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Dans les collections presse et périodiques de la BnF : l'attentat de Sarajevo

Le 28 juin 1914, l'Archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, et son épouse la duchesse de Hohenberg sont assassinés à Sarajevo par des nationalistes serbes lors d'une visite d'inspection. Depuis près d'un siècle cet évènement dramatique est présenté comme l'évènement déclencheur de la Première Guerre mondiale. En effet, l'exacerbation des tensions nationalistes dans l'Europe centrale et balkanique, une monarchie austro-hongroise déclinante et le jeu des alliances stratégiques et diplomatiques précipitent en un mois le continent dans la guerre. Pourtant, à l'annonce de l'attentat, la presse française de l'époque n'entrevoit pas la gravité de la situation.Traité comme un dramatique fait divers mondain, ou au mieux comme l'annonce de problèmes politiques internes à l'empire austro-hongrois, rares sont les journalistes qui entrevoient une issue militaire entraînant l'Europe dans la guerre. En moins de quatres jours, l'évènement a quitté les unes. L'importance accordée par les journaux au suivi des chancelleries européennes et aux débats de parlementaires, qui ne croyaient pas à l'imminence d'un conflit, peut expliquer cette cécité a posteriori étonnante.

Voici une sélection commentée d'articles des journaux de l'époque consacrés à l'attentat de Sarajevo qui proviennent des collections presse et périodiques de la BnF. Chaque légende renvoie vers le document complet sur Gallica >>

Une de l'Action Française du 29 juin 1914.

Une de l'Action française du 29 juin 1914. L'assassinat de l'Archiduc héritier d'Autriche, Jacques Bainville. L'Action française se livre à un panégyrique de la monarchie autrichienne, dernière grande-monarchie catholique de l'Europe. Bainville s'inquiète toutefois des conséquences de l'attentat, et surtout s'atttriste de la disparition de celui que l'Action Française considérait comme le futur grand souverain européen, et comme un modèle politique, catholique, nationaliste et autoritaire.

Le journal : Fondé par Charles Maurras et Léon Daudet, le journal s'affirme rapidement comme le fleuron de la presse nationaliste et anti-républicaine. Son ton provocateur asseoit son succès. Violemment antisémite et antimaçonnique, il fédère l'ensemble de la droite conservatrice jusqu'en 1926, date à laquelle il est mis à l'index par le pape. Le soutien qu'il apporte à Vichy lui vaut d'être interdit en 1944.

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Une de L'Aurore du 29 juin 1914. Le meurtre de Sarajevo, Maxime Vuillaume. L'Aurore centre son analyse autour des conséquences possibles pour la monarchie austro hongroise. Circonscrite à l'Empire, la crise ne semble pas devoir déboucher au niveau international.  On remarquera que l'ancien communard  MaximeVuillaume se répand avec violence contre l'anarchisme et ses partisans.

Le journal : Fondé par Ernest Vaughan en 1897, cet organe républicain de tendance socialiste est d'abord animé par Clemenceau. Son départ en 1906 réduit l'audience du journal qui disparaît en 1914.

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Une de L'Aurore du 29 juin 1914. L'assassinat de l'Archiduc héritier d'Autriche. L'Aurore centre son analyse autour des conséquences possibles pour la monarchie austro hongroise. Circonscrite à l'Empire, la crise ne semble pas devoir déboucher au niveau international.  On remarquera que l'ancien communard  MaximeVuillaume se répand avec violence contre l'anarchisme et ses partisans.

Le journal : Fondé par Ernest Vaughan en 1897, cet organe républicain de tendance socialiste est d'abord animé par Clemenceau. Son départ en 1906 réduit l'audience du journal qui disparaît en 1914.

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Une de La Croix du 30 juin 1914. Races tragiques, R.T. Tout empreint de piété doloriste, La Croix revient sur le destin tragique de l'Autriche Hongrie. Le journal craint en effet que cet attentat n'affaiblisse cette monarchie catholique, dont la Croix souhaitait le rapprochement et  l'influence sur la politique de la France contre l'Allemagne. Sans surprise donc l'article tourne au panégyrique de François Joseph, représenté dans son martyr familial comme une figure christique.

Le journal : Mensuel fondé en 1880 par les Assomptionnistes, quotidien dès 1883, La Croix adopte le style et le contenu de la presse populaire. Titre conservateur, le journal est anti-dreyfusard mais aussi antisémite puis modère peu à peu ses positions. Réfugié en zone Sud, le titre refuse de se saborder.

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Page 1 et 2 de La Croix du 30 juin 1914. Un jeune serbe, élève de rhétorique, assasine à Sarajevo (Bosnie) de deux coups de révolver l'Archiduc héritier d'Autriche et sa femme ; on croit à un complot. Le soutien affirmé aux revendications serbes, est ici tel que la référence à l'anarchisme de Prinzip est presque éludée.

Le journal : Mensuel fondé en 1880 par les Assomptionnistes, quotidien dès 1883, La Croix adopte le style et le contenu de la presse populaire. Titre conservateur, le journal est anti-dreyfusard mais aussi antisémite puis modère peu à peu ses positions. Réfugié en zone Sud, le titre refuse de se saborder.

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Une de l'Echo de Paris du 29 juin 1914. Assassinat de l'Archiduc héritier d'Autriche François-Ferdinand et de sa femme. Sans toutefois être hagiographique, l'Echo livre le plus flamboyant portrait de l'archiduc assassiné publié ce jour. L'article articule son propos autour de la personnalité "atypique" de François-Ferdinand, relatant force anecdotes et potins de cours. On y apprend les convictions antisémites et anti- calvinistes de celui qui fut l'espoir des conservateurs autrichiens, dont le très antisémite maire  de Vienne, Lueger.

Le journal : Lancé par Valentin Simond en 1884, il tarde à rencontrer le succès malgré un contenu varié traité de façon légère. Le journal mène une campagne anti-dreyfusarde : son contenu perd rapidement tout caractère grivois pour exprimer les idées de la droite nationaliste et conservatrice tout en faisant la part belle à l'actualité littéraire et artistique. Fortement patriote, le journal soutient Clemenceau durant la Conférence de paix de Versailles. En 1940, le titre se replie en zone Sud avant de se saborder en 1942.

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Troisième page de l'Echo de Paris du 29 juin 1914. L'Echo de Paris prends ensuite le poul de la situation internationale suite à l'attentat en publiant différentes brêves montrant les réactions des chancelleries allemandes et italiennes. La consternation relative à la disparition des victimes l'emporte sur toutes considérations politiques, qui ne sont qu'à peine suggérées.

Le journal : Lancé par Valentin Simond en 1884, il tarde à rencontrer le succès malgré un contenu varié traité de façon légère. Le journal mène une campagne anti-dreyfusarde : son contenu perd rapidement tout caractère grivois pour exprimer les idées de la droite nationaliste et conservatrice tout en faisant la part belle à l'actualité littéraire et artistique. Fortement patriote, le journal soutient Clemenceau durant la Conférence de paix de Versailles. En 1940, le titre se replie en zone Sud avant de se saborder en 1942.

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Une du Figaro du 29 juin 1914. Double attentat. L'Archiduc héritier d'Autriche et sa femme assassinés en Bosnie. Une bombe et deux coups de révolver. Le Figaro se distingue en présentant les problèmes issus de la revendication nationale serbe dans les Balkans au travers d' articles traitant des problèmes dynastiques austro hongrois.

Le journal : Apparu en 1826, Le Figaro renaît en 1854 avec Hippolyte de Villemessant. Le journal se caractérise par ses reportages en France et à l'étranger qui lui assure le succès. Conservateur, le journal prend position contre Dreyfus. Il bénéficie de la collaboration de nombreuses personnalités du monde des lettres. Le journal cesse de paraître en 1942 à la suite de l'occupation allemande de la zone Sud.

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Une du Gaulois du 29 juin 1914. L"assassinat de l'Archiduc héritier d'Autriche. Destin tragique, Arthur Meyer. Fervent monarchiste et catholique, le directeur du Gaulois Arthur Meyer livre ici un article fort littéraire et peu politique sur le destin tourmenté de la dynastie austro-hongroise.

Le journal : Créé en 1868 par Edmond Tarbé des Sablons et Henri de Pène, le titre est repris en 1882 par le monarchiste Arthur Meyer. Il devient alors un journal mondain influent parmi la noblesse et la haute bourgeoise. Boulangiste et antidreyfusard, le titre voit son influence s'amoindrir malgré quelques nouveautés comme une chronique sur le cinéma. Il disparaît en 1929, un an après son rachat par François Coty.

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Une de Gil Blas du 29 juin 1914. L'Archiduc héritier d'Autriche assassiné, Henri Villiers. Article évaluant surtout les conséquences géopolitiques pour l'Autriche Hongrie, avec soutien de la France à la Serbie. L'Archiduc y était vu, en tant que catholique, comme un partenaire potentiel de la France face à l'Allemagne.

Le journal : Fondé en 1879 par Auguste Dumont, le Gil Blas invite dans ses colonnes de nombreuses plumes (Maupassant, Catulle Mendès, Armand Sylvestre) qui lui confèrent une tonalité littéraire. Toutefois, son caractère grivois et échotier fait recette non sans susciter le scandale. A partir de 1888, des bouleversements successifs de rédaction affaiblissent fortement son audience.

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Une de Gil Blas du 29 juin 1914. L'Archiduc François Ferdinand, Louis Peltier. Bien dans le style du Gil Blas, ironique et parisien, Louis Peltier délivre un article caustique qui fait la part belle au déclin de la famille Habsbourg.

Le journal : Fondé en 1879 par Auguste Dumont, le Gil Blas invite dans ses colonnes de nombreuses plumes (Maupassant, Catulle Mendès, Armand Sylvestre) qui lui confèrent une tonalité littéraire. Toutefois, son caractère grivois et échotier fait recette non sans susciter le scandale. A partir de 1888, des bouleversements successifs de rédaction affaiblissent fortement son audience.

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Une de L'Humanité du 29 juin 1914. L'Archiduc héritier d'Autriche et sa femme meurent, victimes d'un attentat, Fabra Ribas. Sans surprises hostile à la politique des têtes couronnées en Europe, et peu enclin à la compassion à leur égard, l'Humanité, journal socialite, centre toutefois curieusement ses attaques sur l'épouse défunte de François-Ferdinand. Dans un article à charge, celle-ci y est accusée d'avoir eu, via son mari une influence néfaste sur la politique extérieure de L'Autriche. Feu François-Ferdinand est présenté comme un belliciste et un danger pour la paix, danger qui semble toutefois ici écarté.

Le journal : Fondé par le socialiste Jean Jaurès en décembre 1904, L'Humanité soutient les revendications ouvrières, marque son hostilité face à l'engagement français au Maroc et affiche son pacifisme. Après la mort de Jaurès, il soutient cependant le gouvernement de guerre. En 1920, à l'issue du Congrès de Tours, le journal rompt avec le réformisme pour rejoindre le communisme révolutionnaire. Le 26 août 1939, le journal est saisi.

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Page 3 de L'Humanité du 29 juin 1914. L'attentat de Sarajevo provoque une profonde émotion en Allemagne, Fabra Ribas. Ce deuxième article évoque les tensions nationales dans la région des Balkans, et appelle à un necessaires réajustement de la politique internationale suite à l'attentat. Mais celui-ci est vu comme le pic de la crise, et non comme le premier évènement menant à un conflit.

Le journal : Fondé par le socialiste Jean Jaurès en décembre 1904, L'Humanité soutient les revendications ouvrières, marque son hostilité face à l'engagement français au Maroc et affiche son pacifisme. Après la mort de Jaurès, il soutient cependant le gouvernement de guerre. En 1920, à l'issue du Congrès de Tours, le journal rompt avec le réformisme pour rejoindre le communisme révolutionnaire. Le 26 août 1939, le journal est saisi.

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Une de L'Intransigeant du 29 juin 1914. Un attentat politique. François Ferdinand, archiduc héritier d'Autriche et l'Archiduchesse, viennent d'être assassinés. De droite et nationaliste, l'Intransigeant s'inquiéte des conséquences géopolitiques de l'attentat plus qu'il ne déplore la disparition des défunts. Le journal se montre  hostile envers François-Ferdinand, tenu pour responsable des tensions entre allemands, slaves et hongrois de l'Empire.

Le journal : Lancé en 1880, le journal suit les évolutions politiques de son directeur, Henri Rochefort. Successivement socialiste, boulangiste et nationaliste, le journal est anti-dreyfusard. Passé progressivement sous la direction de Léon Bailby, il maintient sa position jusqu'en 1930 avant de décliner puis de se saborder en 1940.

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Une de La Lanterne du 29 juin 1914. L'agonie d'un empire. D'origine radicale et républicaine, la Lanterne est au soir de l'attentat un des journaux français les plus critiques sur la politique internationale de l'Archiduc François-Joseph, dont l'assassinat est présenté ici comme une funeste retombée. Le journal est un des seuls à exprimer sa crainte d'un conflit balkanique entraînant l'europe dans la guerre.

Le journal : Journal radical fondé en 1877 par Eugène Mayer, La Lanterne rencontre le succès grâce à ces campagnes de presse sensationnelle et soutient Boulanger. Racheté en 1895, le journal est successivement dirigé par Aristide Briand, Millerand et Viviani. Fortement anticlérical, le journal voit son influence s’éroder dans l’Entre-deux-guerres.

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Une de La Lanterne du 29 juin 1914. La tragédie de Sarajevo. C'est sans surprise que la Lanterne, connue pour son anticléricalisme féroce, se distingue de ses confrères en attaquant vivement la personne de l'Archiduc défunt,  dépeint comme un catholique fanatique et un autocrate.

Le journal : Journal radical fondé en 1877 par Eugène Mayer, La Lanterne rencontre le succès grâce à ces campagnes de presse sensationnelle et soutient Boulanger. Racheté en 1895, le journal est successivement dirigé par Aristide Briand, Millerand et Viviani. Fortement anticlérical, le journal voit son influence s’éroder dans l’Entre-deux-guerres.

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Une du Matin du 29 juin 1914. L'archiduc héritier d'Autriche et son épouse morganatique sont assassinés dans la capitale de la Bosnie. Comme souvent avec le Matin, le goût pour le sensationnel et la divulgation de détails supposés intimes de la vie des personnalités oriente l'article  sur le fait divers (ici le malheur des Habsbourgs et de François-Joseph en particulier) et peu sur la politique internationale.

Le journal : Lancé en 1884 par Sam Chamberlain, il rencontre un vif succès grâce à son ton accrocheur et original sous la direction de Maurice Bunau-Varilla. Nationaliste et antiparlementaire, il mène de grandes campagnes contre les « affaires », grâce à un ton accrocheur et à de grandes campagnes autour des "affaires". Proche de l'extrême-droite, Le Matin se rallie à l'occupant en 1940 et disparaît à la Libération.

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Une de L'Ouest-Eclair du 29 juin 1914. L'archiduc et l'archiduchesse d'Autriche sont assassinés par un étudiant serbe. L'article reconstitue avec minutie le parcours fatal du couple à Sarajevo au travers des dépêches des correspondants. Celles-ci traitent presque à égalité des motivations et des origines des auteurs de l'attentat.

Le journal : Créé par l'abbé Trochu et Emmanuel Desgrées du Lou, le journal se veut une alternative aux titres conservateurs ou anti-cléricaux. Proche du catholicisme social, le titre privilégie les faits régionaux. Le succès permet de multiplier les éditions locales. Sous l'Occupation, le journal adopte un ton maréchaliste. Il est remplacé par Ouest-France à la Libération.

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Une du Petit Journal du 29 juin 1914. L'Archiduc héritier d'Autriche et sa femme ont été assassinés hier à Sarajevo en Bosnie. L'article s'équilibre entre une présentation doloriste des malheurs des Habsbourgs et des considérations géopolitiques limitées à l'Empire austro-hongrois. Le projet politique de l'Archiduc est mis en avant, à savoir, selon le journal, la constitution d'un royaume d'Illyrie encadrant les aspirations des slaves du sud d'une part, et faire contrepoint aux revendications des hongrois dans l'Empire d'autre part. Le Petit Journal insiste lui aussi sur la dimension catholique de la politique de la cour de Vienne.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Petit Journal du 30 juin 1914. L'Archiduc François Ferdinand. Sans être hagiographique, l'éditorial revient sur la personnalité et le rôle de François-Ferdinand, prévoyant des tensions politiques et nationales dans les Balkans. Le Petit Journal exonère au passage la Serbie, allié de la France, et le temps d'une phrase évoque sans trop y croire les possibles atteintes à la paix dans le monde.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Petit Journal ; supplément illustré du 12 juillet 1914. La tristesse du vieil empereur : rien ne m'aura été épargné sur cette terre.

Le journal : Créé en 1884 pour concurrencer L'Illustration, le supplément du dimanche du Petit Journal fait la part belle aux faits divers, aux têtes couronnées et aux scandales qui font la Une. Deux illustrations pleine page en couleur ouvrent et ferment chaque numéro. Toutefois, le titre ne rencontre pas le succès espéré. En 1920, il reste pourtant le seul supplément du Petit Journal et change de nom pour devenir Le Petit Journal illustré.

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Une du Petit Parisien du 29 juin 1914. L'Archiduc François-Ferdinand et sa femme ont été assassinés hier à Sarajevo. Friand de faits divers, Le Petit Parisien présente l'événement sous la forme d'un drame familial doublé d'une enquête policière. La construction de la Une emprunte aux techniques du cinéma, avec mise en exergue des photos des défunts et de leurs successeurs, plan du drame, itinéraires reconstitués, photo panoramique et légendée de la ville. L'émotion est rappelée par un encart sous forme d'avis de décès, énumérant les nombreux deuils récents des habsbourgs.

Le journal : Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il soutient la République, la laïcisation de la société et la séparation de l'Église et de l'État. Sous la direction de Jean Dupuy, le titre adopte un ton plus modéré. Le journal connaît un fort succès grâce à la qualité et à la variété de ses articles (politique, sports, faist-divers...). En 1940, le titre se replie en zone Sud puis revient à Paris. Collaborationniste, il disparaît en 1944.

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Une de La Presse du 1er juillet 1914. Désordres sanglants en Bosnie. Après deux jours de publications de brèves et de dépêches factuelles décrivant l'attentat et ses victimes, La Presse est un des seuls quotidiens de Paris à continuer de suivre les conséquences du drame dans les Balkans. Elle relate l'exacerbation des tensions nationales entre serbes et croates de Bosnie et prévient des risques d'embrasement possibles entre les deux peuples, sans mentionner toutefois une possible extension hors des Balkans.

Le journal : Lancée en 1836 par Emile de Girardin, La Presse marque un tournant. La publicité permet de baisser les coûts et d'attirer un large public, par la qualité des articles du journal auquel Dumas, Gautier et Hugo collaborent. Discrédité par le faux scoop de l'atterrissage de Coli et Nungesser, le titre disparaît en 1932.

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Une du Rappel du 30 juin 1914. L'assassinat de l'Archiduc héritier d'Autriche-Hongrie ; L'impression en Europe. Si l'attentant de Sarajevo fait la une du Rappel, celui-ci accorde moins de place à la restitution du drame que certains de ses confrères. En revanche, il présente une analyse politique plus approfondie. Persuadé que ce fait aura de graves conséquences pour l'équilibre des relations internationales, le Rappel évoque la questions des alliances entre pays sans oser encore parler de guerre, mais "de grave éventualité", sous le signe de l'accélération des programmes militaires.

Le journal : Fondé en 1869 par l’entourage de Victor Hugo, Le Rappel rencontre rapidement un grand succès parmi un public d’étudiants, d’ouvriers et d’artisans. Républicain et fortement anticlérical, le journal se caractérise par son radicalisme et son ton tranché. Dans les années 1880, la concurrence de La Lanterne, La Marseillaise ou La Justice diminue son influence.

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Une du Siècle du 30 juin 1914. Après l'attentat de Sarajevo ; Violentes manifestations antiserbes, Georges Lechartier. Georges Lechartier, rédacteur du Siècle, se veut ici rassurant pour la paix en Europe. Malgré la remontée des tensions nationalistes au lendemain de l'attentat, la disparition de l'archiduc est vue ici comme l'effacement du parti de la guerre en Autriche. La faible personnalité du nouvel héritier du trône est ainsi présentée comme la garantie de la paix en Europe.

Le journal : En 1836, Armand Dutacq lance Le Siècle. Anticlérical, le titre émet des critiques vis-à-vis du régime monarchique. Sous le Second Empire, il fait figure de « Moniteur de l'opposition » et soutient Thiers. De 1874 à 1876, il est animé par Jules Simon ce qui n'empêche pas son net déclin. A partir de 1930, sa parution devient irrégulière. Il cesse de paraître en 1932.

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Une du Temps du 30 juin 1914. Le deuil de l'Autriche-Hongrie. Avec la modération qu'on lui connaît, le Temps dresse le portrait le plus nuancé de l'homme politique d'ampleur européenne qui vient de disparaître. Le journal insiste sur l'évolution de celui-ci qui fut le porte parole des interêts de l'état major autrichien, remarquant avec intérêt sa plus grande retenue avec les hongrois et les slaves, et la distance mise avec l'Allemagne.

Le journal : Lancé en 1861 par le libéral Auguste Neffzer, Le Temps est repris par Adrien Hébrard. Le journal se démarque par son important réseau de correspondants. Sa qualité et son sérieux sont unanimement reconnu. Républicain conservateur, il devient l'organe officieux de la diplomatie française. Il se saborde en 1942.

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  • Une de l'Action Française du 29 juin 1914.
  • L'Aurore du 29 juin 1914.
  • L'Aurore du 29 juin 1914.
  • La Croix du 30 juin 1914.
  • La Croix du 30 juin 1914.
  • Une de l'Echo de Paris du 29 juin 1914.
  • 3e page de l'Echo de Paris du 29 juin 1914.
  • Une du Figaro du 29 juin 1914.
  • Une du Gaulois du 29 juin 1914.
  • Une de Gil Blas du 29 juin 1914.
  • Une de Gil Blas du 29 juin 1914.
  • Une de L'Humanité du 29 juin 1914.
  • Page 3 de L'Humanité du 29 juin 1914.
  • Une de L'Intransigeant du 29 juin 1914.
  • Une de La Lanterne du 29 juin 1914.
  • Une de La Lanterne du 29 juin 1914.
  • Une du Matin du 29 juin 1914.
  • Une de L'Ouest-Eclair du 29 juin 1914.
  • Une du Petit Journal du 29 juin 1914.
  • Une du Petit Journal du 30 juin 1914.
  • Une du Petit Journal ; supplément illustré du 12 juillet 1914.
  • Une du Petit Parisien du 29 juin 1914.
  • Une de La Presse du 1er juillet 1914.
  • Une du Rappel du 30 juin 1914.
  • Une du Siècle du 30 juin 1914.
  • Une du Temps du 30 juin 1914.
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Auteur
  • Philippe Mezzasalma
    BnF
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Bibliothèque nationale de France
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