guerre mondiale en Nouvelle-Calédonie et Véronique Defrance, conservatrice du Musée de la ville de Nouméa.

Prise d’armes le 24 octobre 1914. Coll. G. Viale

Prise d’armes le 24 octobre 1914. Coll. G. Viale. Plus de mille citoyens français de Nouvelle-Calédonie sont mobilisés le 5 août 1914. Ce même mois, environ 120 Calédoniens présents en métropole sont incorporés sur place. Les militaires en poste en Nouvelle-Calédonie regagnent la France en septembre 1914 via l’Australie.

© Musée de la ville de Nouméa

Mobilisés de Voh. Coll. Vautrin. La mobilisation générale ne concerne pas tous les hommes « en âge de porter les armes ». Elle ne fait appel qu’aux citoyens français, c'est-à-dire aux colons français venus s’installer dans la colonie et aux étrangers naturalisés français. Les Mélanésiens et les Indochinois, sujets français, ne sont pas mobilisables et donc pas appelés. Quant aux étrangers des puissances ennemies vivant en Nouvelle-Calédonie, ils sont arrêtés puis expulsés vers les camps d’internement australiens. Les colons d’origine allemande, installés parfois depuis de nombreuses décennies dans la colonie, sont assignés à résidence et leurs biens mis sous séquestre.

© Musée de la ville de Nouméa

Prise de possession des Samoa. Coll. Max Shekleton. Durant quelques semaines, entre août et septembre 1914, Nouméa devient le centre opérationnel des marines alliées franco-britanniques pour s'emparer des colonies allemandes océaniennes. Ainsi, le navire-amiral français Montcalm assiste, entre autre, la flotte australienne en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Salomon et la flotte néo-zélandaise au Samoa allemand. De leur côté, les Japonais s'emparent des archipels allemands micronésiens entre octobre et novembre 1914.

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Les caporaux du premier contingent calédonien (prise au canal de Suez, le 16 juin 1915). Coll. G. Viale. Le 23 avril 1915, le premier « contingent » calédonien, fort de sept cent treize hommes, surnommés « Niaoulis » part sur le Sontay des Messageries Maritimes, navire réquisitionné par le ministère de la guerre. On y retrouve un petit nombre de fonctionnaires, quelques employés de commerce, des ouvriers de tous les corps de métiers mais surtout des mines, et en plus grand nombre, des colons agricoles.

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Arrivée à Marseille, place de la Joliette. Coll. Viale. Après deux mois de mer, les soldats calédoniens arrivent à Marseille le 26 juin 1915.

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La corvée de pommes de terre à la Valbonne. Coll. G. Viale. Les soldats calédoniens sont envoyés dans des camps d’entraînement comme celui de la Valbonne, près de Lyon, pour y recevoir une formation militaire. Puis, ils optent pour les régiments coloniaux de l’Est ou du Nord de la France ou pour ceux de l’armée d’Orient.

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Des calédoniens à Salonique. Coll. Vautrin. Au sein de l’armée d’Orient, les Calédoniens servent principalement aux Dardanelles et à Salonique comme Maurice Vautrin (croix), puis dans les Balkans (boucles de la Cerna, Monastir). Contrairement à une opinion largement répandue, la vie des soldats y est aussi difficile que sur les fronts de France ou de Belgique.

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Le Soldat Marillier en permission en Egypte, coll. Marillier. L'Égypte, comme la Crête, est une base arrière du front d'Orient. Les soldats calédoniens viennent s'y reposer.

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Australiens sur le front. Coll. Martin. Quelques Australiens, tel Fréderic James Martin (à droite, debout), qui vivent en Nouvelle-Calédonie partent s’engager dans les ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps). Fort de 20 000 hommes au départ, ce corps expéditionnaire est composé des forces levées dans les dominions britanniques océaniens.

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Départ des volontaires indigènes. Coll. MDVN. En 1915, le gouvernement français fait appel au volontariat des sujets de son empire colonial qui n'ont pas encore été sollicités. Le recrutement des tirailleurs est organisé dans chaque colonie par le gouverneur. En janvier 1916, le Gouverneur Repiquet doit lever un bataillon d’indigènes calédoniens et polynésiens (Marquises et Australes). Désignés par leurs chefs, encouragés par les prêtres ou pasteurs, attirés par des promesses orales ou simplement désireux de partir en guerre, les premiers volontaires affluent.

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Manœuvres à Nouméa. Coll. Porcheron. Tout comme les mobilisés, les tirailleurs kanak sont à l'instruction à Nouméa en attendant, parfois de longs mois, le navire pour la France. Cependant, après l'enthousiasme patriotique du début de la guerre, des critiques apparaissent notamment dans le Bulletin du commerce du 26 septembre 1914 : « Certains mobilisés jouiraient-ils de faveurs ? » En effet, si les Nouméens sont mobilisés sur leur lieu de travail et rentrent chez eux le soir, les broussards doivent rester à la caserne malgré le travail qui les attend dans leurs propriétés. Plus tard, certains seront qualifiés d'embusqués car ils ont un emploi utile à la « défense nationale », ou encore, ils ont été réformés par la commission médicale.

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Départ du deuxième contingent. Coll. Brun. Le 3 juin 1916, le Bataillon du Pacifique est créé et envoyé en France comme bataillon d’étape sur le Gange. Il est composé surtout de volontaires kanak. Surnommé « Bataillon Canaque » ou « Bataillon de la roussette » au tout début de son séjour en métropole, il est utilisé plus spécialement au chargement des bateaux à Marseille dans des conditions souvent difficiles. En décembre 1916, le bataillon devient Bataillon des Tirailleurs du Pacifique, puis, en avril 1917, Bataillon Mixte du Pacifique (BMP) par l'apport des indigènes des Etablissements Français d'Océanie, c’est alors un bataillon de marche. Son fanion porte une roussette sur fond bleu et ces mots : « Bataillon Mixte du Pacifique ». Dès lors, de nombreux Niaoulis y sont affectés. Il est renforcé par le contingent parti en novembre 1917 de Nouméa, puis par les Tahitiens qui rejoignent la métropole directement par le canal de Panama.

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Prisonniers calédoniens. Coll. G. Viale. Les Calédoniens se sont illustrés dans toutes les grandes batailles : la Somme (Barleux, en particulier, en septembre 1916), le Chemin des Dames en 1917, Verdun et  Douaumont, en 1918... Beaucoup sont blessés, gazés, tués au combat ou faits prisonniers. Cette photo montre des Calédoniens faits prisonniers durant la bataille de la Somme en 1916. Après leur libération en novembre 1918, ils fraternisent avec leurs gardiens.

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La croix de guerre est remise au petit Naudet. Coll. MDVN. Fils d'un poilu Calédonien mort à Compiègne, l'enfant fut décoré par le Colonel Janin sur la place d'armes de Nouméa en 1916, à l'âge de quatre ans.

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Départ des volontaires de Voh. Coll. MDVN. Quatre navires conduisent les renforts calédoniens en métropole : un en 1915, deux en 1916 et un en 1917. Les volontaires kanak doivent avoir 18 ans, mais en l’absence d’état-civil (établi en 1934), l’âge reste à l’appréciation du recruteur, permettant ainsi à de jeunes garçons entre 15 et 18 ans de partir à la guerre.

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Départ des tirailleurs du Pacifique. Coll. Jacquier. En Nouvelle-Calédonie, à la fin de l’année 1916 et au début de 1917, la pression sur  les Kanak se fait plus forte durant la nouvelle campagne de recrutement. En avril 1917, une révolte kanak éclate au centre et au nord de la Grande-Terre.

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Retour des permissionnaires. Coll. G. Viale. Une permission est accordée à des Calédoniens qui partent de Marseille en avril 1917 à bord du Gange. Le bateau est torpillé mais tous sont sains et saufs. Ils gagnent alors Nouméa avec l’El Kantara, en juillet 1917. Par la suite, le retour des permissionnaires sera échelonné, les hommes transitant alors par l’Australie. Les permissionnaires ne regagnent pas tous le front : certains sont mobilisés sur place au sein de la Compagnie coloniale N°2, dans le cadre de la répression de la révolte kanak qui se termine en janvier 1918. 258 permissionnaires sont autorisés à rester au pays.

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Escale à Melbourne. Coll. Viale. Le constat d’un inspecteur des camps de tirailleurs note que les conditions de vie, à peine satisfaisantes pour des Européens habitués au climat tempéré de la France, ne sauraient convenir à des Océaniens. En outre, de nombreux tirailleurs se plaignent à maintes reprises de manquer de nourriture et, après cette inspection, les rations seront doublées.

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Citation à l’ordre de la Xe armée. Coll. RIMAP. En juillet 1918, le BMP est envoyé comme unité combattante en renfort de la Xe Armée. Il est affecté dans un premier temps sur les flancs de la deuxième bataille de la Marne, puis à la bataille de la Serre au cours de laquelle il se distingue, le 25 octobre, pour sa participation à la prise du village de Vesles-et-Caumont et de celle de la ferme du Petit Caumont. Le BMP est alors cité à l’ordre de la Xe Armée, le 10 décembre 1918. Les tirailleurs canaques et tahitiens y sont décrits comme de « bons et beaux soldats, sur le champ de bataille, ils firent honneur à nos îles du Pacifique et à la France ».

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Arrivée du Kia Ora à Nouméa, le 3 novembre 1919. Coll. G. Viale. Après l'armistice, les tirailleurs océaniens rejoignent le camp de Valescure-Golf le 19 novembre 1918. Le BMP est dissous le 10 mai 1919, lors de l'embarquement pour Nouméa des premiers soldats calédoniens sur l’El Kantara. Les retours sont très échelonnés en raison des grèves qui affectent le port de Marseille et surtout du manque de bateaux à destination du Pacifique. La croisière sur le Kia Ora, au départ du Havre, via le canal de Panama, Papeete et Suva a marqué bien des esprits. Les derniers combattants calédoniens, tirailleurs kanak ou soldats calédoniens, rentrent par l’El Kantara le 4 mai 1920. Quelques blessés, nécessitant des soins en métropole, verront leur retour différé de nombreux mois.

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Enterrement des corps rapatriés. Coll. Vautrin. En 1916, l’État notifie que les corps des soldats mort au champ d’honneur seront rapatriés aux frais de l’Etat dans leur lieu d’origine. Cependant, pour les colonies, la prise en charge ne couvre que les frais de transport, du lieu du décès au port du pays d’origine. Elle ne prend nullement en charge les taxes de transport du cercueil lors des changements de département, ni le cercueil plombé, ni le convoi du défunt du port au village d’origine. Un tel voyage revient terriblement cher, surtout dans cette période de crise. Pourtant, quelques familles calédoniennes font rapatrier le corps de leur défunt. Ainsi, quatre convois ont permis le retour de vingt corps sur le sol natal. Ces soldats calédoniens sont inhumés au pied de la colonne dédiée aux « Morts pour la Patrie » au cimetière du 4e KM, à Nouméa. Un seul est enterré dans le caveau de famille à la demande de ses parents.

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Citation d’Octave Vautrin. Coll. Vautrin. Les Niaoulis ont été dispersés dans au moins trente-sept régiments ou bataillons coloniaux, comme le « bataillon créole », le bataillon somali, le bataillon indochinois, le bataillon mixte du Pacifique (BMP), le régiment du Maroc, etc. En 1918, le BMP a rassemblé les Kanak, les Tahitiens et les Niaoulis. De nombreuses citations et médailles ont récompensé les actions valeureuses de tous les Calédoniens, quelle que soit leur origine.

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Monument aux morts de la Nouvelle-Calédonie, des Nouvelles-Hébrides et dépendances. Coll. MDVN. D'après les documents vérifiables, sur 1040 Calédoniens et Néo-Hébridais, citoyens français mobilisés ou volontaires et retenus, 193 sont morts pour la France, soit 18,6%. La proportion de victimes de la guerre est la même que pour les métropolitains. Sur 1105 indigènes engagés volontaires en Nouvelle-Calédonie et retenus, 382 sont morts pour la France, soit 34,6%. Les kanak ont été ceux des indigènes des colonies françaises qui ont le plus « donné leur sang pour la France ». L'avenir de la Nouvelle-Calédonie en a été largement obéré.

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Célébration au monument aux morts de Koné. Coll. Vautrin. En Nouvelle-Calédonie comme en France, on érige des monuments aux morts. Le premier est réalisé en 1921 au cimetière du 4ème KM à Nouméa. Chaque ville, village et tribu possède le sien. L'hommage aux morts pour la France de la Première Guerre mondiale est parfois inscrit sur une simple stèle, sur une plaque à l'intérieur d'une église ou sur le mur d'un temple.

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  • Prise d’armes le 24 octobre 1914. Coll. G. Viale
  • Mobilisés de Voh. Coll. Vautrin.
  • Prise de possession des Samoa. Coll. Max Shekleton.
  • Les caporaux du premier contingent calédonien (prise au canal de Suez, le 16 juin 1915). Coll. G. Viale
  • Arrivée à Marseille, place de la Joliette. Coll. Viale
  • La corvée de pommes de terre à la Valbonne. Coll. G. Viale.
  • Des calédoniens à Salonique. Coll. Vautrin.
  • Le Soldat Marillier en permission en Egypte, coll. Marillier.
  • Australiens sur le front. Coll. Martin.
  • Départ des volontaires indigènes. Coll. MDVN.
  • Manœuvres à Nouméa. Coll. Porcheron
  • Départ du deuxième contingent. Coll. Brun
  • Prisonniers calédoniens. Coll. G. Viale.
  • La croix de guerre est remise au petit Naudet. Coll. MDVN
  • Départ des volontaires de Voh. Coll. MDVN
  • Départ des tirailleurs du Pacifique. Coll. Jacquier.
  • Retour des permissionnaires. Coll. G. Viale.
  • Escale à Melbourne. Coll. Viale.
  • Citation à l’ordre de la Xe armée. Coll. RIMAP
  • Arrivée du Kia Ora à Nouméa, le 3 novembre 1919. Coll. G. Viale.
  • Enterrement des corps rapatriés. Coll. Vautrin
  • Citation d’Octave Vautrin. Coll. Vautrin
  • Monument aux morts de la Nouvelle-Calédonie, des Nouvelles-Hébrides et dépendances. Coll. MDVN
  • Célébration au monument aux morts de Koné. Coll. Vautrin
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