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Le Vice-Rectorat de la Nouvelle-Calédonie et la centenaire de la Première Guerre mondiale

Départ du deuxième contingent. Coll. Brun
© Musée de la ville de Nouméa
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La Grande Guerre fut une guerre mondiale. L’inscription du Vice-Rectorat de Nouvelle-Calédonie dans les commémorations témoigne de cette dimension essentielle du travail de mémoire que les jeunes générations mènent aussi à Nouméa, en lien avec les nations du Pacifique impliquées dans le conflit.

Le Vice-Rectorat de la Nouvelle-Calédonie est représenté dans le comité du Centenaire réuni à l’initiative du Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie. Il s’est engagé dans la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale en initiant la réalisation d’un documentaire pédagogique et en encourageant les établissements scolaires à développer des projets d’ouverture internationale en partenariat avec des établissements d’Australie et de Nouvelle-Zélande d’où sont originaires les forces ANZAC qui se sont illustrées pour la première fois lors de la bataille de Gallipoli avant de rejoindre le front en France.

La Nouvelle-Calédonie, au même titre que les autres colonies françaises d’alors, a été impliquée dans le premier conflit mondial. Les citoyens français mobilisés dans les troupes coloniales et les sujets kanak engagés volontaires dans le Bataillon mixte du Pacifique ont participé aux combats.

Une rubrique consacrée à la commémoration du centenaire a été ouverte sur le site académique d’histoire-géographie pour accueillir des contributions scientifiques et présenter les projets pédagogiques validés par le comité académique.

Le Vice-Rectorat marque le début de l’implication de la Nouvelle-Calédonie dans la Première Guerre mondiale en organisant une conférence, le jour anniversaire de la publication de la mobilisation générale décrétée par le gouverneur Repiquet dans la colonie, le 5 août 1914. L’intervention est proposée par Madame Sylvette Boubin-Boyer, docteure en histoire contemporaine et spécialiste de la Nouvelle-Calédonie dans la Première Guerre mondiale.

La réalisation d’un outil pédagogique inédit

La réalisation d’un documentaire pédagogique sur « La Nouvelle-Calédonie dans la Première Guerre mondiale » est une première. En partenariat avec l’Office national des anciens combattants de Nouvelle-Calédonie, le musée de la Ville de Nouméa (qui possède des archives et propose une exposition permanente dédiée) et le Centre de documentation pédagogique, le vice-rectorat porte ainsi un projet ayant reçu le label du centenaire.

Ce documentaire proposera une vision de la guerre à partir de la plus lointaine des colonies françaises d'Océanie. Les traces matérielles du conflit ne sont pas visibles en Nouvelle-Calédonie étant donné que les combats n’ont pas eu lieu sur place, mais les traces morales existent encore. Les combattants du Bataillon du Pacifique ont transmis aux générations suivantes le souvenir de leurs combats, et dans les communes de l’archipel,les monuments aux morts, sur lesquels sont inscrits les noms des soldats néo-calédoniens morts pour la France, sont autant de lieux de mémoire. Les jeunes générations doivent donc être capables de comprendre pourquoi ces hommes ont participé aux batailles, les uns, citoyens français, mobilisés, et les autres, sujets kanak, engagés volontaires. Ce projet doit donc rassembler les Néo-Calédoniens.

Les projets pédagogiques d’ouverture internationale

En 2013, des établissements scolaires ont répondu à l’appel à projet « Mémoires héritées, histoire partagée » soutenu par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Quatre projets ont été retenus par le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie pour la qualité des partenariats avec des établissements australiens et néo-zélandais et l’intérêt des travaux envisagés. Ces quatre projets, engagés depuis 2013, ont obtenu le label du centenaire.

Deux lycées et deux collèges mobilisent une centaine d’élèves qui s’interrogent sur les conditions de l’implication de la Nouvelle-Calédonie et des pays voisins, ainsi que sur les enjeux du conflit dans les ensembles impériaux d’alors. Les partenariats avec les établissements d’Australie et la Nouvelle-Zélande prévoient des échanges scolaires avec (notamment) des visites des lieux de mémoire respectifs et la participation à des cérémonies du souvenir. Les travaux seront valorisés lors d’une exposition commune au musée de la Ville de Nouméa à l’occasion des commémorations de l’armistice, le 11 novembre 2014.

Les enseignants font travailler leurs élèves de manière transversale, en mobilisant différentes disciplines : l’histoire, les arts, le français, l’anglais. Les activités comprennent des recherches documentaires, des études littéraires (à commencer par les lettres des Poilus), l’utilisation de l’audio-visuel (écriture et réalisation d’un court-métrage) et du numérique (création de blogs).

Les premiers travaux d’élèves 

Très impliqués et intéressés par leurs découvertes, les élèves commencent à produire des textes, articles, documents divers.

Pour la cérémonie de l’ANZAC Day au cimetière néo-zélandais de Bourail, un élève du collège de Normandie, Hugo Penc’Hoat, a créé et lu un poème intitulé La Paix par la guerre. À Nouméa, au cours de la cérémonie de l’ANZAC Day au point du jour, le 25 avril 2014, les élèves de trois établissements scolaires engagés dans un projet labellisé ont été présents. Les lycéens de Jules Garnier ont lu une sélection de lettres de soldats calédoniens, australiens et néo-zélandais.

Les enseignantes et les élèves du collège de Normandie ont ouvert un blog en liaison avec leurs partenaires néo-zélandais présentant leurs travaux sur le centenaire de la Première Guerre mondiale.

Le projet mené par le lycée du Grand Nouméa a pour logo une création d’un élève de la classe de terminale, Jordan Gay. Ce logo inclut la flèche faîtière symbole de l’établissement et de l’aire coutumière dans laquelle le lycée se situe, les noms des deux établissements associés au projet et la devise « We must remember 1914-1918 » comme traduction du « devoir de mémoire ».