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Les Éparges

Le point X
Le point X
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Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les Éparges est l'un des hauts « lieux de mémoire » de la Première Guerre mondiale. Il renvoie encore aujourd'hui à la violence des combats et à Ceux de 14 de Maurice Genevoix qui en témoigne.

La commune des Éparges est située dans le département de la Meuse et en Lorraine actuelle. La crête contre laquelle le village est construit, haute de 346 mètres, domine la plaine de la Woëvre. Dès le 20 septembre 1914, elle est occupée et puissamment fortifiée par les troupes allemandes. De violents combats pour sa conquête s’y déroulent de la mi-février à la mi-avril 1915.

La bataille des Éparges

Première attaque des Éparges : 17 – 22 Février 1915

Dans le but de réduire le Saillant de Saint-Mihiel que les allemands ont formé à partir de 1914, les Français opèrent un assaut aux Éparges le 17 février 1915. Les Allemands contre-attaquent immédiatement. Les gains de terrain sont très faibles.

La guerre des Mines

S'ensuivent alors des combats incessants qui, pour partie, se déroulent à la surface, mais, pour la majorité, ont lieu sous terre : c'est la guerre des mines.

Deuxième attaque des Éparges : 6 – 16 Avril 1915

Au printemps 1915,  suite aux défaites des troupes françaises en Champagne et face à l'avancée des Allemands vers Paris, l'assaut est une fois encore lancé sur la crête des Éparges. Les Éparges et sa région constituent le dernier rempart à l'avancée des troupes allemandes vers la capitale.

Au sommet de la crête, le point culminant, le fameux Point X, est le secteur à prendre. Malgré la boue, les Français prennent la crête mais ne parviendront pas à atteindre le Point X. De part et d'autre, les pertes sont importantes. Les bombardements incessants ajoutés au mauvais temps ont fait de la plaine de la Woëvre un véritable marécage.

L'après printemps 1915

Les combats des Éparges se poursuivent. L’insuccès français provoque les tentatives des Allemands pour reprendre la crête, mais les Français la conservent de haute lutte. La guerre des mines reprend de plus belle.

Les combats se poursuivent donc les mois qui suivent, avec une intensité variable, mais faisant toujours plus de morts.

En septembre 1918, le site des Éparges est libéré grâce à l'offensive de l'armée américaine qui libère le Saillant de Saint-Mihiel : les Éparges ne sont plus aux mains des troupes allemandes.

Voir l'interview du Colonel Xavier Pierson, directeur du Mémorial de Verdun,  qui revient sur la façon dont les combats sont menés aux Éparges à partir du Point X.

Le récit de Maurice Genevoix

L'écrivain combattant

Né le 19 novembre 1890, Maurice Genevoix est mobilisé dès le 2 août 1914. Il participe d'abord à la bataille de la Marne, puis à la marche sur Verdun. Le 17 février 1915, il fait partie des troupes qui vont prendre d'assaut le village des Éparges alors aux mains des troupes allemandes.

« Ce que nous avons fait, c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes et nous l'avons fait. »1

Grièvement blessé au mois de mai 1915, il doit quitter le front mais gardera toute sa vie en mémoire cette bataille.

Attaché à retranscrire avec fidélité ce que ses camarades et lui vivent, il tient des carnets de guerre à partir desquels il rédigera plusieurs livres, dont Ceux de 14 écrit en quelques semaines seulement et qui comporte un chapitre entier consacré aux Éparges.

Faire vivre le souvenir

Marqué et attaché à ce souvenir, il s'est également investi dans la création du Mémorial de Verdun. Construit près du village de Fleury-devant-Douaumont, l’un des neuf villages détruits au cours des batailles, le Mémorial a en effet été pensé par les Anciens Combattants avec, à leur tête, Maurice Genevoix, alors devenu académicien. Aussi, le 17 septembre 1967, Maurice Genevoix prononcera le discours d'inauguration du Mémorial.

Voir l'interview du Colonel Xavier Pierson, directeur du Mémorial de Verdun, qui présente l'histoire des Éparges à travers l’œuvre de Maurice Genevoix et les projets du Mémorial de Verdun

L'association l'Esparge

L'association L'Esparge (de l’ancien nom du village) tend à poursuivre ce travail de mémoire. L’association a pour but de transmettre le patrimoine local fortement marqué par la Grande Guerre.

Voir la présentation de l'association par sa présidente, Patricia Pierson

 

Notes

1 Maurice Genevoix, Ceux de 14, Flammarion, Collection Points, Paris, 1950.

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