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Retrouver la mémoire du Chemin des Dames

Vue du village de Craonne sur le Chemin des Dames
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Lieu de mémoire majeur du front de l’ouest, le Chemin des Dames fut le théâtre de violents combats entre 1914 et 1918. Il reste attaché à l’échec de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 dont il conserve aujourd’hui encore les stigmates.

Situé dans l'Aisne entre Soisson et Laon et long d'une trentaine de kilomètres, il s'étend de Laffaux à l'Ouest vers Craonne à l'Est et passe par la ligne de crête à cheval entre la vallée de l'Ailette et la vallée de l'Aisne. Allemands et Français se le sont disputés avec acharnement. Le village détruit et reconstruit de Craonne garde la mémoire des combats et des soldats disparus.

Voir l'interview de Noël Genteur, maire de Craonne, qui revient sur la mémoire du Chemin des Dames.

Le Chemin des Dames

Le nom de Chemin des Dames remonte au XVIIIe siècle. Il serait lié aux filles du roi Louis XV, Adélaïde et Victoire, qui l’empruntaient pour se rendre au Château de la Bove chez leur Dame d’honneur la Duchesse de Narbonne.

Les opérations militaires au Chemin des Dames

Dès 1914, le Chemin est Dames est le terrain d'affrontement entre les armées françaises et allemandes. Au mois d'août, après plusieurs assauts, les Français cèdent le plateau et dès le mois de septembre qui suit, le front se fixe pour plusieurs années. Plusieurs milliers de soldats meurent lors des offensives qui se succèdent alors.

La bataille la plus célèbre du Chemin des Dames est l'offensive du 16 avril 1917. Cette offensive conduite par le général Nivelle avait pour but de réaliser une percée décisive du front et de remporter la victoire. Pourtant, les assauts répétés sont des échecs, les Français subissent alors de lourdes pertes humaines et matérielles, le front allemand est à peine entamé sans que l’offensive ne soit stoppée.

Les révoltes

L’offensive menée par le général Nivelle, jugée mal préparée et mal engagée, va alors  susciter beaucoup de ressentiment. Vécue comme un échec sanglant – environ 30 000 morts en 10 jours –, elle entraîne l’arrivée du général Pétain et la désillusion des soldats français qui peinent à faire confiance en leur état-major.

Éclatent alors des mutineries d’une grande ampleur dont la Chanson de Craonne reste aujourd’hui le symbole. Elles sont réprimées avec force : 3 427 condamnations dont 554 condamnations à mort, dont 49 furent exécutées.

Voir l'interview de Noël Genteur, maire de Craonne, dans laquelle il revient sur les lieux de l'ancien village de Craonne et sur les faits marquants de la bataille du Chemin des Dames.

La Caverne du Dragon

Sur le Chemin des Dames, les combats ne se déroulent par seulement à la surface. La région de Craonne est truffée de cavernes et de caves – aussi appelées creutes –, qui sont les vestiges d'anciennes carrières de calcaire.

Aussi, depuis 1915, la Caverne du Dragon alors aux mains des Allemands, est utilisée pour le cantonnement des troupes. Une infirmerie et une cantine y sont en particulier installées.

Le 25 juin 1917, des soldats français entrent dans la Caverne du Dragon et repoussent peu à peu les Allemands au fond de la carrière. À partir du mois de juillet et jusqu'en octobre 1917, les deux camps ennemis se font face à face à l'intérieur de la Caverne.

Devenue site touristique et Mémorial de guerre à partir de 1920, la Caverne du Dragon se visite d'abord à la bougie puis à la lampe au carbure. Aujourd’hui, ce site de mémoire propose aux visiteurs une scénographie mettant en lumière les conditions de vie et de survie vécues par les combattants. Cette dernière devrait être transformée dans les années à venir avec le projet de création d’un musée au-dessus de la Caverne, replaçant son histoire dans le contexte plus général de l’histoire du Chemin des Dames.

Voir l'interview d'Anne Bellouin, responsable de la Caverne du Dragon - musée du Chemin des Dames, qui présente l'histoire de la Caverne du Dragon et les projets mis en œuvre pour le Centenaire.