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La collection « Les Musiciens et la Grande Guerre »

Les 10 volumes de la collection les Musiciens de la Grande Guerre des éditions Hortus.
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Les éditions Hortus ont publié en 2014 les dix premiers volumes de la collection Les Musiciens et la Grande Guerre, qui présente les œuvres composées au front comme à l’arrière. Trente disques seront édités jusqu’en 2019.

Les dix premiers volumes de la collection les Musiciens et la Grande Guerre réunissent des œuvres de compositeurs connus avec celles, inédites pour beaucoup, de compositeurs aujourd’hui oubliés, dressant un panorama représentatif de la création musicale des nations impliquées dans le conflit. 150 œuvres écrites par 90 compositeurs de 12 nationalités différentes sont ainsi réunis dans cet opus.

Présentation des volumes

Volume 1, Albéric Magnard : Une Mort mythique, Alain Meunier et Philippe Guillhon Herbert, violoncelle et piano. D’une grande intensité, la sonate pour violoncelle et piano, ultime oeuvre de musique de chambre de Magnard (1910) et sa musique pour piano solo, poétique et subtile, datant de sa jeunesse, nous font regretter le geste à la fois héroïque et fou d’un compositeur tué en Défendant son manoir contre les uhlans le 3 septembre 14, à Baron (Oise).

Volume 2, 1913 Au carrefour de la modernité, Jean Sébastien Dureau et Vincent Planès, Double piano Pleyel. Dès 1913, comme durant la guerre, 3 compositeurs empruntent des voies radicalement différentes : rupture ouverte et brutale dans le cas de Stravinsky, échappée toute en finesse par l’imagination (mais non moins scandaleuse) pour Debussy (En Blanc et Noir), et fusion des langages du passé dans un idiome nouveau pour Busoni.

Volume 3, Hommage à Maurice Maréchal, Alain Meunier et Anne Le Bozec, violoncelle & piano. Un hommage rendu par Alain Meunier à son maître le grand violoncelliste Maurice Maréchal,  ombattant aux côtés de Caplet et de Durosoir (sonates de Brahms, Debussy et Honegger).

Volume 4, La Naissance d’un nouveau monde, Thomas Duran et Nicolas Mallarte, violoncelle et piano. Des oeuvres non seulement de tous les horizons géographiques de cette Europe qui s’entretue mais également d’esthétiques fort diverses. Une belle découverte la sonate de Joseph Boulnois, mort en 1918. Tout le frémissement musical de l’après-guerre est annoncé avec hauteur de vue, passion et émotion.

Volume 5, Mélodies, Prescience – Conscience, Marc Mauillon, baryton et Anne Le Bozec, piano. La Grande Guerre fauchera de nombreux talents à l’aube de leur carrière. Dans leurs mélodies écrites à la veille du conflit transparaît la prescience que ces compositeurs avaient souvent du drame à venir mais aussi, celui-ci survenu, leur volonté d’y échapper ou simplement de le commenter.

Volume 6, Métamorphose, Thomas Monnet, orgue de Dudelange (Luxembourg). Les tensions de la Grande Guerre fertilisent les esprits créateurs. Le XIXe siècle disparaît loin derrière l’horizon laissant l’incertitude s’installer. À l’orgue, c’est tout un monde musical en pleine métamorphose : un élégant choral de Joseph Boulnois, une étonnante transcription du Tombeau de Couperin, croisent Trauerode de Reger, une ode funèbre dédiée « à ceux qui sont tombés ».

Volume 7, Les Altistes combattants, Vincent Roth & Sébastien Beck, alto & piano. Le chant lyrique de l’alto proposé par quatre personnalités musicales très différentes (Hindemith, Vaughan Williams ainsi que Schmitt et Koechlin, dont la Sonate est le véritable joyau du CD) : Un témoignage éclairant des recherches musicales menées en cette période terrible.

Volume 8, Vêpres, Vincent Genvrin à l’orgue de la collégiale St Pierre de Douai. Les Quinze versets pour les vêpres du commun des fêtes de la Sainte-Vierge ou Fifteen Pieces (1919) de Marcel Dupré : un document de première importance concernant l’art de l’improvisation au lendemain de la Grande Guerre, qui voit la modernité de cette riche époque musicale s’inscrire dans une tradition séculaire, sur l’orgue Mutin Cavaillé-Coll, financé par les dommages de guerre.

Volume 9, Célébrations à l’orgue des Invalides par Philippe Brandeis et les Cuivres de la Garde Républicaine. Sur l’orgue de la cathédrale aux Armées sont  honorés non seulement les musiciens morts au combat, mais également ceux qui combattirent et survécurent ou qui soutinrent l’effort de guerre à l’Arrière. Célébrations également, cette fois accompagnées des cuivres, de ceux qui après la Guerre ont écrit en mémoire des victimes, avec une splendide version du Poème héroïque de Dupré.

Volume 10, Deux Concertos pour la Main Gauche, Orchestre national de Lille, Nicolas Stavy, piano. Dir. Paul Polivnick. Deux chefs d’oeuvre du XXe siècle rarement enregistrés, commandés par le célèbre pianiste Paul Wittgenstein qui perdit son bras droit au front : un concerto surprenant (et explosif !) de Korngold (1923), et Diversions de Britten (1940), une pièce pleine de vie et de lyrisme.

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Cette collection est proposée libre de droit aux institutions publiques nationales et internationales intéressées par cette commémoration.