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L'histoire de la bataille de La Malmaison

Le premier jour de la bataille de La Malmaison (Aisne), photo prise le 23 octobre 1917.
© ECPAD
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Minutieusement préparée, la bataille de La Malmaison (17-25 octobre 1917) illustre, cinq mois après l'echec de l'offensive Nivelle d'avril 1917, la nouvelle stratégie définie par Pétain qui consiste à mener des opérations à objectifs limités.

Après l’échec de « la bataille de France » d’avril 1917, appelée ensuite offensive Nivelle ou bataille du Chemin des Dames, et face à une guerre qui ne semble pas finir, une vaste crise secoue l’armée française. Elle se manifeste entres autres par un vaste mouvement de mutineries qui touche une grande partie des armées. Le général Pétain, nommé commandant en chef le 15 mai, reprend en main de manière énergique les unités touchées et souhaite renverser le « moral » très affaibli des combattants et de la société (rapports du Contrôle postal) par l’organisation d’une attaque limitée sur le front de l’Aisne.

Situation

Le champ de bataille du secteur de La Malmaison se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Soissons, entre l'Aisne et l'Ailette, dans la partie ouest du Chemin des Dames (département de l’Aisne). Cette position stratégique, connue au XIXe siècle, était alors intégré dans le système de fortification Séré de Rivières du Laonnois.

L’évolution de l'armement, dont l’arrivée de l'obus torpille, rend le fort de La Malmaison inutile. Désaffecté au début de la guerre, il est réutilisé par l'armée allemande au moment où de la fortification de la zone du Chemin des Dames.

L’offensive

Elle commence le mercredi 23 octobre 1917 à 5h15 du matin. Minutieusement préparée, elle illustre la nouvelle stratégie définie par Pétain qui consiste à mener des opérations à objectifs limités.

Le front d’attaque s’étend sur 12 kilomètres entre Ostel et Vauxaillon en direction de Laon. L’assaut est mené par trois corps d’armée de la VIe Armée commandée par le général Maistre : le 14e Corps d’armée (général Marjoulet), le 21e Corps d’armée (général Degoutte) et le 11e Corps d’armée (général Maudhuy).

L’attaque de l’infanterie est précédée du 17 au 23 octobre par une intense préparation d’artillerie (3 millions d’obus tirés, soit plus de la moitié des projectiles tirés avant l’offensive Nivelle sur un front 3 fois plus long). Les chars d’assaut (48 Schneider et 20 Saint-Chamond) sont à nouveau engagés pour appuyer les fantassins, mais avec des résultats plus concluants qu’en avril et en mai.

Avant 6h30, le fort de La Malmaison ruiné est pris par un bataillon du 4e Zouaves. Le 24, la progression se poursuit du côté de Vauxaillon. Le 25, l’Ailette est atteinte au nord de Pargny et de Filain. Les Allemands préfèrent alors abandonner les positions qu’ils occupent encore sur le plateau du Chemin des Dames, à l’est de la ferme de la Royère et jusqu’à Craonne. Dans la nuit du 1er au 2 novembre, ils se replient au nord de l’Ailette, sur les hauteurs qui dominent Laon.

Les résultats de l’offensive furent largement médiatisés par la presse et les actualités du cinéma aux armées qui montrent avec complaisance les canons pris à l’ennemi et les nombreux Allemands faits prisonniers.

L’offensive de La Malmaison est présentée comme le contraire de l’offensive Nivelle du mois d’avril. Elle reste pourtant un succès tactique limité. Malgré un niveau de pertes conséquent, elle conforte l’image de Pétain économe de la vie des soldats.

Bilan

8 000 morts et environ 30 000 blessés côté allemand ; 14 000 blessés et tués côté français. 

Monuments érigés en mémoire des soldats

La stèle des Zouaves : 4e Zouaves du R.I.C.M., du 4e Zouaves Tirailleurs et 3e Tirailleurs algériens de la 38e D.I ; le monument au régiment d'infanterie coloniale du Maroc (R.I.C.M.).