Trésors d'archives > Fonds Publics > Archives Municipales > Archives > En images : Dijon, une ville à l'arrière du front, 1917-1920

En images : Dijon, une ville à l'arrière du front, 1917-1920

A l'occasion de l'expostion "Une ville à l'arrière du front, Dijon 1917-1920" qui se tient jusqu'au 9 juillet 2017 (lire notre article), les Archives de la ville de Dijon ont sélectionné une série de documents iconographiques relatifs à la vie quotidienne des Dijonnais et à l'installation des Américains dans la région pendant la Première Guerre mondiale. 

Ticket pour la vente de pommes de terre

Dès le début de la guerre, une commission municipale du ravitaillement et de l’approvisionnement est créée. Son rôle a été particulièrement efficace dans la lutte contre les accapareurs et contre la flambée des prix, même si le prix des denrées alimentaires est en moyenne trois fois supérieur  en 1919 qu'en 1914. Les Dijonnais ont souffert à partir de 1917 de nombreuses restrictions. Une active politique d’assistance mise en place par la municipalité, en liaison avec des associations caritatives, a toutefois permis la distribution de pain, lait, charbon aux plus nécessiteux et aux réfugiés. Les difficultés d’approvisionnement se sont accentuées avec la durée du conflit. En janvier 1916, le comité consultatif d’action économique de la 8e région territoriale transfère son siège à Dijon.

© Archives de la Ville de Dijon

Au début de la guerre, Dijon est une place où les blessés sont évacués ; les soldats n’y restent que le temps de recevoir les premiers soins avant d’être transportés dans d’autres localités à l’arrière. Rapidement Dijon devient une place de répartition, les blessés y demeurent jusqu’à leur complète guérison. Le nombre important de ces soldats blessés dépasse les possibilités d’accueil des salles de l’hôpital. Des hôpitaux militaires complémentaires (HC) sont créés dans des locaux publics et privés. Le lycée Carnot est partiellement transformé en un hôpital complémentaire, HC 71, de 483 lits. Remarqué par la qualité de la salle de radioscopie et du service de neurologie, il est pourvu de deux annexes, les cliniques Bénigne Joly, rue Gagneraux et Sainte-Marthe, rue de la Préfecture.

© Archives de la Ville de Dijon

Connu sous le sobriquet, Poilus-palace, les espaces permettent de se restaurer à toute heure du jour et de la nuit pour une modeste participation, de se reposer ou de lire. Au 1er août 1916, 133 000 militaires de passage y ont été accueillis.

© Archives de la Ville de Dijon

L’administrateur de la société de secours aux blessés, Georges Richard, mentionne que près de 900 000 soupes et 1,5 million rations de pain y ont été distribuées au 1er mars 1918. La gare de Dijon est également un lieu de transit obligé pour les nombreuses familles d’évacués et de réfugiés ; elles peuvent bénéficier à partir de 1917 des services du Poilus-palace en complément des distributions de pain, fromage ou café opérées par les dames du comité côte-d’orient de la Croix-Rouge française.

© Archives de la Ville de Dijon

En 1917 et 1918, le réseau ferré bourguignon est renforcé pour faciliter l’acheminement des hommes et des équipements vers le front, tout comme leur retour vers les bases arrière. Le général John Pershing, commandant en chef du Corps expéditionnaire américain, établit son quartier général à Chaumont dans le département de la Haute-Marne.

© Archives de la Ville de Dijon

Le 23 juillet 1917, une compagnie de soldats-boulangers installe des magasins de production et des tentes à Longvic près de Dijon, à proximité de la voie ferrée. Ils cuisent des pains de campagne militaire, à la mie blanche et dense proche du pain de mie.

 

© Archives de la Ville de Dijon

La spectaculaire logistique de la Croix-Rouge américaine renforce le sentiment d’infériorité des associations dijonnaises. Malgré les réticences, la Croix-Rouge américaine jette son dévolu sur le gymnase municipal, rue Auguste Brulard, pour y asseoir son siège régional. La commission administrative des hospices de Dijon met à sa disposition les bâtiments d’une ancienne clinique, rue de la Prévôté. Un dispensaire pour les évacués et réfugiés de la zone des armées et les rapatriés des pays envahis y est ouvert en mars 1918 avec le concours des deux comités locaux de la Croix-Rouge française, la société de secours aux blessés et l’association des dames françaises ainsi que de médecins dijonnais.

Les administrateurs de la Croix-Rouge américaine obtiennent grâce à une forte insistance, la mise à disposition d’autres locaux municipaux : une partie des salles du conservatoire de musique et le cellier de Clairvaux où sont stockés les produits pharmaceutiques destinés aux hôpitaux. A la fin de l’année 1918, la déléguée, Mademoiselle de Langalerie indique dans son rapport d’activité que plus de 27 000 familles dijonnaises ou réfugiées ont été secourues. Il leur a en particulier été permis d’acquérir à prix modeste des vêtements, couvertures, chaussures ou encore du charbon dans les magasins du dispensaire. La Red Cross s’est également employée à réhabiliter des logements pour les réfugiés et à en faciliter l’ameublement. Avec l’aide de la municipalité et de la caisse des Ecoles, elle rouvre la colonie de Crépey où 50 fillettes réfugiées sont accueillies durant l’été 1918. Des orphelinats, comme celui de Domois, ou des hôpitaux tels celui d’Alise-Sainte-Reine reçoivent également des dons en nature de la Croix-Rouge américaine.

© Archives de la Ville de Dijon

Le 14 juillet 1917, l'Hôtel de Ville et les principaux bâtiments publics sont pavoisés de drapeaux alliés et américains. Une première fête de bienvenue est organisée au Foyer du soldat, rue des Fleurs, le 2 août 1917. Les Américains sont particulièrement sensibles à la présence d'une réplique en bronze de la statue de la Liberté signée Auguste Bartholdi dans la grande salle du foyer. D'autres manifestations permettent de mieux se connaître. A l'issue de la soirée offerte par le conseil municipal au théâtre, le 28 août 1917, mêlant morceaux de musique, chants et danses franco-américaines, la stupeur de la salle est totale lorsque les Sammies manifestent par des sifflets nourris, leur grande satisfaction. L'Independance Day est célébré avec faste les 4 juillet 1918 et 1919. Discours, lettres de remerciements, projections cinématographiques, conférences données par des universitaires américains ou français témoignent d'un réel souhait de rapprochement.

© Archives de la Ville de Dijon

En décembre 1917, la ville de Dijon propose des cours publics d'anglais, gratuits, ouverts à tous mais face à l'affluence, l'accès est restreint aux seuls professionnels et commerçants. Placés sous l'égide de l'Association des comptables, ils sont délivrés les lundi et vendredi à l'Ecole d'apprentissage, rue Marceau. En juillet 1918, le conseil municipal marque sa profonde reconnaissance de l’engagement des forces américaines en donnant le nom du Président Wilson à la place du Peuple.

© Archives de la Ville de Dijon

La vie sociale des soldats est habilement encadrée au sein de divers cercles : YMCA (Young men's christian association - association de la jeunesse chrétienne), French Home (foyer français), Detroit commandery n°1 Knights templar, (Commanderie des chevaliers templiers de Detroit). Des rencontres se déroulent dans des cafés et restaurants. Les Français découvrent les sports américains ou les rythmes endiablés du ragtime. L'activité des cinémas et music-halls est accrue. Les rencontres sportives attirent un large public et génèrent des bénéfices qui sont remis aux différentes sociétés de secours aux blessés ou aux réfugiés. Courses à pied, courses cyclistes, base-ball, combats de boxe animent le vélodrome, le champ de football de la Colombière ou le cirque Tivoli. Toutes ces manifestations sont intégrées à des programmes festifs variés de chants, danses et musiques populaires.

 

 

© Archives de la Ville de Dijon

Dès 1917, les relations franco-américaines oscillent entre attrait et rejet. Les attitudes des uns et des autres surprennent. La population est à la fois admirative du sens de l'organisation de l'armée américaine tout en regrettant une certaine condescendance. Les longues files de camions stationnant sur les boulevards font prendre conscience de l'inaptitude des rues à supporter cet intense trafic : on se plaint notamment des dégradations des chaussées.

© Archives de la Ville de Dijon

Le carré militaire du cimetière des Péjoces est l’un des plus importants de France. De nombreux soldats Américains y sont enterrés.

 

© Archives de la Ville de Dijon

En février 1919, le colonel Reeves étudie les modalités de transformation des hôpitaux d’Aiserey et de Beaune en établissements scolaires et universitaires. Il choisit d’installer une école supérieure d’agriculture à Aiserey (2 300 étudiants soldats) et une université temporaire à Beaune qui accueille des étudiants « qualifiés pour étudier en collège ou université ». 260 étudiants intègrent la section américaine de l’Université de Dijon en mars 1919 sous le commandement militaire du capitaine Robb et sont officiellement accueillis lors de la séance solennelle d’ouverture de la section américaine de l’université au théâtre municipal le 12 mars 1919.

© Archives de la Ville de Dijon
  • Ticket pour la vente de pommes de terre
  • Le lycée Carnot à Dijon, transformé en hôpital complémentaire.
  • Grande salle d’accueil du Poilus-Palace à la gare de Dijon.
  • Publicité pour la cantine des permissionnaires de l’Office central de secours aux blessés.
  • Portrait du général Pershing, médaille par Ovide Yencesse.
  • Boulangerie de campagne, Longvic.
  • Miss Field, déléguée de la Red Cross.
  • Programme de la soirée organisée par la Ville de Dijon en l’honneur de l’armée américaine le 28 août 1917.
  • Arrêté du 1er octobre 1918, prescrivant l’affichage en 2 langues des prix de ventes des denrées et des divers objets du commerce local.
  • Cirque Tivoli.
  • Stationnement des camions américains sur les boulevards.
  • Le cimetière américain aux Péjoces à Dijon.
  • Les responsables de la section américaine devant la faculté des lettres, rue Chabot-Charny à Dijon.
informations
sources
Archives municipales de Dijon
Diaporama (série d'images thématique)