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Dans les collections presse et périodiques de la BnF : le Chemin des Dames

Tout comme Verdun ou le fort de Douaumont, le Chemin des Dames marque durablement la mémoire collective, au-delà de l'importance stratégique des opérations militaires qui s'y déroulent. L'offensive Nivelle, lancée contre l'avis de la plupart des généraux le 24 avril 1917 dans un secteur situé entre Laon et Soissons, se solde par un échec cuisant, toute tentative de percée se révélant inefficace dans la configuration de la guerre des tranchées. La bataille du Chemin des Dames met hors de combat près de 180 000 hommes, dont les trois quarts sont des soldats français. Après les combats meurtriers de Verdun, cette nouvelle opération est perçue comme une preuve supplémentaire de l'incurie de l'état-major, prêt à sacrifier des milliers d'hommes pour quelques centimètres de terrain gagnés. Elle ébranle profondément l'opinion publique à l'arrière et le moral des troupes sur le front, allant jusqu'à déclencher une série de mutineries au printemps 1917. Nivelle est relevé de son commandement le 15 mai. Il est remplacé par le général Pétain qui planifie des manoeuvres beaucoup moins coûteuses en vies humaines. Le Chemin des Dames est repris aux Allemands au mois d'octobre.

Voici une sélection commentée d'articles des journaux de l'époque consacrés au Chemin des Dames qui proviennent des collections presse et périodiques de la BnF. Chaque légende renvoie vers le document complet sur Gallica >>

L'Humanité du 6 mars 1917, page 5.

L'Humanité du 6 mars 1917, page 5. Le feu, Compère-Morel. En 1917, les discours exagéremment optimistes sur l'issue du conflit ne trompent plus personne. La parution polémique du roman "Le Feu" d'Henri Barbusse, prix Goncourt 1916 et récit autobiographique d'une expérience sur le front, a largement contribué à éclairer les consciences. Les "bourreurs de crâne" dénoncés par le socialiste Compère-Morel sont les principaux titres de presse d'information dont le ton patriotique élude encore les horreurs de la guerre et le cauchemar vécu par les combattants.

Le journal : Fondé par le socialiste Jean Jaurès en décembre 1904, L'Humanité soutient les revendications ouvrières, marque son hostilité face à l'engagement français au Maroc et affiche son pacifisme. Après la mort de Jaurès, il soutient cependant le gouvernement de guerre. En 1920, à l'issue du Congrès de Tours, le journal rompt avec le réformisme pour rejoindre le communisme révolutionnaire. Le 26 août 1939, le journal est saisi.

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Une de L'Action Française du 15 avril 1917. La part du combattant aujourd'hui et demain, Charles Maurras. Estimant que les sacrifices du Poilu, "ouvrier de la victoire", ne sont pas récompensés à leur juste valeur, Charles Maurras mène un campagne active en faveur d'une caisse de primes militaires intitulée "la part du Poilu". L'objectif visé est d'associer matériellement les combattants aux bénéfices d'une victoire encore hypothétique grâce à une levée de fonds auprès de la population civile. Les principaux souscripteurs se trouvent dans le camp des royalistes.

Le journal : Fondé par Charles Maurras et Léon Daudet, le journal s'affirme rapidement comme le fleuron de la presse nationaliste et anti-républicaine. Son ton provocateur asseoit son succès. Violemment antisémite et antimaçonnique, il fédère l'ensemble de la droite conservatrice jusqu'en 1926, date à laquelle il est mis à l'index par le pape. Le soutien qu'il apporte à Vichy lui vaut d'être interdit en 1944.

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Une du Petit Journal du 17 avril 1917. Notre offensive déclenchée. Le lancement de l'offensive Nivelle est annoncé en Une du Petit Journal. Les informations revêtant une importance tactique (unités militaires, noms de responsables du commandement) ont été censurées.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Petit Parisien du 18 avril 1917. La bataille s'étend à l'est de Reims. A quelques jours du début de l'offensive Nivelle, le Petit Parisien fait état d'une intensification des affrontements sur le secteur du Chemin des Dames. L'image du général Pétain apparaît pour la première fois dans le journal.

Le journal : Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il soutient la République, la laïcisation de la société et la séparation de l'Église et de l'État. Sous la direction de Jean Dupuy, le titre adopte un ton plus modéré. Le journal connaît un fort succès grâce à la qualité et à la variété de ses articles (politique, sports, faist-divers...). En 1940, le titre se replie en zone Sud puis revient à Paris. Collaborationniste, il disparaît en 1944.

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Une du Gaulois du 24 avril 1917. Communiqués officiels et caricature anti-allemande à la Une du Gaulois, dessin d'Abel Truchet. Tandis que le communiqué officiel dénote une "grande activité des deux artilleries" sur le secteur du Chemin des Dames, une caricature d'Abel Truchet  raille les manœuvres diplomatiques de l'empereur Guillaume II en direction de la Russie.

Le journal : Créé en 1868 par Edmond Tarbé des Sablons et Henri de Pène, le titre est repris en 1882 par le monarchiste Arthur Meyer. Il devient alors un journal mondain influent parmi la noblesse et la haute bourgeoise. Boulangiste et antidreyfusard, le titre voit son influence s'amoindrir malgré quelques nouveautés comme une chronique sur le cinéma. Il disparaît en 1929, un an après son rachat par François Coty.

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Une de l'Action Française du 29 avril 1917. La ligne Hindenbourg : ce qu'est ce fameux fossé. La ligne Hindenbourg est un système de défense en profondeur employé par les Allemands à partir de septembre 1916. Il se matérialise par la construction de zones fortifiées s'étalant entre la mer du Nord et Verdun. Les positions allemandes, enterrées dans le sol, résistent ainsi aux bombardements. Le dispositif se révèle extrêmement meurtrier et diminue considérablement les chances de succès d'une percée du front.

Le journal : Fondé par Charles Maurras et Léon Daudet, le journal s'affirme rapidement comme le fleuron de la presse nationaliste et anti-républicaine. Son ton provocateur asseoit son succès. Violemment antisémite et antimaçonnique, il fédère l'ensemble de la droite conservatrice jusqu'en 1926, date à laquelle il est mis à l'index par le pape. Le soutien qu'il apporte à Vichy lui vaut d'être interdit en 1944.

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Une du Petit Parisien du 30 avril 1917. Le général Pétain nommé chef d'état-major général, Lieutenant-colonel Rousset. Le général Pétain est nommé chef de l'Etat-major général. L'article du Petit Parisien évoque pudiquement les "défectuosités [de] certains services [et] la meilleure utilisation de certains chefs", sans que le nom du général Nivelle soit explicitement mentionné.

Le journal : Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il soutient la République, la laïcisation de la société et la séparation de l'Église et de l'État. Sous la direction de Jean Dupuy, le titre adopte un ton plus modéré. Le journal connaît un fort succès grâce à la qualité et à la variété de ses articles (politique, sports, faist-divers...). En 1940, le titre se replie en zone Sud puis revient à Paris. Collaborationniste, il disparaît en 1944.

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Une du Figaro du 30 avril 1917. Le général Pétain, chef d'Etat-major général au ministère de la Guerre, Alfred Capus, de l'Académie française. Alfred Capus, rédacteur en chef du Figaro, se félicite de la nomination du général Pétain, qui rétablit selon lui le lien entre le Grand Quartier Général et le gouvernement, c'est-à-dire entre pouvoir militaire et pouvoir politique.

Le journal : Apparu en 1826, Le Figaro renaît en 1854 avec Hippolyte de Villemessant. Le journal se caractérise par ses reportages en France et à l'étranger qui lui assure le succès. Conservateur, le journal prend position contre Dreyfus. Il bénéficie de la collaboration de nombreuses personnalités du monde des lettres. Le journal cesse de paraître en 1942 à la suite de l'occupation allemande de la zone Sud.

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Une du Figaro du 6 mai 1917. De l'autorité et la discipline, Gabriel Hanotaux, de l'Académie française. "Quand les hommes ont la foi, l'obéissance devient pour eux une passion". Gabriel Hanotaux associe les revirements de l'opinion à une soi-disant hypersensibilité et une "vive intelligence" du peuple français, tout en exemptant le commandement du moindre soupçon de culpabilité. Il n'est bien sûr fait aucune mention des cas de mutineries survenus dès le mois d'avril.

Le journal : Apparu en 1826, Le Figaro renaît en 1854 avec Hippolyte de Villemessant. Le journal se caractérise par ses reportages en France et à l'étranger qui lui assure le succès. Conservateur, le journal prend position contre Dreyfus. Il bénéficie de la collaboration de nombreuses personnalités du monde des lettres. Le journal cesse de paraître en 1942 à la suite de l'occupation allemande de la zone Sud.

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Une du Petit Parisien du 16 mai 1917. Le général Pétain nommé généralissime, Lieutenant-colonel Rousset. Pétain est nommé commandant en chef des armées françaises en remplacement de Nivelle. Les consignes de censure de la presse évoluent. Les récits de soldats publiés dans la presse se font plus réalistes et moins emphatiques, notamment pour renforcer le lien entre le front et l'arrière et donc la cohésion nationale.

Le journal : Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il soutient la République, la laïcisation de la société et la séparation de l'Église et de l'État. Sous la direction de Jean Dupuy, le titre adopte un ton plus modéré. Le journal connaît un fort succès grâce à la qualité et à la variété de ses articles (politique, sports, faist-divers...). En 1940, le titre se replie en zone Sud puis revient à Paris. Collaborationniste, il disparaît en 1944.

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Une du Petit Journal du 24 octobre 1917. La conquête des cavernes, Albert Londres. Le célèbre reporter Albert Londres décrit les anciennces carrières d'extraction de pierre qui ont été aménagées pour l'usage des armées. Exiguës et humides, elles font office de lieu de refuge et de protection pour les soldats et communiquent parfois avec les tranchées.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Figaro du 24 octobre 1917. La victoire continue au Chemin des Dames, Polybe (Jacques Reinach). L'annonce de l'issue victorieuse de la bataille du Chemin des Dames se fait bien discrète alors que Polybe, alias Jacques Reinach, livre en une ses "méditations sur l'anniversaire de Douaumont".

Le journal : Apparu en 1826, Le Figaro renaît en 1854 avec Hippolyte de Villemessant. Le journal se caractérise par ses reportages en France et à l'étranger qui lui assure le succès. Conservateur, le journal prend position contre Dreyfus. Il bénéficie de la collaboration de nombreuses personnalités du monde des lettres. Le journal cesse de paraître en 1942 à la suite de l'occupation allemande de la zone Sud.

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© Gallica/BnF
  • L'Humanité du 6 mars 1917, page 5.
  • Une de L'Action Française du 15 avril 1917.
  • Une du Petit Journal du 17 avril 1917.
  • Une du Petit Parisien du 18 avril 1917.
  • Une du Gaulois du 24 avril 1917.
  • Une de l'Action Française du 29 avril 1917.
  • Le Petit Parisien du 30 avril 1917.
  • Une du Figaro du 30 avril 1917.
  • Une du Figaro du 6 mai 1917.
  • Une du Petit Parisien du 16 mai 1917.
  • Une du Petit Journal du 24 octobre 1917.
  • Une du Figaro du 24 octobre 1917.
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Auteur
  • Catherine Blum
    BnF
sources
Bibliothèque nationale de France
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