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Le pantalon de François Faber

François Faber est né le 26 janvier 1887 à Aulnay-sur-Iton dans l'Eure, pionnier du cyclisme, vainqueur du tour de France en 1909, il est tué au combat lors de la bataille de l'Artois en mai 1915.
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Un modeste pantalon rouge garance de très grande taille retrouvé par hasard dans un meuble remisé. À l’intérieur, des numéros de matricule. Caché derrière une petite poche, un nom est lisible : Faber. Après de longues recherches, il apparaît que ce pantalon est celui de l’un des trois vainqueurs du Tour de France tués pendant la Première Guerre mondiale.

Le pantalon de Faber_nom

François Faber est né le 26 janvier 1887 à Aulnay-sur-Iton dans l’Eure d’un père luxembourgeois et d’une mère française. Sa taille, sa force et son altruisme sont exceptionnels et lui valent le surnom du « Géant de Colombes ». Il exerce de nombreux métiers comme garçon de café, commissionnaire, ouvrier de construction navale, manœuvre, débardeur... avant de découvrir le cyclisme.

En 1906, devenu coureur professionnel, il prodigue sa puissance avec la même générosité. S’affirmant comme l’un des meilleurs coureurs cyclistes de son époque, il est vainqueur de 19 étapes du Tour de France et remporte l’édition de 1909. Le Tour de Lombardie 1908, les Paris-Tours de 1909 et 1910, le Paris-Bruxelles 1909, le Bordeaux-Paris 1911 et le Paris-Roubaix 1913 figurent également à son palmarès exceptionnel.

Dès le début de la guerre, Faber, de nationalité luxembourgeoise, prend la décision de servir la France, son pays d’adoption, et s’engage dans la Légion Étrangère. Il est affecté au 2ème de Marche du 1er Régiment Etranger sous le matricule 25 860. Il connaît son baptême du feu à Sillery. Nommé caporal le 1er octobre 1914, il vit la dureté des conditions de vie des tranchées, la violence des combats et l’odeur de la mort, mais aussi la solidarité entre les soldats.

Le pantalon de Faber_matricule

Le 9 mai 1915 il prend part, à Mont-Saint-Éloi dans le Pas-de-Calais, aux combats des Ouvrages Blancs. Le « Géant de Colombes » n’en reviendra pas. Son corps ne sera jamais retrouvé et le champ de bataille labouré par les obus sera sa sépulture.

Avec Lucien Petit-Breton, Octave Lapize, vainqueur eux aussi de la prestigieuse épreuve, ce sont plus de 50 coureurs français, mais aussi allemands, britanniques, belges, italiens, autrichiens, luxembourgeois ou suisses ayant participé au Tour de France qui ont laissé leur vie dans la tourmente de 14-18.

Voir Michel Merkel, 14-18, le sport sort des tranchées, Éditions Le pas d’oiseau