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Piste 1 - Août 1914, la mobilisation - entre enthousiasme et résignation

Albert HERTER, Le Départ des Poilus, août 1914, 1926, 12*25m, Hall des départs de la gare de Paris-Est, Paris (France)
© D.R.
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Ce premier chapitre s'attache à montrer à travers différents textes que la mobilisation s’est faite entre enthousiasme et résignation. Les intellectuels et les écrivains se sont massivement engagés, au sens propre et au sens figuré, ce qui a beaucoup alimenté l’idée d’un départ « la fleur au fusil » ; en France, et plus encore en Allemagne, la mobilisation s’est accompagnée d’une véritable « fièvre lyrique » (les éditeurs ont été submergés par l’envoi de poèmes, de formes plutôt classiques). Les historiens montrent aujourd’hui  qu’il y a avait aussi beaucoup de résignation et que l’image de la « fleur au fusil » est parfois une reconstruction a posteriori afin de souligner la naïveté d’une jeunesse manipulée. L’écriture a posteriori évidemment ne manque pas d’intégrer sa connaissance des massacres à venir. Dans tous les cas cependant, la mobilisation accompagne le sentiment accru qu’une page de l’histoire se tourne, que c’est la fin d’une époque.

Textes supports 

  • Guillaume Apollinaire,  « La petite auto », Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre (1918), Mercure de France, réédition Œuvres poétiques, Gallimard, bibliothèque de la Pléiade, 1965, p. 207-208. .
  • Roland Dorgelès, l’engagement enthousiaste : incipit des Croix de bois (1919) depuis « Les fleurs… » jusqu’à « …des rideaux de reps verts ».
  • Joseph Delteil, Les Poilus (1926), réédition Grasset, Les Cahiers rouges, chapitre II, « La naissance du poilu », depuis « Le 1er août… » jusqu’à « … l’amande de la vie était à nu ».
  • Roger Martin du Gard, Les Thibault, III « L’Éte 1914 » (1936), Gallimard, rééd. Folio p. 42 à 45, depuis « La nuit était lourde… » jusqu’à «  … À Berlin !... ».
  • Aragon, Le Roman inachevé (1956), « La Guerre et ce qui s’ensuivit », Œuvres poétiques complètes, Gallimard,  bibliothèque de la Pléiade, 2007, tome II, p. 151-152, depuis « Les ombres se mêlaient… » jusqu’à « …que pour avoir péri ».
  • Jean Echenoz, 14 (2012), éditions de Minuit, chapitre 2 depuis « C’était plutôt gai » jusqu’à « en fin d’après-midi » p.18-21 (départ depuis la gare, qui évoque le tableau d’A. Herter, d’ailleurs nommé dans ce passage).

Textes complémentaires 

  • Ernst Jünger, Orages d’acier (1920), éditions Christian Bourgeois, traduction de H. Plard : incipit de « Le train fit halte à Bazancourt » jusqu’à « comme l’apparition d’un fantôme en plein midi » p11-14 (l’enthousiasme et l’exaltation des jeunes volontaires lors du départ pour le front)
  • Fritz von Unruh, Verdun (1923), éditions du Sagittaire, traduction par Jacques Benoist-Méchin : incipit de « On nous embarqua » jusqu’à « L’on s’endormit à nouveau » (l’enthousiasme et l’exaltation des jeunes volontaires lors du départ pour le front).
  • Jean Echenoz, 14 (2012), éditions de Minuit, ch.I depuis « Comme ses yeux passaient… » jusqu’à « …striées de hennissements », p.9 à12.

Documents complémentaires 

L'état d'esprit des Français en août 1914

« Il est temps de s'élever contre la version d'une sorte d'ivresse patriotique s'emparant des Français à la nouvelle d'une mobilisation trop facilement consentie par les dirigeants. Certes, il y eu quelques manifestations bruyantes à Paris sur les boulevards ; et peut-être dans certains trains de mobilisés. Il y eut dans la grand presse des articles sur le mode héroïque dont l'insupportable optimisme nous frappe aujourd'hui.(...) Dans l'ensemble du pays, pour l'immense masse des Français qu'atteignait et que séparait la mobilisation, la tonalité dominante fut tout autre : résignation grave et angoisse diffuse. »
André Latreille, 1914. Réflexions sur un anniversaire, Le Monde, 31 décembre 1964.

Images 

Albert HERTER, Le Départ des Poilus, août 1914

 Albert HERTER, Le Départ des Poilus, août 1914, 1926, 12*25m, Hall des départs de la gare de Paris-Est, Paris (France)

Soldats allemands au moment de la mobilisation

Soldats allemands au moment de la mobilisation (crid1418.org)

Max BECKMANN, Der Kriegsausbruch (La Déclaration de guerre)

Max BECKMANN, Der Kriegsausbruch (La Déclaration de guerre), 1914, pointe-sèche, 19,8 x 24,8 cm, © SESAM, Paris, 1998