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Le front de la Grande Guerre en Nord- Pas de Calais à partir des photographies aériennes d’archives

Anzin Saint Aubin, photographie verticale.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Fruit d’un long travail français, belge et britannique, la reconstitution du front de 14-18 en Nord-Pas de Calais vu du ciel, réalisée à partir de la géolocalisation et de la superposition de près de 6 500 photographies aériennes de l’armée britannique, sera présentée au Centre d’interprétation de Souchez à partir du 9 juin 2015, puis sera accessible sur Internet.

Saisir l’ampleur des dégâts

La photographie aérienne s’est considérablement développée pendant la Première Guerre mondiale, pour la cartographie des lignes adverses, la préparation des frappes d’artillerie et des offensives d’infanterie. Des millions de clichés ont été pris par les grandes nations belligérantes.  Aujourd’hui, si une grande partie du fonds français a disparu dans les années 1960, les fonds allemand et britannique ont en grande partie survécu.

Lancé en 2013 par le Conseil régional du Nord – Pas-de-Calais et par le département du Pas-de-Calais, le projet vise à réaliser une couverture des zones de front en Artois et Flandre française à partir des photographies britanniques afin de permettre aux chercheurs, comme au grand public, de saisir l’ampleur des ravages qui ont frappé la région pendant le conflit, où plus de 200 villages et villes (Lens, Bailleul, Bapaume, La Bassée) ont été totalement détruits.

Une extraordinaire photomosaïque

L’Imperial War Museum, qui participe au projet, a ainsi accepté de numériser près de 6250 photographies sur plaques de verre de sa « Box collection » et de les fournir libres de droit. Ces clichés, d’une grande qualité technique, couvrent un vaste quadrilatère  d’Armentières à Bapaume. Ils ont ensuite été géolocalisés puis géorectifiés par l’équipe du département d’archéologie de l’Université de Gand, aboutissant ainsi à la constitution d’une vaste base de données qui permet de les superposer au cadastre électronique d’aujourd’hui.  Une grande photomosaïque a ainsi été réalisée à partir des photographies les plus pertinentes.

Un outil culturel et scientifique, mais aussi archéologique

Le projet, présenté à partir du 9 juin 2015 au Centre d’interprétation de Souchez, sera accessible pour le grand public sous forme d’une table tactile, avant que la base de données ne soit mise en ligne dans une version basse définition. 

Outre sa dimension culturelle et scientifique, cet outil est l’occasion de rendre accessible à plusieurs centaines de collectivités locales l’état des lieux à la fin du Premier conflit mondial de terroirs qui ont été rayés de la carte et totalement reconstruits et requalifiés sur le plan agricole. Sa dimension archéologique permettra également l’identification de sites liés aux installations de combat de la Grande Guerre, ou antérieurs au conflit.