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Piste 3 – 1915-1916, la guerre des tranchées – le traumatisme

Otto DIX, Assaut sous les gaz, 1924, gravure, 35,3*47,5 cm, Deutsches Historisches Museum, Berlin (Allemagne)
© Deutsches Historisches Museum, Berlin (Allemagne)
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les documents relatifs à cette troisième période montrent que la désillusion laisse la place au traumatisme quand la guerre s’enlise dans les tranchées. De fait, l’épreuve est physique - boue, poux, peur – et psychologique – abdication de l’individualité (l’engagé volontaire, qui avait posé un acte individuel, est obligé pour survivre de se fondre dans la grande masse des combattants, c’est-à-dire d’étouffer son individualité) : la Grande Guerre est celle où les hommes sont transformés en animaux que l’on ne prend même plus la peine d’enterrer. La Grande Guerre est une boucherie.

Textes support

  • Henri Barbusse, Le Feu (1916), p 250-251 depuis « En me réveillant d’un sommeil de plomb… » jusqu’à « … qui sont déchirées ».
  • Maurice Genevoix, « Février 1915 », Les Éparges, Flammarion (1923), réédition Ceux de 14, Points/Seuil, p. 674-675 depuis « Plus de grenades, comme hier… » Jusqu’à « …tremblote entre mes jambes ».
  • Jean Giono, Le Grand Troupeau, Gallimard (1931), réédition Pléiade, Œuvres romanesques complètes, tome I, p.620 à 622, depuis « Quand l’aube… » Jusqu’à « C’était le jour ».
  • Blaise Cendrars, La Main coupée (Denoël, 1946), chapitre « Le lys rouge », réédition Gallimard, folio, p. 408 à 410.
  • Jean Rouaud, Les champs d’honneur (1990), éditions de Minuit,  « Ypres », p. 155 à 157 depuis  « La Terre n’était plus.. » jusqu’à « …les yeux et les bronches ».
  • Jean Echenoz, 14, éditions de Minuit (2012), p. 77 à 79 depuis « Et  dès le lendemain matin… » Jusqu’à « à la longue, c’est assez ennuyeux ».

Textes complémentaires

  • Roland Dorgelès, Les Croix de bois, Livre de Poche (1919), depuis « – Ils attaquent ! » jusqu’à « Au secours ! Au secours ! On assassine des hommes ! », p.210-212 (Perdus au milieu des tirs et des flammes, les soldats tirent sur des ennemis invisibles. Pas de héros dans cette confusion, mais des hommes qui tirent sur « de la nuit ou des hommes »).
  • Erich Maria Remarque, À l’ouest rien de nouveau, Livre de poche (1928), depuis « Nous sommes devenus des animaux dangereux » jusqu’à « nous redevenons à peu près des êtres humains, p.88-92 (les soldats jouent leur survie, c’est l’instinct seul qui les guide, ils agissent mécaniquement, brutalement, dans cette « cage » qu’est le front).
  • Laurent Gaudé, Cris, Actes Sud (2001), réédition Le Livre de poche, p. 163 à 166, depuis « M’BOSSOLO » jusqu’à « …au visage noirci d’effroi ».

Proposition pour une lecture cursive complémentaire

La cote 512 de Thierry Bourcy (ce récit policier peut être une lecture cursive complémentaire intéressante : à travers son enquête, le personnage principal fait vivre au lecteur ce chavirement du monde qu’est la mobilisation, le quotidien des tranchées, les corps déchiquetés, les crises de folie de certains soldats, le débordement des hôpitaux de fortune, l’incompréhension qui s’installe entre les soldats et l’arrière).

Images

  • Le corps mutilé : Autoportrait en soldat de Kirchner.
  • Le corps pulvérisé :
    • OTTO DIX,  Soldat blessé.
    • TARDI, C’était la guerre des tranchées, bande dessinée, Editions Casterman, 1993,        
  • Anonymat et perte d’identité : La Guerre et Assaut sous les gaz d’Otto DIX.

Œuvre complémentaire

Concerto pour la main gauche de Maurice RAVEL, 1931.

Otto Dix, La guerreOtto DIX, La Guerre, 1932, tempera sur bois, triptyque (panneau central : 204*204 cm ; panneaux latéraux : 204*102 cm, prédelle : 204*60 cm ), Gemäldegalerie Neue Meister, Dresde (Allemagne)

 

Otto Dix, Soldat blesséOtto DIX, Soldat blessé (automne 1916, Bapaume), 1924, eau-forte, 19,7*29 cm, National Gallery, Ottawa (Canada)

 

Otto Dix, Assaut sous les gazOtto DIX, Assaut sous les gaz, 1924, gravure, 35,3*47,5 cm, Deutsches Historisches Museum, Berlin (Allemagne)

 

Ernst Ludwig KIRCHNER, Autoportrait en soldatErnst Ludwig KIRCHNER, Autoportrait en soldat, 1915, Huile sur toile, 69,5 x 60,5 cm, Allen Memorial Art Museum, Oberlin, Etats-Unis.