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Les journaux de tranchées allemands dans les collections de la BNU

Cette sélection de journaux du front provient des collections de guerre qui ont été constituées à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg qui était alors la Kaiserliche Universitäts- und Landesbibliothek à partir du mois d’août 1914. L’Alsace-Lorraine appartenant à l’empire d’Allemagne, comme dans le reste du pays, des appels furent lancés afin de rassembler la documentation la plus complète possible sur la guerre qui venait de commencer et qui était déjà vécu comme un événement hors du commun par la plupart de ses contemporains.

Les journaux du front de la Grande Guerre ont répondu à des besoins et à des objectifs de nature hétérogène, qui se sont exprimés dans des voix de nature différente, mais qui par leur convergence d'intérêt expliquent l'ampleur du phénomène : discours de propagande et d'édification pour les autorités qui cherchent à s'assurer par les journaux du front de l'état d'esprit combatif des soldats ; parole de témoignage pour les combattants qui, en faisant comprendre l'étendue du sacrifice consenti, s'efforcent de retrouver une dignité humaine.

Si cette dualité des objectifs se retrouve en filigrane du côté français, elle est peut-être plus manifeste encore du côté allemand où l'hétérogénéité de la presse du front se traduit de façon évidente dans la diversité d'aspect et de forme des différents journaux du front : les Schützenbgrabenzeitungen (journaux des tranchées), petites gazettes fondées dans de petites unités, aux moyens rudimentaires et au tirage limité, ont été, au moins jusqu'à 1916, l'espace d'expression de la parole de témoignage et de dignité des soldats. À l'autre bout de l'échelle hiérarchique, les Armeezeitungen (journaux des armées), grands journaux militaires fondés à l'initiative des autorités, dotés de moyens importants et aux tirages considérables, se sont évertués à diffuser le discours de propagande par lequel le commandement militaire cherchait à s'assurer de l'état d'esprit et du comportement des soldats.

Der Champagne-Kamerad (le Camarade de Champagne), n°120, 31 mars 1918, p. 1, cote D.518.

Der Champagne-Kamerad (le Camarade de Champagne), n°120, 31 mars 1918, p. 1, cote D.518. Comme les autres journaux de l’armée, Der Champagne-Kamerad était avant tout porteur du discours officiel des autorités militaires. Comme l’illustre cette gravure l’objectif était de diffuser une image idéalisée du combattant défendant sans faillir le territoire face à l’ennemi et promouvant l’idée d’une « paix victorieuse » contre les tenants d’une « paix de compromis » rapide.

© coll. Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Liller Kriegszeitung (Journal de guerre de Lille), n°1, 2 août 1915, p.4, cote D.186.847. Fondé le 8 décembre 1914 à Lille pour la VIe armée, sur ordre du prince Rupprecht von Bayern, le Liller Kriegszeitung contribua à la renommée des journaux du front en Allemagne. Son tirage atteignit jusqu’à 110 000 exemplaires. Dirigé par le romancier Paul Osakar Höcker, il contient de nombreuses illustrations du peintre Karl Arnold, dont cette caricature, typique de la vision de l’Angleterre diffusée par la propagande : celle d’un pays mercantile, froid et calculateur, cherchant à se débarrasser par la guerre du concurrent économique que représente l’Allemagne.

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Kriegsflugblätter, Beiblatt zur Liller Kriegszeitung (Feuilles de guerre, supplément au journal de guerre de Lille), n°1, 2 août 1916, p.1, cotes D.536 et D.11.883. Supplément illustré du Liller Kriegszeitung, les Kriegsflugblätter, imprimées sur un papier glacé de grande qualité, diffusent à travers leur iconographie l’imagerie que les autorités militaires entendant opposer à la lassitude et aux défaillances grandissantes des combattants. Ce soldat défendant la patrie est une des innombrables illustrations du combattant du front déterminé et inflexible que les journaux des armées s’évertuent à mettre en scène.

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Zeitung der 10. Armee (Journal de la Xe Armée), n°226, 15 mars 1917, p.1, cote D.562. Fondé le 9 décembre 1915 à Vilnius (Lituanie) sur ordre du général von Eichhorn, tiré à plus de 50 000 exemplaires, le Zeitung der 10. Armee avait aussi pour objectif, comme les autres quotidiens du front oriental, de remplacer les quotidiens d’informations allemands qui ne pouvaient être livrés à temps sur le front. Les comptes rendus militaires ou les articles sur la situation politique et économique allemande y sont plus nombreux que dans les journaux du front de l’ouest.
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Die Sappe (la Sape), n°1, 20 octobre 1915, p.1, cote D.12.062. Publié pour la première fois dans les Vosges le 20 octobre 1915 sur l’initiative du major H.Veith, chef du 1er bataillon du 19e régiment de réserve bavarois, ce journal de tranchées était dirigé par Max Drechsel, pour la partie littéraire, et par Karl Lechner et Karl Witteck (qui signe cette une), pour la partie iconographique. Tiré à plus de 2 000 exemplaires, le journal était élaboré entre les combats, les textes et les dessins étant réalisés durant le transport des troupes.
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Die Sappe (la Sape), n°33, 1918, p.1, cote D.12.062. En 1916, le bataillon qui publiait Die Sappe fut transféré dans la Somme, où son directeur, Max Drechsel, trouva la mort le 27 juillet 1917, puis sur le front de l’est, avant de revenir en 1918 dans le nord de la France. À cette époque, comme nombre de journaux de tranchées, le journal a largement perdu la liberté de ton de ses débuts et prend une part active à la propagande diffusée sous la houlette de l’Office central de la presse du front (Feldpressestelle). L’illustration à la une de ce tout dernier numéro est l’œuvre du peintre munichois Karl Lechner.
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Der Bayerische Landwehrmann (le Fantassin bavarois), n°5, 1918, p.1, cote D.11.985. D’abord représentatif des journaux de tranchées allemands, ces gazettes qui abordent avec une grande liberté de ton et beaucoup de dérision les petites et les grandes misères de la vie au front, Der Bayerische Landwehrmann devint, après la reprise en main des journaux du front par l’Office central de la presse du front en 1916, un relais zélé du discours de propagande des autorités militaires. Ce numéro contenant des diatribes violentes contre la « trahison » des grévistes des usines de munitions allemandes, fut autorisé par la censure malgré les réserves dont témoigne le tampon apposé à la une.
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Der Drahverhau (le Barbelé), n°2, septembre 1916, p.1, cote D.11.925. Der Drahverhau fondé en octobre 1915 par le sous-officier Franz Grundner au sein d’un régiment d’infanterie bavarois stationné dans les Vosges était imprimé à Colmar. Cette gazette fut dans un premier temps un journal satirique réalisé dans un abri du front avant de devenir plus sérieux et de reprendre les thèmes de de propagande diffusés par l’Office central de la presse du front. Le poème Die Mauer à la une de ce numéro est typique de la rhétorique du « tenir bon » (Durchhalten) soutenue par les autorités militaires.
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Der Drahverhau (le Barbelé), n°14, février 1918, p.1, cote D.11.925. Sous l’impulsion des peintres Paul Tautenhahn, Otto Obermeier et Eugen Osswald, Der Drahverhau développa pendant l’année 1918 une iconographie édifiante, à la fois lugubre et symbolique, dont cette représentation par Osswald du carnaval de la mort sous les traits du clown Bajazzo est, avec la série des Todestänze (danses macabres) d’Obermeier, un des exemples les plus frappants.
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Vogesenwacht (le Gardien des Vosges), n°13, 12 mai 1918, p.1, cote D.12.104. Le premier numéro de ce journal de la 1ère compagnie sanitaire de la 6e Landwehr-Division bavaroise fut publié en juillet 1916 par Georg Hirsch, Rudolf Eberle et Karl Heinz Schneider. Cette une inspiré par l’expressionisme allemand est une reprise d’une gravure sur bois de Rudolf Eberle, directeur artistique du journal. Ce titre avait la particularité de publier des œuvres littéraires originales notamment celles de poètes strasbourgeois comme Raymond Buchert, Marie Hart ou Kurt Schede.
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Vogesenwacht (le Gardien des Vosges), n°2, 1916, p.1, cote D.12 .104. La gazette Vogesenwacht présente également la particularité de publier de nombreux dessins de paysages et de villes de Haute-Alsace (Turkheim comme ici, ou le Haut-Koenigsbourg, la vallée de Munter, Ollwiller etc.).

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Vogesenwacht (le Gardien des Vosges), n°22, 8 août 1918, p.1, cote D.12.104. Après l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, ils deviennent eux aussi une cible privilégiée de la propagande mise à l’honneur dans les différentes gazettes du front. Dans cette une, l’argent nouvelle « idole de la guerre » est placée au cœur de l’Entente par un Oncle Sam grimé en amérindien. Les différents membres de l’Entente étant représentés par des serpents aux caractéristiques reconnaissables, notamment la tête de coq gaulois pour la France.
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Bacillus Verus, n°24, décembre 1917, p.1, cote D.517. Ce journal illustré du front des Vosges fut publié pour la première fois en 1916 par C. Wessang pour l'Hôpital militaire de l’Armeeabteilung Gaede, à Logelbach (Haut-Rhin). D'abord bimensuel, il paraît ensuite tous les 10 jours environ, dans un format de 8 pages à partir du n° 6 (1916). Le journal parut avec l'autorisation du médecin-chef de l'hôpital militaire de Colmar. Il était destiné aux soldats en convalescence dans les hôpitaux militaires de la région de Colmar. 
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Bacillus Verus, n°31, 1918, p.1 cote D.517.
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Die Patrulle, (la Patrouille), n°1, juillet 1916, p.1, cote D.12.043. Ce journal du front d'une troupe de cavalerie fut publié pour la première fois en juillet 1916 par le sous-officier Jordan.
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Der Armiere, n°13, s.d., p.1, cote D.11.882. Fondé, tout comme le Bayerische Landwehrmann, par Max Eidmeier, et publié par sa maison d'édition des tranchées (Erste deutsche Schützengraben-Verlagsanstalt), Der Armierer était destiné aux membres de la troupe de la 2e compagnie d'armuriers du 2nd régiment bavarois d’infanterie. Le premier numéro parut le 11 mars 1917, sous forme de tracts. La parution en fut irrégulière, le journal paraissant toutes les 3 à 6 semaines, le plus souvent dans un format de 4 pages.
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Der Armiere, n°2, 1917, p.1, cote D.11.882. Ce numéro est entièrement consacré aux emprunts de guerre. Les thèmes déployés invitent ainsi les lecteurs à un dernier effort pour aider au financement de la guerre et à la marche vers la victoire définitive.
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Schützengrabenzeitung (Journal des tranchées), n°3, p.8, 1915, cote D.12.073. Publié pour la première fois en mai 1915, le Schützengrabenzeitung est rédigé par l’adjudant Halder assisté de quelques camarades d’infanterie d’abord stationnés dans les Vosges, puis dans la Somme. Dans ce numéro caractéristique du style satirique de ce type de presse, cette caricature évoque les conditions précaires qui présidaient à la rédaction de chaque numéro.
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  • Der Champagne-Kamerad (le Camarade de Champagne), n°120, 31 mars 1918, p. 1, cote D.518.
  • Liller Kriegszeitung (Journal de guerre de Lille), n°1, 2 août 1915, p.4, cote D.186.847.
  • Kriegsflugblätter, Beiblatt zur Liller Kriegszeitung (Feuilles de guerre, supplément au journal de guerre de Lille), n°1, 2 août 1916, p.1, cotes D.536  et D.11.883.
  • Zeitung der 10. Armee (Journal de la Xe Armée), n°226, 15 mars 1917, p.1, cote D.562.
  • Die Sappe (la Sape), n°1, 20 octobre 1915, p.1, cote D.12.062.
  • Die Sappe (la Sape), n°33, 1918, p.1, cote D.12.062.
  • Der Bayerische Landwehrmann (le Fantassin bavarois), n°5, 1918, p.1, cote D.11.985.
  • Der Drahverhau (le Barbelé), n°2, septembre 1916, p.1, cote D.11.925.
  • Der Drahverhau (le Barbelé), n°14, février 1918, p.1, cote D.11.925.
  • Vogesenwacht (le Gardien des Vosges), n°13, 12 mai 1918, p.1, cote D.12.104.
  • Vogesenwacht (le Gardien des Vosges), n°2, 1916, p.1, cote D.12 .104.
  • Vogesenwacht (le Gardien des Vosges), n°22, 8 août 1918, p.1, cote D.12.104.
  • Bacillus Verus, n°24, décembre 1917, p.1, cote D.517.
  • Bacillus Verus, n°31, 1918, p.1 cote D.517.
  • Die Patrulle, (la Patrouille), n°1, juillet 1916, p.1, cote D.12.043.
  • Der Armiere, n°13, s.d., p.1, cote D.11.882.
  • Der Armiere, n°2, 1917, p.1, cote D.11.882.
  • Schützengrabenzeitung (Journal des tranchées), n°3, p.8, 1915, cote D.12.073.
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sources
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
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