Trésors d'archives > Fonds Prives > Archives > Les archives de Renault

Les archives de Renault

Ce diaporama rassemble des photographies et des cartes postales d'époque issues des archives de Renault et de Renault Histoire. Il suggère les lieux, les fabrications, la vie au travail des hommes et des femmes de Renault durant ces quatre années tragiques.

Dès les premières semaines et tout au long de la Première Guerre mondiale, l'industrie a joué un rôle capital et, avec elle, l'innovation technologique, la volonté et la vitesse d'exécution, la mobilisation des hommes et des femmes. Renault et son propriétaire et dirigeant Louis Renault, indissociables durant cette période, ont eu des contributions majeures dont certaines sont connues : dans l'urgence, trouver un moyen et produire des obus ; développer et fabriquer un char léger en démontrant sa pertinence à une partie de l'armée. D'autres ne le sont pas : des productions d'armements, d'avions, de moteurs d'avions ; mais aussi les responsabilités personnelles de Louis Renault : pilote de Groupements de fabricants pour les obus, les armes légères, puis les chars ; coordonnateur des usines de la Seine ; interlocuteur industriel privilégié d'Albert Thomas et du Gouvernement,

À voir : pour relater cette période, l'association Renault Histoire a réalisé un documentaire interactif. En 20 chapitres et 25 dates, il présente d'une façon très originale les fabrications et l'évolution de l'entreprise, le rôle de Louis Renault et le volet social.

Billancourt, Rue du Vieux Pont de Sèvres et sortie des usines Renault.

Billancourt, rue du Vieux Pont de Sèvres et sortie des usines Renault. Billancourt avant 1914 est une commune encore très aérée, avec nombre de petites maisons et de jardins, dans laquelle fonctionnent déjà plusieurs usines : Renault, mais aussi des usines d'aviation. Cote B170bTA1

© Renault Histoire / Droits réservés

Billancourt, la ville, vue vers Sèvres. Erigée progressivement depuis 1900, l'usine Renault était entourée de pavillons et de petits immeubles. Avant guerre, une proportion élevée du personnel habite à proximité de l'usine. La haie de peupliers marque déjà la rive de la Seine. Pour développer ses fabrications durant le conflit, l'entreprise va tripler ses surfaces en rachetant progressivement les terrains mitoyens. Photo datée de 1912. Cote COE 19122030101.

© Renault - Communication / Droits réservés

Un atelier de fabrication avant guerre. Pas de chaines, mais un parc de machines actionnées par des ouvriers spécialisés formés et autonomes, et de nombreuses manutentions entre machines. Comme partout à l'époque, l'énergie est distribuée aux machines par un ensemble de poulies et de courroies entrainé par des machines à vapeur. Photo datée de 1909. Cote COE 19092050101.

© Renault - Communication / Droits réservés

La place nationale. Lieu emblématique de Billancourt et de Renault jusqu'à la fin de ses activités industrielles, "souk" à certaines périodes, la Place Nationale, ou Place Jules Guesde, a toujours été foisonnante. Les bâtiments de l'usine, dont D12 avec son château d'eau, sont facilement reconnaissables, la maison bourgeoise, encore en place, sera remplacée par un immense portail après guerre. Cote B170bTA4.

© Renault Histoire / Droits réservés

L'extension de l'usine, "ma Cabane Bambou". Durant la guerre, pour ériger en urgence des ateliers abritant les nouvelles fabrications pour l'armée, Renault achète au prix fort des terrains et en rase le bâti, en indemnisant les propriétaires et les occupants. Parmi d'autres, une blanchisserie sera longtemps réticente. Résultat, ce patchwork oblige à de multiples manutentions entre ateliers. Carte postale non datée. Cote B170bTA5.

© Renault Histoire / Droits réservés

Urgence absolue, produire des obus. Dès le déclenchement des hostilités, la pénurie des obus apparait, résultant de la violence inouïe du conflit et de sa durée imprévue. Sollicité dès le 8 ou 9 août par Messimy, Louis Renault propose un procédé de fabrication utilisant des machines de tournage très classiques. Le 20 octobre, il est nommé responsable du Groupement des fabriquant d'obus et Coordonnateur des usines de la Seine, soit près de 1000 entreprises et ateliers fin 1914, qui vont produire d'abord des obus, puis de multiples éléments d'armement. Photo datée de 1914. Cote COE 19152120301.

© Renault - Communication / Droits réservés

Le contrôle des obus par l'armée. Comme de nombreux autres éléments liés à l'armement et aux munitions, les obus font l'objet de nombreuses cartes postales qui alimentent le courrier intense entre les mobilisés et leurs familles. Ces supports sont un signe du patriotisme des français durant cette période. Dans les fabrications d'armes et de munition, la responsabilité finale restait aux arsenaux qui avaient l'exclusivité de la manipulation des explosifs et effectuaient des réceptions. Cote B170bTA7.

© Renault Histoire / Droits réservés

Soudure des ogives des obus. La fabrication des obus par tournage nécessitait de fixer l'ogive sur le tube usiné. En 1914, cette opération est très manuelle. Le procédé défini en urgence par Louis Renault aura permis d'éviter la pénurie de munitions, mais les obus réalisés ainsi sont moins fiables que ceux mono pièces réalisés par les arsenaux par emboutissage à chaud. Photo datée de 1914. COE19142010101.

© Renault - Communication / Droits réservés

La massivité des fabrications d'obus. Notamment du fait de la pénurie de munitions dès le début de la guerre, le front se stabilise, le conflit s'enterre pour 4 ans. Chiffre sidérant, la production d'obus en France dépassera 200 millions, 200 000 par jour. Impliqué sur beaucoup d'autres fabrications, Renault n'en a produit "que" 8 millions, mais cette fabrication monopolisait des surfaces très étendues et près d'un tiers des effectifs. Cote COE19162020102.

© Renault - Communication / Droits réservés

Femme manutentionnant des obus. Photo chargée de nombreux symboles de la fabrication d'obus : une femme jeune, peu de moyens de sécurité, un travail devant représenter des charges de travail très importantes au total d'une journée, vu l'absence de moyens de manutention. Photo datée du 24 novembre 1916. Cote COE 19162020102.

© Renault - Communication / Droits réservés

Les "munitionnettes" au contrôle. Durant les premières années du conflit, la fabrication des obus a représenté la principale activité de Renault, en nombre de personnes employées. Peu technique et automatisée, nécessitant des manutentions et de nombreux contrôles, elle était aussi l'activité la plus féminisée. L'effectif féminin de Renault a atteint de l'ordre de 20% du total du personnel de l'usine, très inférieur à la moyenne de l'industrie. Photo datée de 1915. Cote COE 19152050101.

© Renault - Communication / Droits réservés

Un atelier d'usinage en 1915. Plusieurs caractéristiques de l'époque transparaissent ici : de nombreuses femmes "aux machines" dans un très grand hall ; un pool de machines individuelles assez simples pour des usinages 'taylorisés' de petites pièces ; un système de poulies et courroies pour les actionner non sans risque en l'absence de protections individuelles des mains comme des yeux et de la tête. Photo datée de 1915. COE 19152090201.

© Renault - Communication / Droits réservés

La fonderie. Du fait de la forte intégration verticale voulue par Louis Renault, l'usine de Billancourt intégrait une aciérie, une forge, des fonderies produisant de nombreuses "pièces brutes". Sur l'ensemble de l'usine, plus de 10% des ouvriers étaient affectés à ces postes dits "chauds" dont les conditions de travail - environnement, chaleur, charges - étaient les plus dures du site, d'autant plus que, pour maximiser les productions, les usines d'armement ont longtemps tourné en continu avec deux équipes de 12 heures et peu de jours d'arrêt. Photo datée de 1916. Cote COE 19162120101.

© Renault - Communication / Droits réservés

Le 16 juin 1917, le bâtiment C4 s'effondre. Drame industriel dans la tragédie nationale, cette catastrophe fit 26 victimes, provoquant des accusations très violentes des média contre Louis Renault et son entreprise. De nombreuses cartes postales servirent de support de communication au quotidien entre les personnes séparées par le conflit : un exemplaire de cette carte fut posté le 18 juinà Meudon par une femme écrivant à son conjoint servant dans l'armée d'Orient. Daté du 18 juin 1917. Cote COD 19171200207.

© Renault - Communication / Droits réservés

La distribution du charbon. Durant le conflit, plusieurs initiatives d'entraide et associations furent organisées, dont certaines perdureront, à l'intention des femmes des mobilisés et de leurs enfants, et de celles travaillant à l'usine. Pour celles-ci en particulier, Renault avait organisé une coopérative distribuant des produits très diversifiés. Le personnel pouvait ainsi acheter facilement et à meilleur compte tous les produits de la vie quotidienne. Le charbon en faisait partie, alors que la pénurie et la priorité à l'armement en faisaient une denrée rare. Photo datée de 1917. Cote COD19171210101.

© Renault - Communication / Droits réservés

L'attente au dispensaire. L'entreprise mit en place un centre de soins permanent important - médecins, infirmerie, dentiste - accessible au personnel et à leur famille, et très utilisé. Les accidents du travail étaient nombreux à cette période, le personnel se faisait souvent soigner en début ou en fin d'équipe. L'activité du dentiste atteint près de 10 000 interventions en une seule année ! Photo datée de 1915. Cote COE19152040101.

© Renault - Communication / Droits réservés

La monnaie Renault. La pénurie de liquidité provoqua des difficultés pour le fonctionnement de l'économie locale. Pour y pallier, Renault, comme d'autres entreprises, émit une monnaie basée sur des pièces utilisables en priorité dans les échanges avec la coopérative, mais qui furent également acceptées par les commerces voisins. Cote B170bTA17.

© Renault Histoire / Droits réservés

Livraison d'une série de camions. Même si les moteurs restaient peu puissants, certains camions-tracteurs, notamment destinés à l'artillerie, donc à déplacer des canons lourds dans toutes les conditions de terrain, étaient déjà sophistiqués techniquement : 4 x 4, 4 roues directrices, treuils, garde-au-sol très élevée. Ce conflit est le premier au cours duquel la logistique a joué un rôle clé, comme la Voie Sacrée qui a approvisionné Verdun pendant 10 mois. Photo datée de 1914. Cote B170bT18.

© Renault Histoire / Droits réservés

Les ambulances pour les armées alliées. Durant le conflit, la France, premier producteur industriel suivi de près par l'Angleterre, approvisionna en matériels et équipement toutes les armées alliées, anglais, roumains, américains, italiens et également à l'Espagne. Très vite, Renault a livré les armées alliées. A leur entrée dans le conflit en 1917, les USA étaient très peu préparés, et Renault leur livrera également de l'armement, dont des chars avec lesquels le Général Patton fera ses premières expériences des blindés. Cote COD 19161050201.

© Renault - Communication / Droits réservés

Hall de montage de camions. Datée de 1918, ce hall de montage de carrosserie de camions démontre une industrialisation encore très manuelle, peu organisée et gérant une grande diversité. La fabrication des camions comportait deux activités distinctes : les châssis et organes mécaniques essentiellement métalliques ; la carrosserie, cabine et aménagements supérieurs, qui recourait beaucoup au bois à cette époque. Cote B170bT20.

© Renault Histoire / Droits réservés

Le décollage de l'aviation : les moteurs. Dès le tout début du conflit, l'aviation apparait comme stratégique pour l'observation des positions ennemies : début septembre 1914, l'aviation, en détectant l'inflexion vers l'Est et Meaux de Von Kluck, déclenche la bataille de la Marne. Son développement, aussi bien technologique que quantitatif, sera fulgurant, avions comme moteurs qui, de 70 CV au début du conflit, avoisineront les 450 CV à la fin. A partir de 1916 et Verdun, mais aussi en 1918, de nouveaux avions et moteurs équipant les alliés participeront au rétablissement de situations très difficiles. Montage de deux photos. Cotes COL 19125060101 / COL 19165020201.

© Renault - Communication / Droits réservés

Renault fabrique plus de 15 000 moteurs d'avions entre 1914 et 1918. La France était leader dans le domaine aéronautique avant 1914, en construction d'avions comme de moteurs ; ce secteur comptait de nombreuses entreprises. La fabrication de moteurs d'avions depuis 1907 évita la fermeture complète de l'usine Renault à la mobilisation. Sur la durée du conflit, cette activité porta sur 15 000 moteurs, pour un total de près de 95 000 assemblés en France, avec une évolution permanente, jusqu'à des prototypes Renault atteignant 600 CV fin 1918. Photo datée de 1916. Cote COE19162550101.

© Renault - Communication / Droits réservés

Renault fabricant d'avions : l'usine 0. Fin 1916, Renault crée l'usine O, près de la Porte de Saint Cloud, où on produira au total 1 500 avion, d'abord le AR, puis, sous licence, le Breguet 14. Les avions étaient assemblés à Boulogne, puis convoyés en éléments à Villacoublay pour essais et réception par l'armée. Essentiellement en bois et toile enduite au début de la guerre, ils évolueront pour utiliser du duralumin à partir du Breguet 14. L'activité aviation comptera plus de 3000 personnes, 20 % des effectifs de l'usine. Le développement technologique et quantitatif de l'aviation, comme son rôle militaire, ont été décisifs lors de ce conflit. Photo non datée, probablement de 1917. Cote B170bTA23.

© Renault Histoire / Droits réservés

L'usinage du guide du canon GPF (Grande Portée Filloux) de 155 mm. Dès mi-1915, Renault réalise l'usinage de nombreuses pièces de ce canon longue portée qui manquait cruellement à l'armée depuis le début du conflit. En termes d'industrialisation, Louis Renault avait apporté des simplifications d'usinages pour la réalisation de cette pièce très complexe bénéficiant d'une industrialisation plus sophistiquées, avec ici une machine Cincinnati importée. Comme d'autres industriels, Renault a fabriqué une partie de ses machines-outils durant le conflit, du fait des coûts élevés et des difficultés d'importation. Photo datée de 1918. Cote COE19182030101.

© Renault - Communication / Droits réservés

Le hall de l'artillerie. Pour la fabrication des pièces du GPF 155, un immense bâtiment, "l'artillerie", est construit en 1915 au sud de l'usine, le long de la Seine. Il sera également utilisé pour les chars FT 17. Ce hall de taille considérable restera exploité pour d'autres fabrications ou activités jusque vers 1990. Photo datée de 1917. Cote COE 19172040201.

© Renault - Communication / Droits réservés

La maquette du FT 17. Etonnante maquette du char, "occupée" par deux personnes et à l'arrière de laquelle les organes mécaniques sont visibles, pour étudier l'architecture de cet engin qui frappe par sa petite taille extérieure, l'une de ses qualités essentielles, et l'exiguïté de tout l'espace intérieur. Le projet de char léger et maniable démarra en août 1916. Il devint rapidement la priorité de Louis Renault, qui a dû constamment en défendre le concept contre de nombreuses instances militaires sceptiques. Photo de début 1917. Cote COZ 19179010201.

© Renault - Communication / Droits réservés

Louis Renault aux manettes du char. Tout au long du développement du Char FT 17, Louis Renault s'est impliqué en permanence sur son "objet", qu'il présentait fréquemment, se mettant lui-même aux commandes pour en démontrer les qualités à ses visiteurs : sa maniabilité grâce à sa relative légèreté et ses transmissions, l'efficacité de la tourelle tournant à 360°, et sa fiabilité de conception car, léger, il pouvait utiliser des moteurs existants. Photo datée du 8 mars 1918. Cote COD 19171050201.

© Renault - Communication / Droits réservés

L'atelier de montage des chars FT 17. La mise au point fut longue, sa fabrication très difficile. Après ses tergiversations, l'Etat en fera une priorité, commandera plus de 4 000 chars dont il répartira la fabrication avec Berliet, Somua et Delaunay-Belleville. Au total, près de 3 000 chars furent livrés aux armées. Ils entrèrent en action le 31 mai 1918, à un moment critique. Dès juillet 1918, Foch émettait un ordre général constatant "sa haute valeur offensive", pendant que Ludendorff lui-même constatait publiquement sa redoutable efficacité. Photo de 1918. Cote COE19182080101.

© Renault Histoire / Droits réservés
  • Billancourt, Rue du Vieux Pont de Sèvres et sortie des usines Renault.
  • Billancourt, la ville, vue vers Sèvres.
  • Un atelier de fabrication avant guerre.
  • La place nationale, lieu emblématique de Billancourt.
  • L'extension de l'usine, "ma Cabane Banbou".
  • Urgence absolue, produire des obus
  • Le contrôle des obus par l'armée
  • Soudure des ogives des obus.
  • La massivité des fabrications d'obus
  • Femme manutentionnant des obus
  • Les "munitionnettes" au contrôle
  • Un atelier d'usinage en 1915
  • La fonderie
  • Le 16 juin 1917, le bâtiment C4 s'effondre.
  • La distribution du charbon
  • L'attente au dispensaire
  • La monnaie Renault
  • Livraison d'une série de camions
  • Les ambulances pour les armées alliées.
  • Hall de montage de camions
  • Le décollage de l'aviation : les moteurs
  • Renault fabrique plus de 15 000 moteurs d'avions entre 1914 et 1918
  • Renault fabricant d'avions : l'usine 0
  • L'usinage du guide du canon GPF de 155 mm.
  • Le hall de l'artillerie
  • La maquette du FT 17
  • Louis Renault aux manettes du char
  • L'atelier de montage des chars FT 17
informations
sources
Renault Histoire
Diaporama (série d'images thématique)