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Le tourisme de mémoire dans l'Oise

Clairière de l'Armistice à Rethondes
© Éric Van Ees Beeck
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La Première Guerre mondiale occupe une place importante dans l'histoire de l'Oise. À 45 minutes de Paris, ce territoire carrefour, situé sur des axes de communication majeurs, joue un véritable rôle stratégique. Occupé de septembre 1914 à mars 1917, le département a été ravagé par les combats de 1918. Trois grandes batailles s’y sont succédées. À la fin de la guerre, l’Oise devient le symbole de la paix avec la signature de l’Armistice dans la forêt de Compiègne. Le département dispose aujourd’hui de nombreux lieux de souvenir permettant de découvrir cette période qui a marqué le département.

La Première Guerre mondiale dans l’Oise

Carrefour de l'ArmisticeDu 6 au 12 septembre, la contre-offensive française, marquée par l’épisode des célèbres taxis parisiens, est une réussite. La progression allemande est alors stoppée vers la Marne. Les troupes fixent un front dans le Noyonnais. La rive droite de l'Oise reste occupée par les Allemands. 

Dès la fin août 1914, l'armée allemande enfonce les frontières françaises et rejoint la route de Paris. Les troupes germaniques envahissent l'Oise, touchant le Noyonnais, ils dépassent Compiègne et atteignent Senlis. Le 30 août 1914, l’Oise est envahie.

On entre alors dans une guerre de position qui va durer 30 mois : du 23 septembre 1914 à fin mars 1917. Le front se stabilise sur une ligne allant de Lassigny à Tracy-le-Val. Le front de l'Oise n'est pas le centre de grandes opérations militaires. Jusqu'en 1918, le secteur se révèle calme. 

Le 18 mars 1917, les troupes allemandes effectuent un repli d’environ 40 km, sur la ligne Hindenburg. Ils laissent derrière eux des villes ravagées par la stratégie de la « terre brûlée ».

Cependant, ce repli est de courte durée. Les Allemands passent de nouveau à l'offensive à partir du 21 mars 1918 et engagent alors trois importantes batailles :

  • La bataille de Noyon, le 24 et 25 mars 1918, se solde par la perte de la ville par les Français ;
  • la bataille du Mont-Renaud, du 25 mars au 30 avril 1918, pendant laquelle Noyon est bombardée et incendiée par les Français.

L'état-major allemand suspend ses attaques jusqu’au 9 juin 1918. Il lance alors une offensive sur le front Montdidier-Noyon. L’Oise va désormais subir de terribles combats. L'armée germanique progresse rapidement jusqu'au Matz.

  • La bataille du Matz, de juin 1918 à la reconquête française, est une guerre de position. Elle cesse le 9 août 1918, lorsque l'armée française libère Montdidier, le massif de Thiescourt, passe la Divelle et s'empare de Noyon.

L'Oise est définitivement libéré après cinq mois de combats violents. Premier département devenu français, l'Oise va devenir l'un des symboles de la Grande Guerre avec la signature de l'Armistice en forêt de Compiègne, le 11 novembre 1918.

Des musées qui font revivre les moments forts de la Grande Guerre

Quatre générations ont passé. Pourtant, la Grande Guerre est toujours présente dans les villes et villages de l’Oise. Parmi les nombreux lieux de mémoire, trois musées portent les témoignages de ce conflit aux portes de Paris :

  • Le Musée Serge Ramond à Verneuil-en-Halatte, qui recense plusieurs centaines de graffitis gravés et sculptés dans la pierre par les soldats français, anglais américains et allemands qui ont cantonné, lors de la Grande Guerre, dans les carrières souterraines de la région ;
  • le musée de la Figurine Historique de Compiègne, qui abrite 100 000 figurines et mini-soldats et permet de découvrir la vie quotidienne des poilus grâce à deux vastes compositions ;
  • le Musée de l’Armistice, symbole de la paix mondiale.

La clairière et le musée de l’Armistice

Musée de l'Armistice

Le Maréchal Foch recherchait un lieu à la fois proche du front et du Grand Quartier Général allié de Senlis, pouvant assurer le calme, le silence et l’isolement. Voici comment l’Oise et Rethondes sont devenues, le 11 novembre 1918, le symbole mondial de la liberté après quatre années d’un conflit qui laisse l’Europe exsangue. Dès 1922, la Clairière de l’Armistice est aménagée par l’architecte Mages, en un vaste rond-point précédé d’une allée de 250 mètres de long. Le wagon utilisé pour la signature de l’Armistice est ensuite installé dans le musée crée en 1927. Le site devient le symbole de la victoire et de la paix jusqu’en juin 1940 lorsqu’Hitler choisit d’y signer la capitulation de la France et de le détruire. En 1950, le site est reconstruit. Le musée est aujourd’hui un véritable lieu de mémoire qui abrite 700 photographies saisissantes, prises dans les tranchées de 14-18.

Des villages qui racontent leur histoire au travers de circuits historiques

De nombreux parcours thématiques ou de randonnées associent la découverte de villages à celle du patrimoine de la Grande Guerre. 

Secteur de cantonnement du 86ème Régiment d’infanterie, Machemont offre un parcours sur les pas des soldats qui se sont battus pour la liberté via huit panneaux retraçant leur sombre histoire.

Marquée par la Grande Guerre dès les premières semaines qui ont suivi le déclenchement des hostilités, Tracy-le-Mont possède un circuit historique de 6 km, qui traverse le vieux village pour rejoindre la nécropole militaire et la carrière de la Maison du Garde.

De la Vallée du Matz, aux plaines du plateau Picard, de vallons en coteaux boisés dans le Noyonnais, plusieurs balades permettent de comprendre pourquoi l’Oise était sur un axe stratégique.

Le Musée territoire

Parcours 14-18 à Tracy le Mont

Réalisé autour de cinq territoires emblématiques, Pays Noyonnais, du Canton d’Attichy, du Pays des Sources, des Deux Vallées et du Pays de la Vallée de l’Aisne, le Musée-Territoire 14-18  est un musée à ciel ouvert qui constitue un parcours de visite, dont la colonne vertébrale est matérialisée par la ligne rouge (Somme et le Chemin des Dame), coïncidant globalement avec la ligne de front. Ce parcours irrigue différentes haltes touristiques permettant de comprendre comment un territoire et sa population ont vécu le premier conflit mondial.

Le Musée Territoire 14-18 a pour objectif de mettre en valeur les vestiges matériels et immatériels de la Grande Guerre : de la vie quotidienne bouleversée, aux fusillés pour l’exemple, de la signature de l’Armistice à la reconstruction. Tous ces thèmes clés sont présentés au travers de sites emblématiques tels que Vingré, Noyon, Rethondes….

Des carrières qui offrent d’authentiques témoignages de poilus

Les terres de Picardie ont été meurtries par la guerre 14-18. Le Nord-Est de l’Oise n’a pas été épargné par des années d’occupation et d’affrontement avec une ligne de front établie pendant de longues années dans le massif de Thiescourt. En témoigne des kilomètres de galeries souterraines – véritables grottes refuges pour les armées.

Situées à Machemont, les remarquables Carrières de Montigny concentrent en un même lieu des galeries souterraines, des habitats troglodytes et des témoignages de soldat durant la Grande Guerre 14-18. Outre les sculptures, les inscriptions et les documents qui en font un lieu de mémoire, le site est d’une rare beauté et semble comme figé dans le temps. Lieu de repos, de détente et de soins au cours de la Grande Guerre, de nombreux régiments y ont transité allant à pied de la Somme vers la Marne ou les Ardennes et inversement. D’autres poilus y ont vécu toute la guerre afin d’assurer la défense du secteur de Compiègne. Un hôpital militaire y avait même été installé, ce qui a permis à la carrière de rester française malgré les nombreux assauts de l’ennemi.