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Le Musée de La Poste

Musée de France et musée d’entreprise, L’Adresse Musée de La Poste conserve et valorise le patrimoine historique, artistique et philatélique de l’Etat et de La Poste. Ses fonds sont constitués de pièces très diverses telles que les premières cartes des routes de poste, des uniformes de facteurs, des objets populaires, les timbres-poste, ainsi qu’un ensemble d’œuvres de mail art et d’art postal… Si ces collections racontent l’histoire d’une entreprise, elles nous parlent aussi et surtout de celle de la France au quotidien.

Les documents relatifs aux guerres rappellent l’impérieuse nécessité de correspondre et d’échanger plis et colis entre les soldats et leurs proches. Il faut donc s’organiser en conséquence. Ainsi, pour La Poste, la guerre de 1870 et le siège qui s’en suivit furent associés aux pigeons voyageurs et aux boules de Moulins ; la seconde Guerre Mondiale, synonyme de censure et de résistance. Quant à la Grande Guerre, elle est notamment reliée aux femmes-facteurs et à la création des chèques postaux.

Une exposition intitulée « Les Postes dans la Grande Guerre », constituée de dix panneaux, est actuellement présentée un peu partout sur le territoire. Retrouvez toute l’actualité du Musée sur : www.ladressemuseedelaposte.fr

Poilu lisant une lettre. Dessin original à la craie, 1914.

Poilu lisant une lettre. Dessin original à la craie, 1914.

Grâce aux lois de Jules Ferry (1881 / 1882), en 1914, une large majorité de soldats sait désormais lire et écrire. Dans l’enfer des tranchées, pouvoir recevoir une lettre est vital pour le moral. Aussi, dès l’automne 1914, les centres de tri postaux sont-ils noyés sous la masse des lettres et paquets à acheminer. Prenant du retard, l’Administration des postes va devoir vite se réorganiser pour rapprocher effectivement ceux que la guerre sépare. Inv. 5408.

© Musée de La Poste – Paris

Brochure distribuée aux familles des soldats, 1914.

Dès novembre 1914, la réforme Marty, du nom d’Alfred Marty, inspecteur général des P.T.T., s’attache à simplifier le réseau d’acheminement du courrier vers le front. Elle réforme l’adressage en créant 154 secteurs postaux numérotés : les « S.P. » ; cette numérotation offre aussi l’énorme avantage de pouvoir garder secrets la position géographique et le mouvement des troupes. Inv. PO LI 995.109.

© Musée de La Poste – Paris
Affiche du Comité National des P.T.T., 1914.
© Musée de La Poste – Paris

Affichette présentant le timbre-poste 15 centimes de 1914.

Dès le 11 août 1914, quelques jours seulement après la déclaration de guerre, le Président de la République, Raymond Poincaré, signe un décret autorisant l’émission du premier timbre-poste à surtaxe au profit de la Croix-Rouge, plus précisément pour venir en aide aux blessés. Ce timbre « à la semeuse » a été dessiné par Louis Oscar Roty et gravé par Jean-Baptiste Lhomme, d’après Louis Eugène Mouchon. Ayant un pouvoir d’affranchissement de 10 centimes, ce timbre est vendu 15 centimes, la surcharge de 5 centimes étant reversée à la Croix-Rouge. Un premier timbre-poste, provisoire, est émis à 600 000 exemplaires le 18 août 1914 ; un second, définitif, est émis le 10 septembre suivant avec un tirage de 600 000 exemplaires également. Inv. 19648.

© Musée de La Poste – Paris

Un bureau de poste dans la tranchée : photo extraite de la revue Lecture pour tous du 15 décembre 1915.

« Ce bureau de poste installé dans une tranchée ne ressemble en rien à nos palais postaux parisiens. Nos soldats les apprécient pourtant grandement, car il est, tout à la fois, bureau de distribution poste restante et bureau de paiement des mandats ». La franchise postale est décrétée dès le 3 août 1914 ; ainsi, le courrier écrit par les soldats et celui qui leur est adressé sont dispensés d’affranchissement. Rapidement également, des bureaux de poste sont installés sur le front et des distributions quotidiennes sont assurées par des vaguemestres. M 1278.


 

© Musée de La Poste – Paris

Photo de la Poste aux Armées, 1914.

La Poste aux Armées renaît en août 1914 ; les Ministères de la Guerre et des Finances s’en répartissent la tutelle, l’administration des Postes n’étant alors associée qu’à la marge. Mais en octobre 1914, les quelque 600 000 lettres et 40 000 paquets à acheminer vers le front - des quantités jamais atteintes jusqu’alors - ne le sont qu’avec beaucoup de difficultés. Une grande réforme est donc lancée dès fin 1914. Tout est mis en œuvre pour assurer le service postal : réquisition de véhicules, recrutement d’auxiliaires et réorganisation des bureaux et secteurs postaux. Inv. P 3944/537.

© Musée de La Poste – Paris

Dessin « La Lettre du Poilu », 1914.

La Poste rapproche ceux que la guerre sépare. La lettre est synonyme de vie, elle assure un lien vital pour les soldats comme pour leurs proches. C’est pourquoi la franchise postale est décrétée dès le 3 août 1914. Des cartes de correspondance sont également distribuées aux soldats. Partout dans leurs écrits se lisent l’absence, le manque et l’angoisse. Mais en écrivant, le soldat retrouve un passé et une identité personnelle. Inv. 1357.

© Musée de La Poste – Paris

Un bureau qui ne chôme pas : photo extraite de la revue Lecture pour tous du 15 décembre 1915.

15 000 agents et sous-agents de l’administration des P.T.T. sont mobilisés pendant la guerre et les services postaux sont débordés par le volume de lettres et colis échangés entre les soldats et leur famille. C’est pourquoi, en novembre 1914 est créé un Bureau Centralisateur Militaire à l’Hôtel des Postes de Paris, rue du Louvre (puis des BCM seront également créés à Marseille et Lyon) pour traiter le courrier destiné aux soldats : « Quatre millions de lettres circulent chaque jour entre l’intérieur et le front. Une organisation spéciale a été créée à Paris sous le nom de Bureau Central Militaire, pour la manutention et l’expédition d’un pareil courrier. Le triage par secteur est confié à des femmes… ». En 1915, quelque 2 050 personnes sont employées dans ce bureau. Lecture pour tous, 1915.

© Musée de La Poste – Paris

Véhicule hippomobile tilbury, 1914.

À l’été 1914, la Poste militaire – le service Trésorerie et Postes - tire son organisation de l’expérience du conflit franco-prussien de 1870 mettant en scène une guerre de sièges mobilisant des hommes ayant peu recours à l’écrit. Quarante ans plus tard, elle se voit confrontée à un double contexte très différent qui la rend incapable d’assurer sa mission. L’éloignement des organes administratifs et la lenteur des chemins de fer ont allongé les temps d’échange et bloqué tout le processus postal. La caisse du tilbury à un cheval ne peut contenir que cinq à six sacs de correspondance, ce qui est très insuffisant. L’opinion publique et le monde politique s’émeuvent du grave dysfonctionnement postal militaire, devenu préoccupation nationale. Parmi les mesures prises pour désengorger les services, dès septembre 1914, le président du Conseil et le ministre de la Guerre décident d’affecter 50 voitures automobiles postales civiles pour transporter le courrier militaire. Inv. 2008.26.1.

© Musée de La Poste – Paris

Carte postale satirique, 1914.

Parmi les milliers de cartes postales émises pendant la guerre, beaucoup servent à tourner l’ennemi en dérision. Ici, l’empereur Guillaume II essaie, en vain, de croquer la Semeuse : « C’est plus dur à croquer que je ne croyais !! ». L’emplacement réservé pour y coller le timbre, ici effectivement oblitéré, est en effet situé juste au niveau de la bouche, grande ouverte, du Kaiser. Inv. POCP 995.13.

© Musée de La Poste – Paris

Carte postale : une « femme-facteur » - et non pas une factrice,en 1915.

À l’été 1914, l’administration des P.T.T. compte d’importants effectifs féminins dans les centres de gestion de la Caisse Nationale d’Epargne et dans les centraux téléphoniques. De nombreuses femmes font aussi les petites mains au service des rebuts de l’hôtel des Postes de Paris, ou occupent la fonction de receveuse (plus de 6 000), de dame employée ou encore d’aide des Postes (plus de 5 000) dans les plus petits des bureaux de poste ruraux. Extrêmement rares sont celles qui participent à la distribution du courrier. La mobilisation des postiers n’ouvre donc pas une ère de féminisation massive mais plutôt un ajustement de cette présence ancienne. Un arrêté du 28 septembre 1915 décide ainsi que « les femmes de sous-agents décédés ou placés dans l’impossibilité de reprendre leurs fonctions » peuvent être employées comme facteurs auxiliaires. Ici, Louise Paille, à Agen, porte l’uniforme des nouvelles femmes facteurs : casquette avec cocarde tricolore, cape en toile cirée et sacoche en cuir ; elle tient une lettre à la main pour bien montrer ses fonctions. CP coll. P. Nougaret.

© Musée de La Poste – Paris

Affiche de la Kommandantur de Tourcoing le 15 novembre 1915.

Les occupants communiquent régulièrement leurs ordres aux habitants de Tourcoing occupée par voie d’affiches. Ces proclamations presque quotidiennes concernent tous les sujets, notamment les échanges de correspondance, ici par exemple par carte postale. Globalement, la correspondance des prisonniers de guerre est limitée par des règlements sévères. Et ici comme ailleurs, on écrit souvent des choses convenues car la censure veille. Inv. 14335.

© Musée de La Poste – Paris

Lettre sur écorce de bouleau, 1915.

Correspondre à tout prix… Les volumes de lettres et paquets sont exceptionnels. Ainsi par exemple, en avril 1915, plus de 4 500 000 lettres ordinaires, 320 000 paquets, 70 000 journaux et 11 000 mandats cartes et mandats télégraphiques arrivent chaque jour pour les combattants du front. Les poilus expédient pour leur part plus de 5 millions de correspondances vers l’arrière. Ainsi, en moyenne, chaque soldat envoie ou reçoit une lettre par jour. Inv. 10157.

© Musée de La Poste – Paris

Quatre femmes recrutées par le service des Postes, 1915.

De nombreux journaux leur rendent hommage. Elles portent une pèlerine caoutchoutée et une casquette avec l’insigne de l’Administration. Mais elles restent des « femmes-facteurs » et non des factrices. Si on leur ouvre quelques emplois dans les campagnes, la pénibilité physique des tournées font qu’elles sont surtout employées dans les grandes villes (elles sont près de 120 à Paris) où les tournées sont plus courtes. En 1917, le ministre des Postes et Télégraphes, Etienne Clémentel, affirme la reconnaissance du pays : « La guerre a montré que les femmes sont aussi aptes que les hommes à tous les travaux du télégraphe et à la plupart des travaux de la Poste ». Pourtant, à la fin de la guerre, les hommes reprendront leur place à la distribution et il faudra attendre les années 1970 pour que les femmes s’imposent comme factrices.

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Avis concernant les correspondances et colis adressés aux troupes opérant en Orient, 1915.

En 1915, quelque 100 000 lettres par jour sont adressées aux troupes françaises opérant en Orient. Dirigées sur Marseille, elles sont triées par le Bureau Central Militaire créé dans cette ville comme à Paris et Lyon pour mieux maîtriser les flux et faciliter les échanges entre le front et l’arrière. Le colis notamment joue un rôle déterminant dans le maintien de l’humanité et de la dignité du soldat confronté à l’horreur. En 1916 par exemple, 100 000 colis circulent chaque jour. Les calculs, réalisés par la suite sur la base de l’utilisation de la franchise postale, donnent une moyenne, pour les cinq années du conflit, de 75 millions de colis expédiés par an. On rappelle en permanence la nécessité absolue d’emballer correctement les colis mais les services postaux, en ces temps d’union sacrée, savent faire preuve de réalisme, ne refusant qu’exceptionnellement un colis envoyé par une mère ou une épouse à un soldat du front. De même, La Poste ne peut pas tout contrôler et les colis contiennent souvent des produits « interdits », alcool et denrées périssables notamment. Inv. 3903.

© Musée de La Poste – Paris

Almanach des P.T.T. au profit des veuves et orphelins de l’administration, 1916.

Franchise postale, relais des campagnes des emprunts nationaux et émission de timbres avec surcharge au profit de la Croix-Rouge, « l’aide postale à la Nation » prend différentes formes. L’almanach du facteur participe de cet élan de solidarité. Dès 1915 et jusqu’en 1919, sur bon nombre de ces almanachs figurent les mentions « édité au profit des Veuves et Orphelins de l’Administration » ou « édition de l’Orphelinat des sous-agents et ouvriers ». Ceux de 1916 sont illustrés par la photo d’un convoi de prisonniers allemands ou d’un défilé de soldats montant au front. Dès le début du conflit, ce type de calendrier prend 37% du marché de la maison d’édition Oberthur, alors principale éditrice des almanachs (depuis 1854). En ce qui concerne la seule administration postale, une « œuvre de protection des orphelins du personnel des P.T.T. » est fondée dès le 2 septembre 1915. Inv. 21278.

© Musée de La Poste – Paris

Timbre émis au profit des orphelins de guerre, 1917.

Avec la guerre apparaissent les « charity stamps », des « commémoratifs » avec une surtaxe dévolue à une œuvre de bienfaisance. La création d’une première série, consacrée aux orphelins de  guerre, est décidée par décret en février 1916 mais elle ne verra le jour qu’en août 1917. Les 6 timbres de cette série représentent une veuve au cimetière, une tranchée surmontée d’un drapeau, le lion de Belfort, la Marseillaise de Rude, deux orphelins s’épaulant et enfin une paysanne à la charrue dessinée par Louis Dumoulin et gravée par Léon Ruffé. Le pays compte alors déjà 600 000 veuves et un million d’orphelins. Cependant, du fait de leur trop forte surtaxe, ces timbres serviront peu sur le courrier. Inv. 2011.0.136.

© Musée de La Poste – Paris
Carte postale représentant Saint-Désiré, 1918.
© Musée de La Poste – Paris

Le 1er carnet de chèques postaux, 1918.

Dès le 28 mars 1916, Louis Amiard, Député de Seine-et-Oise, dépose une proposition de loi pour la création d’un service de chèques postaux. Etienne Clémentel, Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Postes et Télégraphes défend ce projet devant le Sénat le 11 décembre 1917. Le texte de la loi portant création d’un service de comptes courants et de chèques postaux paraît finalement au Journal Officiel du 10 janvier 1918. Les premiers carnets de chèques permettent notamment de pallier l’insuffisance temporaire du numéraire. Les P.T.T. éditent dès le départ un dépliant pour expliquer le fonctionnement de ce nouveau service des chèques postaux promis à un grand avenir…

© Musée de La Poste – Paris

Maquette non retenue (œuvre anonyme) dans le cadre du concours philatélique organisé en 1920.

En 1920, l’Administration des P.T.T. lance un concours pour la création d’un timbre destiné à commémorer la victoire. Parmi les thèmes suggérés dans le cahier des charges : le défilé sous l’Arc de Triomphe, la défense de Verdun, le retour à la France de l’Alsace-Lorraine ou le coq gaulois. Mais au bout du compte, du fait de la médiocrité de la forme et de la maladresse dans le fond des projets reçus, aucun n’est retenu et le premier timbre commémorant l’Armistice ne sera finalement émis que pour le 20ème anniversaire, le 11 novembre 1938. Inv. 2691.

© Musée de La Poste – Paris
  • Poilu lisant une lettre. Dessin original à la craie, 1914.
  • Brochure distribuée aux familles des soldats, 1914.
  • Affiche du Comité National des P.T.T., 1914.
  • Affichette présentant le timbre-poste 15 centimes de 1914.
  • Un bureau de poste dans la tranchée : photo extraite de la revue Lecture pour tous du 15 décembre 1915
  • Photo de la Poste aux Armées, 1914.
  • Dessin « La Lettre du Poilu », 1914.
  • Un bureau qui ne chôme pas : photo extraite de la revue Lecture pour tous du 15 décembre 1915
  • Véhicule hippomobile tilbury, 1914.
  • Carte postale satirique, 1914.
  • Carte postale : une « femme-facteur » - et non pas une factrice,en 1915.
  • Affiche de la Kommandantur de Tourcoing le 15 novembre 1915.
  • Lettre sur écorce de bouleau, 1915.
  • Quatre femmes recrutées par le service des Postes, 1915.
  • Avis concernant les correspondances et colis adressés aux troupes opérant en Orient, 1915.
  • Almanach des P.T.T. au profit des veuves et orphelins de l’administration, 1916.
  • Timbre émis au profit des orphelins de guerre, 1917.
  • Carte postale représentant Saint-Désiré, 1918.
  • Le 1er carnet de chèques postaux, 1918.
  • Maquette non retenue (œuvre anonyme) dans le cadre du concours philatélique organisé en 1920
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