Espace pédagogique > College Harteloire Brest > La fabrication d’une fiction radiophonique au collège de l’Harteloire

La fabrication d’une fiction radiophonique au collège de l’Harteloire

© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

A Brest, le collège de l'Harteloire commémore le centenaire de l'arrivée des Américains en guerre par un projet pédagogique nommé "1917: l'arrivée du jazz en France".  Deux classes de 3e ont réalisé une fiction radiophonique sur le jazz en s'inspirant de la vie de James Reese Europe, chef d'orchestre de la fanfare de son régiment, qui débarqua à Brest en juin 1917.

La fiction radiophonique que les élèves de 3e4 et de 3e5 du collège de l’Harteloire ont écrite sous la direction de leur professeur de français a nécessité un important travail de documentation. Ainsi, le mardi 28 février, après un arrêt devant le monument américain de Brest, les élèves de 3e  et 4e se sont rendus au Service historique de la Défense. Les Archives de la Marine possèdent un très intéressant fonds qui concerne la période 1917-1919, lorsque Brest vivait à l’heure américaine : le fonds Loreau. Les collégiens devenus historiens ont, à partir de cette source, mené une enquête sur des archives originales : le Pontanezen Duckboard, journal créé par les « sammies » de Brest, le plan du camp de Pontanezen, ou encore la brochure remise aux soldats américains avant leur rembarquement pour les États-Unis. Partagés en plusieurs équipes, avec pour chacune un thème précis, munis de dictionnaires français-anglais et de leur portable, encadrés par leurs professeurs d’anglais et d’histoire-géographie, ils ont mené un travail de dépouillement et de collecte. Le matériau rassemblé a ensuite été exploité en classe.

De son côté, la professeure d’éducation musicale a décidé de faire travailler les élèves sur deux chants de James Reese Europe. Après une écoute initiale d’archives anciennes et un premier travail d’interprétation a capella et de maîtrise du texte en américain durant le premier trimestre, elle a demandé à Gilbert Bescond, guitariste et jazzman brestois, d’orchestrer les partitions pour un orchestre New Orléans (un trombone, un sousaphone, une washboard et une guitare jazz archtop). Durant les vacances de février, dans la salle de musique du collège, la formation de Gilbert Bescond a répété puis enregistré les morceaux, offrant ainsi aux élèves une instrumentale de qualité. Depuis, la chorale peut chanter sur une mélodie et une rythmique adaptées.

Ce sont ces chants qui constitueront une partie de l’illustration musicale de la fiction. La fabrication strictement radiophonique a aussi commencé en cours de français et d’histoire-géographie. La radio doit solliciter l’imagination de l’auditeur en lui permettant par les mots et par les sons de provoquer des images mentales. C’est en particulier le rôle des bruiteurs. Sous la houlette de Victor et Lucas, deux animateurs de l’atelier radiophonique de Longueur d’Ondes, la petite équipe de bruiteurs travaille à l’illustration sonore du texte. Comment évoquer une émeute raciale à New York ? Comment suggérer la traversée de l’Atlantique sur un bateau ? Comment créer l’interactivité avec la salle appelée à jouer le rôle du Congrès lors d’un discours du président Wilson ? Les élèves réfléchissent. Avec du papier froissé, une boîte en carton contenant du riz, d’autres objets banals et beaucoup d’imagination, ils trouvent peu à peu des solutions.

Toujours sous la direction des animateurs de Longueur d’Ondes, les élèves techniciens et acteurs vont bientôt entrer en action. Il faudra ensuite répéter et caler les sons, puis faire un filage général, enfin, le jour J, faire une répétition finale avant la mise en ondes en public. Cette dernière aura lieu au Vauban, la salle mythique de Brest, le 18 mai, et elle sera bien évidemment accompagnée d’un concert de jazz. L’événement prendra place dans l’imposant dispositif commémoratif qui se déploiera au printemps 2017 lorsque Brest, qui fut le grand port de la guerre d’indépendance, qui fut celui où débarquèrent puis rembarquèrent les « Sammies » ainsi que le président Wilson, qui fut enfin libérée par les « Gi’s » en 1944, célèbrera comme il convient l’année 1917 et son lien particulier avec les États-Unis.

> Voir un extrait du spectacle en vidéo