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Dans les collections presse et périodiques de la BnF : L'entrée en guerre de l'Italie

L' Italie, alliée de l'Autriche-Hongrie et de l'Allemagne au sein de la Triplice, décide de rester neutre au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, avant de renverser son système d'alliance en concluant secrètement avec les trois pays de la Triple Entente (France, Royaume-Uni et Russie) le pacte de Londres le 26 avril 1915. Un mois plus tard, l'Italie entre officiellement en guerre contre son ancien allié, l'empire austro-hongrois, comptant ainsi récupérer de nombreux territoires frontaliers perdus un siècle plus tôt. Face à une opinion publique encore majoritarement non-interventionniste et un parlement écarté des négociations, l'entrée en guerre de l'Italie est essentiellement le fait du roi Victor-Emmanuel III, du président du conseil Antonio Salandra et du ministre des affaires étrangères, Sidney Sonnino. La presse française de l'époque salue quasi-unanimement la venue de ce nouvel allié dans le camp des pays civilisés et démocratiques en lutte contre la supposée barbarie des empires centraux. Le ton fraternel, voire lyrique de certains éditoriaux s'accompagne de documents iconographiques présentant sous un jour favorable les principaux acteurs politiques de cette entrée en guerre. De même l'armée italienne, dont le niveau d'impréparation est tenu sous silence, semble prête à de nombreuses et rapides conquêtes.

Voici une sélection commentée d'articles des journaux de l'époque consacrés à l'entrée en guerre de l'Italie qui proviennent des collections presse et périodiques de la BnF. Chaque légende renvoie vers le document complet sur Gallica >>

Une de l'Action Française du 23 mai 2015.

Une de l'Action Française du 23 mai 1915. La Politique, Charle Maurras. Le fondateur de l'Action française, journal nationaliste et antirépublicain, salue l'entrée en guerre de l'Italie en soulignant un choix politique libre empreint de noblesse.

Le journal : fondé par Charles Maurras et Léon Daudet, l'Action Française s'affirme rapidement comme le fleuron de la presse nationaliste et anti-républicaine. Son ton provocateur asseoit son succès. Violemment antisémite et antimaçonnique, il fédère l'ensemble de la droite conservatrice jusqu'en 1926, date à laquelle il est mis à l'index par le pape. Le soutien qu'il apporte à Vichy lui vaut d'être interdit en 1944.

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Une de L'Echo de Paris du 22 mai 1915. Les trois avantages de l'intervention italienne, Maurice Barrès. Maurice Barrès, écrivain et homme politique de la droite nationaliste, souvent considéré comme l'un des plus sûrs soutiens de la propagande de guerre, révèle l'importance de l'entrée en guerre de l'Italie qui permettra de renforcer le blocus de l'Allemagne, d'éclairer l'opinion publique des nations ennemies et d'ouvrir un nouveau front qui obligera celles-ci à fournir un effort supplémentaire en terme d'hommes et de matériel militaire. Illustration : La louve du Capitole.

Le journal : Lancé par Valentin Simond en 1884, il tarde à rencontrer le succès malgré un contenu varié traité de façon légère. Le journal mène une campagne anti-dreyfusarde : son contenu perd rapidement tout caractère grivois pour exprimer les idées de la droite nationaliste et conservatrice tout en faisant la part belle à l'actualité littéraire et artistique. Fortement patriote, le journal soutient Clemenceau durant la Conférence de paix de Versailles. En 1940, le titre se replie en zone Sud avant de se saborder en 1942.

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Une du Gaulois du 21 mai 1915. Un vote historique, Arthur Meyer. Arthur Meyer, directeur du journal mondain et conservateur Le Gaulois, rend hommage à l'Italie et à son Parlement pour son passage à l'acte libérateur, fustigeant les sceptiques qui douteraient encore de l'engagement de ce nouvel allié dans le conflit mondial. Au passage, l'armée italienne est décrite comme une impressionnante machine de guerre déjà prête au combat.

Le journal : Créé en 1868 par Edmond Tarbé des Sablons et Henri de Pène, le titre est repris en 1882 par le monarchiste Arthur Meyer. Il devient alors un journal mondain influent parmi la noblesse et la haute bourgeoise. Boulangiste et antidreyfusard, le titre voit son influence s'amoindrir malgré quelques nouveautés comme une chronique sur le cinéma. Il disparaît en 1929, un an après son rachat par François Coty.

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Une de l'Humanité du 21 mai 1915. Vers la victoire, vers la paix, Edouard Vaillant. S'étant rallié au mouvement de l'Union sacrée, le socialiste Edouard Vaillant se félicite de la décision italienne dans les colonnes de l'Humanité. Cette nouvelle arrivée dans le conflit doit servir à hâter la victoire des alliés, synonyme de paix.

Le journal : Fondé par le socialiste Jean Jaurès en décembre 1904, L'Humanité soutient les revendications ouvrières, marque son hostilité face à l'engagement français au Maroc et affiche son pacifisme. Après la mort de Jaurès, il soutient cependant le gouvernement de guerre. En 1920, à l'issue du Congrès de Tours, le journal rompt avec le réformisme pour rejoindre le communisme révolutionnaire. Le 26 août 1939, le journal est saisi.

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Une du Matin du 23 mai 1915. La mobilisation italienne : le roi a signé, Commandant De Civrieux. Journal nationaliste et antiparlementaire, Le Matin illustre l'entrée en guerre de l'Italie avec un Victor-Emmanuel III avançant fièrement sur son cheval, entouré de son état-major. L'Italie est en marche.

Le journal : Lancé en 1884 par Sam Chamberlain, il devient sous la direction de Maurice Bunau-Varilla, rencontre un vif succès grâce à son ton accrocheur et original. Nationaliste et antiparlementaire, il mène de grandes campagnes contre les « affaires », grâce à un ton accrocheur et à de grandes campagnes autour des "affaires". Proche de l'extrême-droite, Le Matin se rallie à l'occupant en 1940 et disparaît à la Libération.

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Une du Petit Journal du 27 mai 1915. L'offensive italienne est générale.  Le Petit Journal informe ses lecteurs d'une façon détaillée sur les premières opérations militaires le long de la frontière entre l'Italie et l'Autriche-Hongrie et illustre l'arrivée de l'Italie aux côtés de la France par un dessin exaltant le rapprochement des deux pays face à l'ennemi commun.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Petit Parisien du 21 mai 1915. Aux cris de vive la guerre ! Le Petit Parisien choisit d'enrichir sa une avec les portraits des principaux acteurs de l'entrée en guerre de l'Italie. Le Parlement, et avec lui la nation toute entière semblent se rallier derrière le roi.

Le journal : Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il soutient la République, la laïcisation de la société et la séparation de l'Église et de l'État. Sous la direction de Jean Dupuy, le titre adopte un ton plus modéré. Le journal connaît un fort succès grâce à la qualité et à la variété de ses articles (politique, sports, faist-divers...). En 1940, le titre se replie en zone Sud puis revient à Paris. Collaborationniste, il disparaît en 1944.

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Une du Rappel du 23 mai 1915. Contre les barbares : Evviva l'Italia. Le Rappel, journal républicain, orne sa une des mêmes portraits : Victor-Emmanuel III, Salandra président du conseil et Sonnino, ministre des affaires étrangères. S'y ajoute le portrait du romancier Gabriele d'Annunzio qui prit publiquement position pour la guerre dans laquelle il s'illustrera à plusieurs reprises. L'article Evviva l'Italia oppose lui aussi, sans nuance et comme dans de nombreux autres journaux, le camp des barbares à celui des pays civilisés que vient de rejoindre l'Italie.

Le journal : Fondé en 1869 par l’entourage de Victor Hugo, Le Rappel rencontre rapidement un grand succès parmi un public d’étudiants, d’ouvriers et d’artisans. Républicain et fortement anticlérical, le journal se caractérise par son radicalisme et son ton tranché. Dans les années 1880, la concurrence de La Lanterne, La Marseillaise ou La Justice diminue son influence.

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Une du Miroir du 23 mai 1915. Les premiers soldats italiens mobilisés à la frontière. Le Miroir, hebdomadaire lancé en 1912, se consacre presque exclusivement au reportage photographique, et n'hésite pas, afin de ne pas dépendre totalement du service photographique des Armées, à faire appel aux contributions de ses lecteurs, précisant sous sa manchette : "Le Miroir paie n'importe quel prix les documents photographiques relatifs à la guerre, présentant un intérêt particulier". Le choix de la photographie illustrant l'entrée en guerre de l'Italie paraît étrangement paradoxal comparé aux représentations plus valorisantes généralement choisies : un soldat solitaire, au regard mélancolique, semble attendre, résigné, les premiers combats.

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Le Miroir du 27 juin 1915, page 5. Les belles émotions du départ en Italie. Les images du départ des troupes italiennes ne peuvent manquer de rappeler aux lecteurs français les mêmes scènes vécues par eux presque un an plus tôt.

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  • Une de l'Action Française du 23 mai 2015.
  • Une de l'Echo de Paris du 22 mai 1915.
  • Une du Gaulois du 21 mai 1915.
  • Une de l'Humanité du 21 mai 1915.
  • Une du Matin du 23 mai 1915
  • Une du Petit Journal du 27 mai 1915
  • Une du Petit Parisien du 21 mai 1915.
  • Une du Rappel du 23 mai 1915.
  • Une du Miroir du 23 mai 1915
  • Le Miroir du 27 juin 1915, page 5.
informations
Auteur
  • Laurent Arzel
    BnF
sources
Bibliothèque nationale de France
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