« Résonance, du Chemin des Dames à Sarajevo » par Gérard Rondeau

« Résonance, du Chemin des Dames à Sarajevo » par Gérard Rondeau

Route de Guerre
© Gérard Rondeau
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Dans le cadre de l'opération Sarajevo coeur de l'Europe, une exposition des photographies de Gérard Rondeau est organisée à partir du samedi 28 juin.

Depuis plus de vingt ans, Gérard Rondeau arpente les traces de la guerre de 14, des plaines des Flandres aux tranchées de Verdun, privilégiant surtout les terres du Chemin des Dames et celles de Champagne. Avec le romancier Yves Gibeau (auteur du mythique Allons z’enfants), homme fasciné par la guerre 1914-1918, il parcourt inlassablement les lieux de la tragédie, à la recherche des fantômes de la Der des Ders. Après la disparition de Gibeau en 1994, il sera malgré lui le témoin régulier de son presbytère déserté. A Reims - ville martyre qui deviendra un symbole pour la France - dont il est depuis longtemps le chroniqueur silencieux, Rondeau s’appuie sur les jeunes surréalistes du Grand Jeu pour imaginer une lecture personnelle de la ville détruite.

Entre 1992 et 1996, Gérard Rondeau effectue de nombreux voyages dans la ville de Sarajevo assiégée, victime européenne des dernières tranchées du siècle. Il y retrouve ses amis, parmi lesquels Zlatko Dizdarevic, alors rédacteur en chef du quotidien Oslobodenje. Ensemble, ils publieront entre autres Sarajevo, Le Silence Et Rien Alentour.

Aller-retour entre Sarajevo et l’Est de la France, dans une géographie des traces de la guerre, mais aussi du temps, 1914-1918, 1992-1996, ce voyage singulier de Gérard Rondeau s’appuie sur sa fréquentation à la fois des lieux de la première Guerre Mondiale et de ceux de la Bosnie-Herzégovine en guerre. Mêlant des histoires personnelles avec ses témoins privilégiés, l’univers de Rondeau nous entraîne dans ses pérégrinations immobiles sur le chemin de la guerre, son oeuvre donne à voir la douleur du presbytère qui se meurt, le silence des paysages meurtris, elle nous parle de la mort, de la mémoire et de l’absence.

Initié et organisé par l’association Paris Sarajevo Europe. Soutenu par la Mission du Centenaire, en partenariat avec l’Institut français de Bosnie-Herzégovine.