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Les Archives départementales des Hautes-Pyrénées

Les Archives départementales des Hautes-Pyrénées ont sélectionné ces documents dans leur fonds 14-18.

Rapport du commissariat de la ville de Tarbes du 2 août 1914.

En date du 2 août 1914, ce rapport du commissariat de la ville de Tarbes relate l’attitude de la population à l’annonce de la déclaration de guerre et de la mobilisation. Il atteste notamment de l’esprit apparent d’union sacrée qui pouvait alors régner dans le pays ainsi que de l’efficacité de la propagande anti-allemande. Cote R 451.

© Archives départementales des Hautes-Pyrénées

Pris à la sortie des ateliers de l’arsenal de Tarbes, ce cliché illustre une réalité mal connue de la guerre à l’arrière : la présence massive de travailleurs coloniaux et étrangers dans les arsenaux et autres industries militaires, à côté des femmes et des retraités. À Tarbes, l’Arsenal employa ainsi plusieurs centaines d’ouvriers venus du Tonkin, de Madagascar ou encore de Chine. Cote 5 Fi 440/43.

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Établi en 1917, ce recensement des travailleurs coloniaux et étrangers fait état, aux côtés de nombreux ressortissants espagnols, de 38 travailleurs chinois tous employés à l’arsenal de Tarbes. Logés à la caserne Reffye, ces derniers arrivent en novembre 1916 et partent, pour la grande majorité d’entre eux, à Saint-Etienne à partir du mois de mars de l’année suivante. Cote 4 M 191.

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Ouvert en septembre 1914, le camp d’internement de Garaison a accueilli des civils allemands, austro-hongrois, tchèques ou encore ottomans. On y recense 806 internés en 1917, ressortissants de simple passage, résidents temporaires ou définitifs liés parfois par des mariages mixtes et dont les enfants nés français combattent sous les couleurs françaises. Comme en atteste ce registre tenu entre 1918 et 1919, ont également été internées dans ce camp des familles d’Alsaciens-Lorrains considérées à la fois comme des « français de l’extérieur et ressortissants de l’Empire allemand », tenus pour peu fiables et que l’on préféra enfermer pour la durée du conflit. Le camp de Garaison fonctionnera jusqu’au cours de l’année 1919, le temps d’assurer l’évacuation des derniers internés. Cote R 491.

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Pendant toute la durée du conflit, plusieurs centaines de ressortissants de la Triple Alliance ont transité par le camp d’internement de Garaison. Ce brassage de population a nécessité une administration quotidienne dont témoignent l’importante documentation conservée aux Archives départementales et certains objets tels que ces tampons. Cote R 494bis.

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Parmi les internés du camp de Garaison, on relève un nom célèbre, celui du docteur Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix en 1952 et emprisonné en raison de ses origines alsaciennes. Dans ce courrier en date du 24 décembre 1917, il fait part au directeur du camp, sa volonté d’exercer son métier auprès des malades internés comme le lui a autorisé le Préfet des Hautes-Pyrénées : « (…) Mr. le Préfet des Hautes-Pyrénées a bien voulu m’autoriser à donner des soins médicaux aux nombreux malades du grand camp d’internés. Vous avez jugé avec moi, qu’il y avait là une œuvre très utile à accomplir et vous m’avez approuvé quand je vous ai dit que j’hésitais à choisir entre la liberté qui s’offrirait au dehors de Garaison, et le bien que je pouvais faire dans l’enceinte du camp. Je viens aujourd’hui vous dire, que je voudrais me décider pour le devoir. Au moment où tous les médecins français parmi lesquels je compte des amis intimes, travaillent avec la dernière énergie pour suffire à l’immense tâche qui leur incombe, je trouverais égoïste, aussi longtemps que ma santé le permet, de ne rien faire, quand je vois une œuvre utile devant moi et que je puis prendre un petit morceau du fardeau sur moi ». Cote R 476bis, dossier individuel d’Albert Schweitzer.

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Arrivés en novembre 1917 à Garaison, Albert Schweitzer et son épouse resteront internés dans les Hautes-Pyrénées jusqu’à leur transfert à Saint-Rémy-de-Provence en mars de l’année suivante. Compte tenu de l’état de santé fragile de sa femme depuis leur séjour au Gabon, il sollicita d’être interné en Suisse, solution que refusa le Ministre de l’Intérieur. Ce dernier leur proposa alors de résider sous surveillance, dans le Midi de la France. Par ce courrier du 28 décembre 1917, le directeur du camp fait part au Préfet des Hautes-Pyrénées de la volonté finalement du docteur Schweitzer de demeurer finalement à Garaison pour « des considérations d’ordre humanitaire » tout en bénéficiant de mesures d’exception afin de pouvoir exercer son métier.  Cote R 476bis, dossier individuel d’Albert Schweitzer.

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Le département des Hautes-Pyrénées a accueilli plusieurs camps de prisonniers allemands qui n’ont toutefois eu qu’une vocation temporaire. Seul celui de Bonnefont semble avoir fonctionné durant une grande partie du conflit. Peu documenté, ce dépôt de prisonniers de Bonnefont est néanmoins connu par quelques photographies exceptionnelles à l’image de ce cliché pris dans le cimetière de Bonnefont lors de la célébration d’une messe à l’attention de prisonniers allemands. Pour cela, un autel temporaire a été construit, orné de divers tableaux. Deux prêtres assurent le service entourés de prisonniers allemands comme le précise le commentaire de la carte postale. Cote 5 Fi 95/3.

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Comme le document précédent, cette carte postale qui montre des prisonniers posant pendant une baignade dans la rivière Baïse, illustre un aspect méconnu de la vie des prisonniers de guerre allemands et soulève plusieurs questions : quelle était l’hygiène de ces hommes soumis à une promiscuité permanente ? Quelle était la part des loisirs pour ces hommes qui étaient souvent affectés à des travaux agricoles ou de force ? Cote 5 Fi 95/2.

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Prise en 1919 à l’angle de la place du Maubourguet à Tarbes (actuelle place de Verdun), cette photographie rappelle l’accueil triomphal réservé au maréchal Foch, considéré comme un héros national et comme l’un des vainqueurs de la guerre, dans sa ville d’origine. On remarque les arcs de triomphe et les maisons pavoisées sur le trajet suivi par le maréchal. De ce personnage, mort en 1929, subsistent à Tarbes sa maison natale, transformée en musée, une rare statue équestre au bout des Allées Leclerc (devant la caserne) ainsi que son nom donné à une des principales artères commerçantes de la ville. Cote 5 Fi 440/379

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Dessiné par Edmond Chrétien, le monument aux morts de la commune de Campan montre une statue de veuve bigourdane endeuillée sous son capulet, surplombant un piédestal formé de couronnes et de listes de soldats morts pour la France. Son socle est divisé en trois registres qui évoquent les trois quartiers de la commune (le Bourg, Sainte-Marie et la Séoube) et qui décrivent les trois activités économiques principales de Campan (l’exploitation du bois, la fabrication du beurre et la fileuse de laine). Il reste l’un des exemples les plus poignants et les plus originaux des monuments aux morts du département des Hautes-Pyrénées. Cote 5 Fi 123/118

© Archives départementales des Hautes-Pyrénées
  • Rapport du commissariat de la ville de Tarbes du 2 août 1914.
  • Ateliers de l’arsenal de Tarbes.
  • Recensement des travailleurs coloniaux et étrangers.
  • Registre du camp d’internement de Garaison.
  • Tampons du camp d’internement de Garaison.
  • Courrier d'Albert Schweitzer du 24 décembre 1917.
  • Courrier d'Albert Schweitzer du 28 décembre 1917.
  • Cimetière de Bonnefont, célébration d’une messe à l’attention de prisonniers allemands.
  • Prisonniers posant pendant une baignade dans la rivière Baïse.
  • Angle de la place du Maubourguet à Tarbes (actuelle place de Verdun).
  • Monument aux morts de la commune de Campan.
informations
sources
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