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Les affiches russes de la Bibliothèque municipale de Lyon

La bibliothèque municipale de Lyon conserve plus d’une dizaine d’affiches imprimées en Russie au cours du premier conflit mondial appelant à la souscription d’un emprunt de guerre. Elles ont été acquises dans le cadre de la constitution du Fonds de la Guerre, commencé dès 1915 à l’initiative du maire de Lyon Edouard Herriot, avec pour vocation de réunir une documentation sur le conflit issue de tous les pays belligérant. Les documents issus des pays alliés de la France, tels la Russie, sont évidemment les plus nombreux, pour des raisons évidentes de facilité d’accès. Ces affiches de guerre russes permettent d’appréhender quelques aspects cruciaux de l’empire immergé dans un conflit mondialisé auquel il ne survivra pas.

> Voir le dosssier Un empire dans la tourmente. Affiches russes de la Première Guerre mondiale sur le site Numelyo

Du 7 octobre 2014 au 10 janvier 2015, la Bibliothèque municipale de Lyon mettra son fonds 14-18 en lumière autour d’une exposition : « 1914-1918, Lyon sur tous les fronts ». Ce sera l’occasion de revenir sur la constitution du fonds mais également sur la place de Lyon dans la Grande Guerre. Cette ville, de par sa situation géographique, a été au cœur des circulations : celles des hommes et des femmes (réfugié-e-s, blessés..) mais aussi celles des marchandises et des écrits.

L'emprunt de guerre 5,5 % T. Kibbiel, St.-Petersbourg, 1916

L'emprunt de guerre 5,5 % T. Kibbiel, St.-Petersbourg, 1916. Elément essentiel des armoiries de la Russie impériale, l’aigle bicéphale occupe une position centrale dans cette affiche. Aucun des attributs impériaux ne manquent (sceptre symbolisant le pouvoir tsariste, orbe surmonté d’une croix représentant l’Eglise orthodoxe russe, écusson central reprenant les armoiries de la Moscovie, à savoir saint Georges terrassant le dragon). Cette représentation héraldique est associée aux symboles traditionnels de la guerre, sabre, drapeau, fusils et canon. Cote AffM0282.

© Bibliothèque municipale de Lyon

Emprunt de guerre, 1914-1917. On retrouve ici l’aigle bicéphale dans une situation cette fois beaucoup moins conventionnelle : l’animal fond toutes serres déployées sur un autre aigle impérial, allemand celui-ci, et dont le plumage semble être mis à mal. Cote AffP0290.

© Bibliothèque municipale de Lyon

L'emprunt de guerre 5,5 %, 1916. Un bel effet de lumière y met en valeur deux héros nationaux appartenant à l’iconographie russe. Sans autre légende que la phrase « La nation a besoin de votre aide. Souscrivez. », elle met au premier plan deux statues de bronze tellement connues des Russes que le nom des personnages représentés n’est même pas mentionné. Il s’agit du monument de Minin et Pozharsky, situé au centre de la Place rouge de Moscou. Leurs silhouettes suggestives ont été placées en contre-jour devant l’aigle bicéphale de Russie nimbé de lumière. Elevé en 1818, le monument commémore la résistance russe menée par les deux personnages à l’invasion polonaise de 1612, pendant le Temps des troubles. Le prince Dmitry Pozharsky est assis tandis que le marchand-boucher Kuzma Minin, debout, étend le bras vers le Kremlin, absent de l’affiche. La référence à deux icônes de la nation russe doit contribuer à mobiliser les ressources financières du pays dans la lutte contre l’ennemi. Cote AffM0284.

© Bibliothèque municipale de Lyon

En avant pour la patrie, Maksimov 1916. La grande-duchesse Elizabeth, veuve du grand-duc Serge assassiné en 1905 et pourtant elle-même allemande de naissance, n’hésite pas à faire de la guerre « une croisade menée avec l’aide de tous les saints de la Russie ». Cette idée se trouve clairement exprimée dans l’affiche En avant pour la Patrie, où l’on voit un cavalier russe à l’équipement médiéval brandir le drapeau de l’empire frappé de l’aigle bicéphale. Ce dernier comporte la représentation traditionnelle du saint protecteur de la Russie, saint Georges terrassant le dragon. Cote AffM0395.

© Bibliothèque municipale de Lyon

L'emprunt de guerre 5,5 %, Jan Rousks, 1916. Le saint tutélaire de la Russie est par ailleurs repris en figure centrale dans cette affiche de Jan Rousks, avec un traitement iconographique évoquant l’art de l’icône. Cote AffP0180.

© Bibliothèque municipale de Lyon

Emprunt de guerre 5,5 % , Vlad Varjanski, 1914-1917.Cette affiche de Varjanski présente un convoi ferroviaire transportant un canon et des explosifs. Le texte légendant l’affiche « Plus on aura d'argent, plus on aura d'armes et de munitions, plus on se rapprochera de la victoire » trahit les faiblesses militaires russes. Cote AffM0251.

© Bibliothèque municipale de Lyon

Achetez l'emprunt de guerre 5,5 % , 1917-1917. Les affiches insistent également sur les besoins en artillerie de l’armée russe. Des soldats russes déplacent un canon. Cote AffP0181.

© Bibliothèque municipale de Lyon

Tous pour la victoire !, Ivan Alexélévitch Vladimirov 1916. Un convoi de matériel, vraisemblablement des munitions pour l’artillerie, porte sur le dos de chaque camion la mention placardée « N’économisez pas les obus ». Cote AffM0394.

© Bibliothèque municipale de Lyon

L'emprunt de guerre 5,5 % ; 1916. Les affiches  mettent parfois en scène des fantassins russes en action Ici figurent quatre soldats en position de tir abrités derrière une congère et accompagnés du texte suivant : « Tous ceux qui ont des proches dans les rangs de l'armée prouvent leur soutien en souscrivant ». L’affiche fait appel aux liens, familiaux ou relationnels, unissant combattants et civils afin de susciter l’empathie. Cote AffM0285.

© Bibliothèque municipale de Lyon

L'emprunt de guerre 5,5 % , 1916. Cette affiche évoque le théâtre des opérations navales, en donnant à voir deux marins russes appartenant à la flotte de la Baltique, comme en font foi l’inscription sur le béret et le rappel de la croix de Saint-André bleue sur fond blanc servant de drapeau à la marine de guerre russe. Les deux hommes sont en train de charger un obus dans le canon d’un navire de guerre. Là encore, il est fait appel au patriotisme des souscripteurs : « Une forte participation à l'emprunt est un devoir pour tous ». En butte à une marine allemande disposant d’un nombre plus important de navires eux-mêmes techniquement supérieurs, la flotte impériale russe est essentiellement cantonnée à des missions défensives. Mais d’autres problèmes surgissent, en lien avec l’agitation politique grandissante à l’arrière du front. Cette affiche, imprimée en 1916, garde ainsi le silence sur les mutineries ayant cours la même année dans la flotte de la Baltique. Cote AffM0286.

© Bibliothèque municipale de Lyon

Tous pour la guerre ! , 1916. De graves difficultés affectent l’industrie de guerre russe dès les débuts du conflit. Les usines ont été reconverties pour les besoins de l’effort de guerre mais la production militaire reste notoirement insuffisante. Une baisse de 30 % de rendement affecte la production des usines privées de leur main-d’œuvre traditionnelle partie au front. Elles emploient désormais un nombre important d’ouvriers non qualifiés et de femmes dont une grande partie vient de la campagne. Cette situation inédite, commune à la majorité des pays belligérants, est rappelée ici : une femme manœuvre une machine-outil, en l’occurrence un tour de grande dimension, symbole de l’implication de la nation entière dans une guerre totale. Cote AffM0396.

© Bibliothèque municipale de Lyon
  • L'emprunt de guerre 5,5 % T. Kibbiel, St.-Petersbourg, 1916
  • Emprunt de guerre, 1914-1917
  • L'emprunt de guerre 5,5 %, 1916
  • En avant pour la patrie, Maksimov 1916
  • L'emprunt de guerre 5,5 %, Jan Rousks, 1916
  • Emprunt de guerre 5,5 % , Vlad Varjanski, 1914-1917
  • Achetez l'emprunt de guerre 5,5 % , 1917-1917
  • Tous pour la victoire !, Ivan Alexélévitch Vladimirov 1916
  • L'emprunt de guerre 5,5 % ; 1916
  • L'emprunt de guerre 5,5 % , 1916
  • Tous pour la guerre ! , 1916
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