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Ça fait partie du paysage - Jean Richardot

Le siècle a métamorphosé l’ancienne ligne du front et absorbé ses vestiges. Dans ces lieux historiques, la Grande Guerre fait désormais partie du paysage. À travers des images panoramiques inédites, Jean Richardot propose une approche nouvelle de la commémoration et une vision innovante des vestiges de guerre.

Aujourd'hui, beaucoup de vestiges de la Grande Guerre ont été absorbés par l'agriculture ou engloutis par l'urbanisation. Intégrés dans la modernisation, ils font tellement partie du paysage qu'on ne les remarque plus. Passé et présent continuent pourtant d'être réunis et l'image panoramique les confronte de manière saisissante.

En évitant de se focaliser sur les seules traces de la guerre – graffitis, ruines, abris, cimetières, … - l’image panoramique élargit le regard à la présence simultanée de la vie d'aujourd'hui et propose ainsi une vision authentique, désacralisée, des vestiges. Innovante dans le champ des travaux sur la mémoire, elle invite à une prise de conscience moderne et renouvelée des évènements. Révéler par l'image, des éléments passés – souvent inaperçus – permet également de ressusciter l'histoire des lieux pour les nouvelles générations.

Sorti des lieux de mémoire sanctuarisés, le vestige apparaît presque perdu dans une urbanisation en mouvement perpétuel et son statut mémoriel même est remis en cause. Il fait partie du paysage mais son histoire fait-elle encore partie de notre mémoire ? Le remarquons-nous seulement ? Faut-il le conserver, sous quelle forme et à quel prix ? La décision nous appartient maintenant que tous les combattants, légitimes "propriétaires" de ces vestiges, ont disparu.

La société doit-elle sanctuariser tous les vestiges de la Grande Guerre ou sont-ils trop encombrants au regard de la nécessité d'une déviation, d'un rond-point, d'un lotissement ou des besoins d'un centre commercial ou d'une exploitation agricole ? Ces vestiges "sauvages" seront-ils perçus comme des balises historiques ou seulement comme des verrues inutiles en marge des lieux de mémoire, sélectionnés, consacrés et organisés ? A moins qu'ils ne donnent naissance à des circuits mémoriels plus confidentiels mais dont la charge émotionnelle aura pour atout l'authenticité.

Aubers. Situés sur des terrains privés,  les vestiges ne doivent leur survivance qu'au bon vouloir du propriétaire.
Aubers. Situés sur des terrains privés, les vestiges ne doivent leur survivance qu'au bon vouloir du propriétaire.
© Jean Richardot
Auchonvilliers. Le vestige et ses enjeux économiques : un bed&breakfast construit sur un ancien réseau de tranchées.
© Jean Richardot
Beaucamps. Cette exploitation agricole a fait le choix de conserver sa tour allemande.
© Jean Richardot
Col de la Chapelotte. Forêt des Vosges où l'exploitation forestière a préservé les lignes de tranchées.
© Jean Richardot
Douai. L'urbanisation a englouti l'ancien champ de bataille.
© Jean Richardot
Loos-en-Gohelle, Dud Corner. Seul le cimetière militaire témoigne encore du passé de ce paysage qui fut un immense champ de bataille.
© Jean Richardot
Ligny. Il fait partie du paysage mais son histoire est-elle encore dans nos mémoires ?
© Jean Richardot
Marcq. Remarquons-nous seulement tous les vestiges de la guerre? Ancienne infirmerie dans les Ardennes.
© Jean Richardot
Masnières. Même si la terre conserve l'empreinte du conflit, le champ de bataille est devenu champ d'élevage.
© Jean Richardot
Semide. Soudain, une zone préservée au milieu des exploitations agricoles.
© Jean Richardot
Souain. Les gens disent " pour aller à Sainte-Marie-à-Py, tournez après le blockhaus."
© Jean Richardot
Tavannes. Vers une désacralisation des vestiges ? Aire de pique-nique sur l'ancien champ de bataille.
© Jean Richardot
Voor. Hier et aujourd'hui réunis. Exploitation agricole dans les Flandres.
© Jean Richardot
Wancourt. Au croisement des lignes : le front, le rail, la route.
© Jean Richardot
Ypres. Zone mémorielle ou zone industrielle ?
© Jean Richardot
  • Aubers. Situés sur des terrains privés,  les vestiges ne doivent leur survivance qu'au bon vouloir du propriétaire.
  • Auchonvilliers. Le vestige et ses enjeux économiques : un bed&breakfast construit sur un ancien réseau de tranchées.
  • Beaucamps. Cette exploitation agricole a fait le choix de conserver sa tour allemande.
  • Col de la Chapelotte. Forêt des Vosges où l'exploitation forestière a préservé les lignes de tranchées.
  • Douai. L'urbanisation a englouti l'ancien champ de bataille.
  • Loos-en-Gohelle, Dud Corner. Seul le cimetière militaire témoigne encore du passé de ce paysage qui fut un immense champ de bataille.
  • Ligny. Il fait partie du paysage mais son histoire est-elle encore dans nos mémoires ?
  • Marcq. Remarquons-nous seulement tous les vestiges de la guerre? Ancienne infirmerie dans les Ardennes.
  • Masnières. Même si la terre conserve l'empreinte du conflit, le champ de bataille est devenu champ d'élevage.
  • Semide. Soudain, une zone préservée au milieu des exploitations agricoles.
  • Souain. Les gens disent " pour aller à Sainte-Marie-à-Py, tournez après le blockhaus."
  • Tavannes. Vers une désacralisation des vestiges ? Aire de pique-nique sur l'ancien champ de bataille.
  • Voor. Hier et aujourd'hui réunis. Exploitation agricole dans les Flandres.
  • Wancourt. Au croisement des lignes : le front, le rail, la route.
  • Ypres. Zone mémorielle ou zone industrielle ?
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