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La vie du front vue par la presse satirique

L’offensive allemande sur la Marne provoque dans l’Hexagone une vague d’effroi résumée par une formule, répétée çà et là comme un mantra : « Pourvu qu’ils tiennent ! » Le souvenir de la guerre de 1870 fait peser sur les poilus une terrible responsabilité aux yeux des civils. Le 9 janvier 1915, un dessin de Forain paraît dans L’Opinion et provoque une polémique assez vive. Deux poilus conversent dans une tranchée : « Pourvu qu’ils tiennent ! », dit l’un d’eux. « Qui ça ? », réplique l’autre. « Les civils. »

Comme toutes les caricatures à succès, l’œuvre offre plusieurs interprétations distinctes. On vitupère contre le satiriste qui ose ainsi douter de la détermination des civils, et qui retourne le slogan de l’automne contre une population soupçonnée de mollesse ou de défaitisme. Aristide Bruant, Lucien Boyer et le chansonnier Polin prennent Forain à partie1. D’un autre côté, on peut arguer qu’il s’agit au contraire de mettre en évidence la cohésion de l’effort de guerre avec le combat propre des troupes, ce qui confère au dessin une dimension mobilisatrice. En plus de l’inquiétude des familles ou des inflexions de l’opinion publique, il se tisse entre l’avant et l’arrière une relation figée, fascinée qui voit les soldats soupirer sur la chance de ceux qui ne connaissent pas l’enfer des tranchées, tandis que les civils se lamentent sur les privations qu’eux-mêmes doivent endurer.

Les caricatures de presse s’emploient à exploiter un filon qu’elles amplifient considérablement, de même qu’elles doivent à tout prix convaincre de l’innocuité de l’ennemi. Quoi qu’il en soit, la guerre doit être drôle. La vie du front est croquée comme une suite de délassements de plein air, veine déjà traitée par la carte postale. Les dessinateurs de presse y ajoutent la camaraderie virile, les blessures sans gravité, les bombes farceuses qui se contentent de faire du bruit, et les gaz, gigantesques boules puantes sans autre conséquence qu’une corruption olfactive. Certains d’entre eux sont au front (Henri Mirande, Gazan, Flores) ce qui donne une caution supplémentaire à la gaudriole. Entre leur prétendue éthique libertaire (en tout cas revendiquée comme telle par les satiristes autour de 1900) et leur vocation à faire rire, ces dessinateurs choisissent. Ils ne montreront pas ce qu’ils voient. Dans le même temps, les artistes doivent tenir compte des lettres qui arrivent et sont lues, souvent commentées. Raconter n’importe quoi pour mettre le conflit en scène, soit. Mais encore faut-il s’appuyer sur une impression de véracité. Il y a effectivement des rencontres sportives organisées entre les soldats2, ou quelques divertissements dont presse et cartes postales se font un reflet répétitif au point d'en faire le point nodal de la vie militaire non combattante. En écho aux lettres qui narrent l’ennui et l’attente à l’arrière des lignes, les dessins montrent à l’envi des soldats rigolards, conversant entre eux ou jouant aux cartes, reconstituant paresseusement dans les boyaux la sociabilité de bistrot en temps de paix. Certes, le divertissement ou l’insolite ne sont pas absents de la vie militaire. Comme le signale Joëlle Beurier pour la photographie : « Impossibles à retrouver dans la mémoire verbale, ces aspects insolites s’exposent tranquillement  dans les photographies d’amateurs, capturés par un objectif qui, justement, n’aspirait qu’à conter l’anecdote pittoresque et le banal exotisme du quotidien de guerre3. » Mais on est loin du climat courtelinien par lequel les satiristes tentent de recomposer des tranchées imaginaires. De scène de combat avec un réel corps à corps, point, même pour rire, ou alors exceptionnellement. Les morts, en pièces détachées, appartiennent systématiquement au camp d’en face et leur éparpillement même participe de l’entreprise de déshumanisation de l’ennemi, cette fois-ci par le gag.

Le tournant a lieu durant l’année 1916. Les bons mots fusent encore des cagnas, les trouffions émergent encore un peu, hilares, du souffle de l’explosion, mais le ton tourne peu à peu à l’emphase. Paul Iribe livre des compositions d’un dramatique achevé, tandis que les conversations entre les poilus de papier laissent transparaître une certaine amertume, presque une critique sociale en 1918. Certes, les légendes sont souvent orientées par le directeur de presse et détonnent avec l’œuvre, mais ces dernières reflètent en creux le découragement des troupes combattantes, tout comme la lassitude ambiante de la société toute entière.

De façon fort significative, la victoire sera graphiquement moins gaie que la première année du conflit. Beaucoup plus nombreuses que dans la presse illustrée allemande, ces œuvres humoristiques de combat doivent aujourd’hui être confrontées avec les photographies, les tableaux ou les écrits pour comprendre à quel point la « guerre imaginée » put susciter des traitements médiatiques différenciés.

1 Bertrand Dicale, La Fleur au fusil : 14-18 en chansons, Paris, Acropole, 2014, p. 129.

2 Citons par exemple le « Parc des Poilus » à Commercy.

3 Joëlle Beurier, 14-18 insolite. Albums-photos des soldats au repos, Paris, Nouveau Monde éditions, 2014, p. 12-13.

Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « À l’affût : Oh le bath !!! – Laisse-le… il est pour moi. », Le Rire rouge n°9, 16 janvier 1915, couverture.

Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « À l’affût : Oh le bath !!! – Laisse-le… il est pour moi. », Le Rire rouge n°9, 16 janvier 1915, couverture.

En ce début de conflit, il est encore impossible d’imaginer l’enfouissement des troupes consécutif à la stabilisation du front. De même, la tonalité des combats représentés doit-elle être gaie. C’est donc tout naturellement que Mirande dépeint la guerre comme une partie de chasse. Le point de vue est celui de l’angle de tir et, la cible, un Allemand minuscule dans le lointain, correspond au point de fuite. Le ton de l’échange lui-même évoque à la fois le jeu et la compétition entre camarades.

Benjamin Rabier, « Entre le plaisir et le devoir : Le poilu (embarrassé) – Lequel ? », Le Pêle-Mêle n°37, 12 septembre 1915, couverture.

Toujours le thème de la chasse, cette fois-ci affiché sans ambages. L’ennemi détale comme le lapin qui file de l’autre côté. Les deux « gibiers » paraissent aussi paniqués l’un que l’autre, filant devant le soldat-chasseur qui ne brille pas par sa férocité apparente. La dimension soi-disant ludique du conflit continue d’être exploitée par les satiristes.

Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « Tu peux le dire, Julot : jamais nous n’avons tant bouffé que le jour où nous nous sommes faits porter malade. », Le Rire rouge n°25, 8 mai 1915, couverture.

La presse satirique ne peut pas se contenter d’enchaîner des images stigmatisant l’ennemi ou dénonçant le sort des populations civiles dans les zones occupées. Depuis 1880, la réussite des périodiques repose sur une ligne éditoriale composite qui alterne et mélange les différents types d’humour, de graphisme. Il est également difficile d’innover. Voici donc le type même de couverture qui fleurit durant la guerre. Deux hommes discutent à l’arrière du front et plaisantent d’un détail pittoresque, ici la nourriture. Cette scène n’est pas foncièrement fausse, mais c’est sa publication dans un périodique satirique qui fait sens et falsifie l’authenticité : l’enjeu est de transposer une atmosphère de terrasse de café (type de scène humoristique omniprésente dans ces pages avant la guerre) vers la zone de guerre, afin de dédramatiser. Ambiance paisible, jovialité des soldats… Un rire « rouge », mais aussi rassurant.

Francisque Poulbot, « Sur le front : – Et dire que j’avais parié un litre que la guerre finirait au mois de janvier. », Le Rire rouge n°30, 12 juin 1915, dos.

Nous retrouvons ici le duo de soldats désœuvrés, arrêté à discuter au bord du chemin. Le temps semble suspendu. L’un des deux militaires exprime une réflexion qui recoupe exactement ce que disent les civils restés à l’arrière, autour d’un comptoir de bistrot ou dans un salon bourgeois. La transposition se fait à l’envers : les soldats ne sont pas montrés en train de lutter pour survivre ou pour améliorer leur quotidien, mais alimentant une conversation déconnectée du front.

Louis Morin, « Le retour du permissionnaire : – Tu as vu ta femme… tu lui as raconté nos combats ?… – Je n’ai pas pu, c’est elle qui a parlé tout le temps !… », La Baïonnette n°22, 2 décembre 1915, p. 340.

Nous retrouvons la tranchée comme lieu de confidences. La tonalité est printanière, les deux protagonistes souriants. Le permissionnaire se plaint de n’avoir pu placer une parole de retour chez lui, donc de ne pas avoir pu piper mot de son expérience combattante. La composition n’est-elle que badine ou doit-on déjà y déceler le symptôme d’un problème de verbalisation des souffrances endurées ?

Maurice Radiguet, « – Ma femme m’écrit de Trou-Les-Bains… Elle s’y ennuie à mourir… aucun confort, pas de distractions… – C’te veine que nous avons de couper encore cette année à la Côte d’Azur ! », La Baïonnette n°30, 27 janvier 1916, p. 63.

Une nouvelle fois, l’image renoue avec un humour bon enfant par lequel il ressort qu’au front,  les hommes se satisfont largement d’une liberté inespérée, loin des obligations du foyer. Certes, le motif vise à faire rire et il ne faut pas le prendre au premier degré. Mais il rejoint les cartes postales du moment célébrant les « jeux » des soldats ou les vertus « sportives » de la vie militaire.

Bils (dessin exécuté sur le front), « Retour : – Il était temps !... Ma femme ne pouvait plus tenir. », Le Rire rouge n°44, 18 septembre 1915, couverture.

L’humour salace n’est jamais très loin. Il y a ici une connotation évidemment sexuelle en même temps qu’une référence à la célèbre caricature de Jean-Louis Forain « Pourvu qu’ils tiennent ! » [les civils]. L’intérêt réside aussi dans la répétition presqu’à l’infini de ces scènes « arrêtées » d’où émanent l’ennui, le désœuvrement des troupes ainsi que le caractère prétendument inoffensif d’une guerre « absente ». Creuser les tranchées revient, dans l’imaginaire satirique de 1915, à construire une barrière étanche sur la ligne de laquelle campent les troupes, en attendant.

Charles Genty, « Pour fêter la Noël : – Ça va faire un chic réveillon ! Il ne manquera que la bûche… – Faut bien laisser quéqu’chose aux Boches ; y s’chargeront de la ramasser… », La Baïonnette n°25, 23 décembre 1915, p. 396.

En plus des distractions au front, il y a le fantasme de bombance alimentaire. Ce genre d’images se multiplie à la fin de l’année 1915, dans le double contexte de Noël et des privations qui commencent à peser lourd sur le moral et la santé des civils. Alors qu’à l’arrière, le poilu devient un argument publicitaire, il reçoit au front ces nouveaux produits que sont les conserves et qui font de plus en plus saliver les civils soumis aux restrictions (à noter ici la présence de boîtes au côté des produits frais). Il est évident que la volaille survenant par colis relève de la plus haute fiction. Ce type de motifs arrive donc à point nommé pour donner un sens à l’effort de guerre et aux restrictions, comme le feront plus tard les dessins consacrés aux femmes ou à la surveillance civile. La signature du dessinateur, lui-même censé se battre au front, est une caution supplémentaire d’authenticité. L’univers satirique paiera cher ce type de bobards, après la guerre, lorsqu’une vision rétrospective de cet imaginaire de guerre révélera l’ampleur de la falsification.

Jean-Jacques Rousseau (dessin exécuté sur le front), « La Belle vie : – Ah ! mon vieux, grouille-toi ; avec cette marmite, qu’est-ce qu’on va ramasser comme poissons ! », Le Rire rouge n°37, 31 juillet 1915, dos.

Après la chasse, la pêche : l’explosion est figurée ici sous une forme explicitement comique et utile pour les soldats qui vont en tirer une ressource supplémentaire. Ceci confirme les thèmes de l’alimentation et du divertissement comme centraux, mais induit aussi la débrouillardise du français qui utilise la brutalité aveugle de l’ennemi pour en tirer parti. Une fois de plus, l’expression de joie des hommes devant la déflagration est lourde de sens.

Charles Genty, « Salon de repos : – Écoute, j’veux bien te céder ma place ; mais j’te préviens que, depuis deux heures, j’suis dévoré par les totos. — Deux heures ! Oh ! alors, maintenant y doivent plus avoir faim… », La Baïonnette n°109, 2 août 1917, double page intérieure.

Les thèmes du désœuvrement et de la camaraderie souriante face aux « légères » vicissitudes (ici les « totos » c’est-à-dire les poux) ont déjà été abordés. Tout autant que les scènes de boyaux ou de bord de route, les représentations de « cagna » sont nombreuses. L’intérêt est ici de produire un dessin datant de 1917 : à la différence d’autres thématiques qui connaissent une inflexion significative entre 1915 et 1918, cette vision souriante du « front » comme un long repos forcé demeure présente tout au long du conflit.

Georges Pavis, « Un bal au cantonnement », La Baïonnette n°132, 10 janvier 1918, double page intérieure.

Après les discussions de comptoir transposées dans les boyaux boueux, après les siestes dans les cagnas ou les balades de chasse, le « p’tit bal du samedi soir ». Cette représentation évolue entre deux contraintes assez délicates : d’un côté il faut montrer le quotidien du soldat comme le maintien d’une vie normale adaptée à l’exception du conflit, de l’autre il ne faut pas dépasser les bornes et présenter comme dissolue la vie du trouffion éloigné de son foyer. La joie de ces fêtards est tempérée par deux éléments d’importance : les femmes représentées ne sont manifestement pas des « filles » légères ou de petite vertu, ce qui implique un mélange entre les troupes en cantonnement et la population alentour. De plus, l’effet comique repose sur les phylactères des personnages, lesquels claironnent des exclamations qui empruntent au jargon de tranchée (« …pas d’éclats ! », « J’ai chopé un 420 », « Les “balles” vous savez ça nous connaît », « Ça change de Rosalie ! »). Cela témoigne de l’imprégnation des esprits par la guerre omniprésente, l’allégresse du bal n’étant donc qu’un vernis censé la rendre supportable. N’oublions pas que le dessin est publié juste après le jour de l’an, de surcroît à l’entame de la quatrième année de guerre.

Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « Billet de logement : – Mon mari est absent et je n’ai que mon lit. – Oh ! nous ne voulons pas vous déranger ; on se serrera un peu. », Le Rire rouge n°77, 6 mai 1916, couverture.

Signe de continuité avec l’humour d’avant-guerre, la grivoiserie conserve quelques droits au sein de la presse satirique de guerre, même si sa proportion est nettement moindre au vu de l’ensemble. On retrouve la préoccupation du dessin précédent, à savoir de livrer, en 1917-1918, une vision de la guerre normale malgré tout. Mais là aussi l’image reste chaste et célèbre la bonne intégration des troupes dans la région chargée de les accueillir, ce qui a dû différer notablement de la réquisition authentique. En outre, cela camoufle l’ampleur de la prostitution à grande échelle, couverte par les autorités militaires. Rappelons les paroles de l’un des « tubes » du moment, la chanson Le cri du poilu : « À nos poilus qui sont su’ l’front / Qu’est-ce qu’il leur faut comme distraction ? / Une femme, une femme ! » Jeunesse, sourire, entraide demeurent des vertus cardinales, quitte à distiller un brin de trivialité bien en dessous des réalités de la vie du front.

Georges Pavis, « Autre temps : Autrefois, à pareille époque, je courais le cerf chez la marquise… », La Baïonnette n°109, 2 août 1917, p. 493

Au-delà des vertus euphorisantes ou thérapeutiques, la conscription est l’un des leviers de l’égalité républicaine. Certes, il reste une caricature gentille de l’« aristo » malingre, mais ce dessin de Louis Morin, montrant un jeune noble traité à la même enseigne que ses camarades,  permet de rappeler l’importance accordé par les contemporains au thème de l’armée niveleuse des écarts de classe. De la part d’auteurs ou de journaux qui ont fait de l’antimilitarisme et de la critique sociale leur cheval de bataille, cela peut étonner. On peut dès lors mesurer l’ampleur de la révolution au sein du corpus satirique.

Pierlis (souvenir du front), « Dans les tranchées : Alors, mon vieux, voilà une marmite qui éclate juste au-dessus de l’escouade. Qu’est-ce qu’on a pris comme bouillon ! », Le Rire rouge n°23, 24 avril 1915, dos.

La guerre demeure une partie de plaisir, mais cette fois elle est placée sous le signe de l’effervescence : l’effet de plongée voulu par le dessinateur procure une impression de joyeux désordre dans lequel un Allemand est fait prisonnier, les bombes explosent sans conséquence et les soldats poursuivent leurs conciliabules. La destruction du paysage revêt une forme burlesque et la tonalité générale est plutôt positive, à l’instar des jeux de neige de l’enfance.

Ray Ordner, « Au tranchée-Club : Eh là !… Arrêtez !… Vous allez faire sauter la banque… », La Baïonnette n°38, 23 mars 1916, p. 188.

Les hommes jouent, lisent le journal. L’explosion proche n’a d’autre conséquence que d’éparpiller le jeu. L’obus ne fait sauter que « la banque », pour reprendre le jeu de mot. Inoffensive, la force de frappe ennemie ne parvient qu’à surprendre par son bruit, à l’instar des gros pétards. Les éclats partent vers le ciel, comme le casque du soldat. La déflagration recoupe des codes graphiques de la future bande dessinée, de même que le casque soufflé. Le périodique doit rassurer, provoquer au moins le sourire… Donc déréaliser la guerre.

Pierre Falké (dessin exécuté sur le front), « – T’as peur petit gars ? – Oui…, d’attraper un coup de soleil. », Le Rire rouge n°40, 21 août 1915, dos.

L’innocuité des munitions adverses se mâtine ici d’héroïsme. D’image en image se forme une narration qui n’a plus rien de satirique mais recoupe l’imagerie patriotique. Pierre Falké est censé croquer en instantané ces soldats rigolards qui taquinent le jeune bleu, frôlé par une balle tandis qu’un poilu se bande le bras tranquillement dans son coin. La comparaison avec la vue précédente laisse apparaître le même mouvement facial de surprise face à ce qui ne peut pas correspondre à la mort mais plutôt à un jeu, une farce. On pourrait penser le couvre-chef emporté par une bourrasque. La menace est assimilable au vent, la scène demeurant lumineuse, presque printanière, à peine assombrie par la fumée.

Tancrède Synave, « Le mauvais nuage : On va charger, messieurs !… Assurez vos faux-nez !… », À la Baïonnette n°8, 26 août 1915, double page intérieure.

Les pires épisodes sont toujours ramenés à une dimension ludique avec cette vision des soldats se transformant en clowns pour contrer le nuage de gaz jaunâtre qui les menace. Ce n’est pas une poche de vapeur toxique et meurtrière mais un « mauvais nuage ». Si l’horizon est désormais fort sombre, le boyau est devenu tout blanc, presque aseptisé. Le satiriste donne une forme grotesque à cette émanation « moutarde » qui relève ici du décor de carton-pâte. La déréalisation du conflit passe par sa théâtralisation, le premier plan figurant presque une avant-scène ou le premier rang d’un public égaré.

Pierre Falké (dessin exécuté sur le front), « Le joyeux blessé : – Ça te fait rigoler d’être blessé ? – Non, c’est parce que je pensais à la gueule de ma concierge, si on s’baladait comme ça dans son escalier ciré. », Le Rire rouge n°26, 15 mai 1915, dos.

De même que l’explosion ou le gaz, la blessure relève du gag. La victime du feu est transportée, hilare, par des camarades aussi enjoués que lui. Le souffle des obus renforce la sensation de chambard. Les uniformes dégoûtants font office de travestissement. Au fond, un poilu fume, imperturbable. On pourrait se croire devant le Bal Bullier ou l’Élysée Montmartre.

Francisque Poulbot, « Nos blessés : Vous en avez d’la veine… Que j’ai maigri de sept kilogs ! », La Baïonnette n°48, 1er juin 1916, couverture.

Blessé hilare, blessé paisible… Ce sont les brancardiers qui peinent sous l’effort pendant que l’estropié devise, comme sur son lit, à propos de sa perte de poids. Seul bémol, la tonalité chromatique quelque peu lugubre. Nous ne sommes déjà plus en 1915 mais en 1916. Le sang n’apparaît jamais sinon sur des bandages plus ou moins d’opérette, qui ne sont même pas dessinés ici. La blessure peut presque faire figure d’aubaine, tant l’homme respire la sérénité, presque la prospérité. Pour un peu, on l’envierait presque… Peut-on aller jusqu’à dire que l’univers satirique se donne pour mission d’agrémenter, de camoufler les termes plus ou moins inquiétants des lettres de poilus à leurs familles ? De mettre des images positives sur des mots qui, de toute façon, recèlent leur part d’inimaginable ?

Charles Genty, « Les Potes », La Baïonnette n°105, 5 juillet 1917, couverture.

Qui dit blessure réjouie dit convalescence joyeuse. Charles Genty digresse sur l’atteinte au corps pour dépeindre la camaraderie idéale censée régner au front : nous retrouvons la liesse générale, une lumière qui devient de plus en plus rare dans les scènes de ligne arrière après 1916, la blessure sans gravité, l’opulence de la bonne chère et de la bouteille de vin. Faute de légende, gageons que le lecteur parisien de 1917, confronté aux privations, porte davantage ses yeux sur le fruit, le vin et la boîte de sardines que sur le bras bandé.

Henri Mirande, « Corvée de jus : – Est-il chaud le jus ce matin ? – Épatant ! Il sort de la marmite… », Le Rire rouge n°96, 23 septembre 1916, dos.

Ce dessin de Mirande est peut-être celui qui pousse au plus extrême le fantasme de la vacuité des armes ennemies. Le café est réchauffé par le feu du bombardement, avec à la clé un jeu de mots sur le terme « marmite » (la bombe, l’obus allemand au sens figuré). Mais c’est surtout l’image qui témoigne de l’impensé du lecteur-spectateur : annihilé, littéralement « vaporisé » par la déflagration, la silhouette du soldat se rematérialise au sortir du nuage de fumée, réjoui, devant ses camarades. Cette hilarité se double d’un mouvement bondissant qui évoque une gigue joyeuse et goguenarde, alors que l’homme n’a pas lâché son fardeau. Plus que l’« héroïsme » individuel qui est une vertu ambiguë par ces temps de discipline collective,  tout concourt à faire du soldat français un être invulnérable. Il est ici, une fois de plus, patent que le premier public visé est celui de l’arrière. Sa date, fort tardive (septembre 1916), en fait l’un des ultimes épigones de cette vision rigolarde de la tranchée en vogue dans Le Rire rouge durant toute l’année 1915.

Mario Pezilla, « Ceux qui le furent : Tas de salauds ! Vous ne vous douteriez pas que j’ai gueulé vingt ans l’Internationale !… », La Baïonnette n°57, 3 août 1916, p. 492.

Une exception au sein de cet aperçu qui se veut représentatif de la presse satirique, cette page de Pezilla qui croque une scène de corps à corps. L’aspect humoristique est  bien suggéré par la stupéfaction béate (donc ridicule) avec laquelle l’Allemand (aux petites lunettes d’intellectuel) se fait embrocher. Mais la concession est minime. C’est exactement le genre de scène que ni les censeurs ni les directeurs de publication ne semblent désirer voir dans la production périodique de guerre. Contrairement à la légende, la baïonnette est peu usitée dans les combats. La majorité des morts est causée par l'artillerie. Les combats rapprochés restent limités. Les soldats ne voient que rarement leurs adversaires.  Les chromos héroïques du combat à la baïonnette reprennent une représentation traditionnelle de la guerre d'avant 1914, en complet décalage avec la guerre industrielle. C’est donc la légende qui peut cautionner cette transgression. Et quelle légende ! Le soldat commente qu’il a « gueulé vingt ans l’Internationale » (donc en tant que militant ouvrier internationaliste) avant de charger et de transpercer les « salauds » ennemis. La « barbarie » allemande est donc censée annihiler les clivages idéologiques dans l’Hexagone, réunir les Français autour d’un ennemi identitaire, donc essentialiser la haine. Quelques mois plus tard, un jury populaire acquittera l’assassin de Jaurès, Raoul Villain. On lui prêtera alors des intentions patriotiques face à l’utopie internationaliste de l’ancien leader socialiste. En écho à la participation des socialistes Sembat et Thomas au gouvernement d’Union nationale, certains dessinateurs semblent avoir éprouvé le besoin d’une justification de leur pirouette idéologique, au regard de leurs positions frondeuses de la Belle Époque.

Henri Gazan (dessin exécuté sur le front), « Terme d’avril : Paraît qu’on déménage : on quitte la cave pour le rez-de-chaussée. », Le Rire rouge n°126, 14 avril 1917, dos

En 1917, la tendance à l’évolution formelle de la représentation du combattant se confirme. Le rire franc et jovial se mue en simple sourire, que l’on qualifierait de crispé pour une photographie. Les lignes barbelées découpent l’image en pièces géométriques qui dessinent une toile sclérosante a contrario du fond de ciel, encore bleu. Ce contraste rend la face émergeant de la terre encore plus insolite, comme physiquement prisonnière d’un dispositif qui se referme sur elle. 

Charles Tauché, « On les aura », La Baïonnette n°77, 21 décembre 1916, couverture.

Le passage de l’année 1916 à 1917 consacre un tournant qu’illustre parfaitement le trait satirique. Celui-ci va se faire plus grave, tournant parfois au réalisme. Ainsi cette couverture de La Baïonnette que l’on pourrait croire issue du très sérieux Flambeau. La légende tourne à l’incantation : « On les aura ! » est l’un des slogans en vogue en cette fin 1916. Ce changement de ton montre que, confrontée à la durée du conflit, la caricature doit se renouveler… Quitte à ne plus tout à fait être de la caricature.

Marco de Gastyne, « Les bleuets : Dire qu’il y a deux mois, maman m’apportait mon chocolat au lit !… », La Baïonnette n°44, 4 mai 1916.

En contraste du poilu aguerri et placide, le bleu effaré. Cette couverture confirme le changement de traitement formel : moins de lumière, un marron terreux, un paletot souillé de boue, une image saturée. Certes, le Grand Guignol garde encore sa part avec la bouille cadavérique de l’Allemand émergeant de l’eau, l’obus filant à travers l’image ou les explosions de pacotille. Cependant, à l’instar de la légende, le ton a changé. Le dessinateur cherche désormais à exprimer la sidération du nouveau venu face à la guerre.

Paul Iribe, « Pendant que les mercantis gagnent… eux ils DONNENT leur sang… », La Baïonnette n°69, 26 octobre 1916, double page intérieure.

Progressivement, l’humour recule, au moins dans les doubles pages intérieures que l’on peut afficher en punaisant le journal ouvert. Nous sommes loin des charges grinçantes d’Iribe à l’encontre du Kaiser lors de l’affaire Edith Cavell en 1915. L’heure est désormais à l’emphase patriotique. Durant l’année 1916, La Baïonnette se met au diapason de la presse sérieuse célébrant le sacrifice des soldats et leur mort au champ d’honneur. L’ultime part satirique réside dans la légende qui brocarde les « mercantis », ces profiteurs de guerre qui s’enrichissent à l’arrière. Mais sans cette mention, l’image seule n’a plus rien de drôle ni même de grinçant. L’audace formelle du dessinateur va jusqu’à utiliser des lignes segmentant le motif pour figurer la violence des tirs et l’enfer du feu. Les couleurs sont crépusculaires…

Paul Iribe, « – Je suis là mon capitaine, vous ne tomberez pas. – Oui, mon poteau. », La Baïonnette n°105, 5 juillet 1917, double page intérieure.

L’audace formelle du dessin précédent atteint ici un paroxysme pour un journal de divertissement. On peut presque parler d’inspiration cubiste pour caractériser le déluge de feu et de fer qui s’abat sur les hommes. Cette fois-ci, le héros est touché et c’est sa mort qui inspire l’auteur. Seule concession au réalisme (mais d’importance), la Légion d’honneur, bien en vue, sur la poitrine.

Paul Iribe, « Debout les morts ! », La Baïonnette n°108, 26 juillet 1917, double page intérieure.

Une sorte de pièce ultime qui fait diptyque avec la vue précédente : cet « appel aux morts » voit le dernier combattant inviter les spectres à se lever pour retourner combattre. L’Abel Gance du futur J’accuse a-t-il vu ce dessin d’Iribe ? C’est fort probable. Mais lorsqu’il reprend ce thème pour en faire une scène de son film, en 1919, c’est dans un but pacifiste, pour dénoncer les horreurs de la guerre… à rebours des intentions d’Iribe deux ans plus tôt, au plus fort du conflit.

M. Leroy, « Les canards de l’arrière : – Qu’est-ce qu’il dit, ton journal ? – Que le manque de cuivre empêche les Boches de tirer ! », Le Rire rouge n°86, 1er juillet 1916, dos.

La conséquence de l’évolution iconographique vers le lugubre est la complexification des motifs. Visuellement, la tonalité chromatique s’oriente vers le brun, le verdâtre, les couleurs sombres au sein desquelles les silhouettes se détachent plus difficilement. Les traits des visages ne se distinguent plus. Les explosions sont plus réalistes. Les soldats sont toujours montrés en position d’attente, mais cette fois-ci un journal à la main. La légende permet d’incriminer tout à la fois la pénurie d’approvisionnement et la propension de la presse à exagérer ou pervertir l’information. Certes, le moral n’est pas au beau fixe sur le front au milieu de cette année 1916, mais ce dos de Leroy témoigne plus sûrement d’une détérioration du climat à l’arrière. Il est douteux qu’une telle œuvre ait pu obtenir l’approbation du directeur de publication du Rire rouge en 1915.

Jeanniot, « En Champagne : T’en fais pas, Gontran ! Les boyaux des Boches sont plus longs que les nôtres ! », Le Rire rouge n°132, 26 mai 1917, couverture.

L’infléchissement visuel débuté au cours de l’année 1916 se poursuit en 1917. Ici, la légende n’a pas une réelle importance, si ce n’est de railler la comparaison à sens unique avec l’ennemi dont abusent les services de communication d’État ainsi que la presse. Mais c’est bien l’altération de l’image des tranchées qui frappe ici, la pluie hachurant les contours même des silhouettes, estompant par là-même une part d’humanité. La mise en parallèle avec les scènes ensoleillées des couvertures satiriques de 1915 est édifiante.

Pierre Falké, « En première ligne : – Heureusement, ils tirent un peu trop court… – Tu parles… : c’est le filon ! », Le Rire rouge n°168, 2 février 1918, couverture.

Dans le prolongement direct de l’image n°23 du portfolio (datée de 1917), cette couverture de Pierre Falké met en scène deux visages de soldats émergeant à peine de ce boyau « en première ligne ». La déshumanisation des traits est évidente, ainsi que la proximité de l’impact des obus. À nouveau, les obstacles défensifs forment système autour des hommes au corps dissimulé, mais il n’est désormais plus question de sourire. La légende tempère quelque peu les rictus et les traits émaciés, à propos du « tir trop court » de l’ennemi. Le soldat est toujours sauf, mais cela tient de plus en plus de la providence et non plus de l’évidence.

Paul Iribe, « Ça sera nous, mon vieux, les nouveaux pauvres… On aura gagné que la victoire ! », La Baïonnette n°141, 14 mars 1918, double page intérieure.

Il faut confronter cette double page d’Iribe avec ses œuvres patriotiques de l’année précédente, parues dans le même journal. Une amertume se révèle, fondée sur la dénonciation des profits de guerre. Certains dessinateurs satiriques renouent (un peu) avec les thématiques sociales qui faisaient leur gloire avant le début du conflit. Le discours selon lequel la guerre des tranchées serait en fin de compte une « guerre de classes » aura valu les affres de la censure à certains satiristes comme Louis Laforge. Peut-on alors imaginer que la rigueur de l’interdit fluctue en fonction de la signature ? Ou plus probablement que le censeur aborde les titres « grand public » que sont Le Rire rouge ou La Baïonnette avec moins d’a priori, plus de complaisance… Si un tel motif relève du symptôme, il ne représente pas pour autant une tendance lourde. La stigmatisation des profiteurs monte en puissance durant l’année 1917, tout en demeurant marginale sur l’ensemble des périodiques. Surtout dans une scène de tranchées.

  • Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « À l’affût : Oh le bath !!! – Laisse-le… il est pour moi. », Le Rire rouge n°9, 16 janvier 1915, couverture.
  • Benjamin Rabier, « Entre le plaisir et le devoir : Le poilu (embarrassé) – Lequel ? », Le Pêle-Mêle n°37, 12 septembre 1915, couverture.
  • Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « Tu peux le dire, Julot : jamais nous n’avons tant bouffé que le jour où nous nous sommes faits porter malade. », Le Rire rouge n°25, 8 mai 1915, couverture.
  • Francisque Poulbot, « Sur le front : – Et dire que j’avais parié un litre que la guerre finirait au mois de janvier. », Le Rire rouge n°30, 12 juin 1915, dos.
  • Louis Morin, « Le retour du permissionnaire : – Tu as vu ta femme… tu lui as raconté nos combats ?… – Je n’ai pas pu, c’est elle qui a parlé tout le temps !… », La Baïonnette n°22, 2 décembre 1915, p. 340.
  • Maurice Radiguet, « – Ma femme m’écrit de Trou-Les-Bains… Elle s’y ennuie à mourir… aucun confort, pas de distractions… – C’te veine que nous avons de couper encore cette année à la Côte d’Azur ! », La Baïonnette n°30, 27 janvier 1916, p. 63.
  • Bils (dessin exécuté sur le front), « Retour : – Il était temps !... Ma femme ne pouvait plus tenir. », Le Rire rouge n°44, 18 septembre 1915, couverture.
  • Charles Genty, « Pour fêter la Noël : – Ça va faire un chic réveillon ! Il ne manquera que la bûche… – Faut bien laisser quéqu’chose aux Boches ; y s’chargeront de la ramasser… », La Baïonnette n°25, 23 décembre 1915, p. 396.
  • Jean-Jacques Rousseau (dessin exécuté sur le front), « La Belle vie : – Ah ! mon vieux, grouille-toi ; avec cette marmite, qu’est-ce qu’on va ramasser comme poissons ! », Le Rire rouge n°37, 31 juillet 1915, dos.
  • Charles Genty, « Salon de repos : – Écoute, j’veux bien te céder ma place ; mais j’te préviens que, depuis deux heures, j’suis dévoré par les totos. — Deux heures ! Oh ! alors, maintenant y doivent plus avoir faim… », La Baïonnette n°109, 2 août 1917, double page intérieure.
  • Georges Pavis, « Un bal au cantonnement », La Baïonnette n°132, 10 janvier 1918, double page intérieure.
  • Henri Mirande (dessin exécuté sur le front), « Billet de logement : – Mon mari est absent et je n’ai que mon lit. – Oh ! nous ne voulons pas vous déranger ; on se serrera un peu. », Le Rire rouge n°77, 6 mai 1916, couverture.
  • Georges Pavis, « Autre temps : Autrefois, à pareille époque, je courais le cerf chez la marquise… », La Baïonnette n°109, 2 août 1917, p. 493
  • Pierlis (souvenir du front), « Dans les tranchées : Alors, mon vieux, voilà une marmite qui éclate juste au-dessus de l’escouade. Qu’est-ce qu’on a pris comme bouillon ! », Le Rire rouge n°23, 24 avril 1915, dos.
  • Ray Ordner, « Au tranchée-Club : Eh là !… Arrêtez !… Vous allez faire sauter la banque… », La Baïonnette n°38, 23 mars 1916, p. 188.
  • Pierre Falké (dessin exécuté sur le front), « – T’as peur petit gars ? – Oui…, d’attraper un coup de soleil. », Le Rire rouge n°40, 21 août 1915, dos.
  • Tancrède Synave, « Le mauvais nuage : On va charger, messieurs !… Assurez vos faux-nez !… », À la Baïonnette n°8, 26 août 1915, double page intérieure.
  • Pierre Falké (dessin exécuté sur le front), « Le joyeux blessé : – Ça te fait rigoler d’être blessé ? – Non, c’est parce que je pensais à la gueule de ma concierge, si on s’baladait comme ça dans son escalier ciré. », Le Rire rouge n°26, 15 mai 1915, dos.
  • Francisque Poulbot, « Nos blessés : Vous en avez d’la veine… Que j’ai maigri de sept kilogs ! », La Baïonnette n°48, 1er juin 1916, couverture.
  • Charles Genty, « Les Potes », La Baïonnette n°105, 5 juillet 1917, couverture.
  • Henri Mirande, « Corvée de jus : – Est-il chaud le jus ce matin ? – Épatant ! Il sort de la marmite… », Le Rire rouge n°96, 23 septembre 1916, dos.
  • Mario Pezilla, « Ceux qui le furent : Tas de salauds ! Vous ne vous douteriez pas que j’ai gueulé vingt ans l’Internationale !… », La Baïonnette n°57, 3 août 1916, p. 492.
  • Henri Gazan (dessin exécuté sur le front), « Terme d’avril : Paraît qu’on déménage : on quitte la cave pour le rez-de-chaussée. », Le Rire rouge n°126, 14 avril 1917, dos
  • Charles Tauché, « On les aura », La Baïonnette n°77, 21 décembre 1916, couverture.
  • Marco de Gastyne, « Les bleuets : Dire qu’il y a deux mois, maman m’apportait mon chocolat au lit !… », La Baïonnette n°44, 4 mai 1916.
  • Paul Iribe, « Pendant que les mercantis gagnent… eux ils DONNENT leur sang… », La Baïonnette n°69, 26 octobre 1916, double page intérieure.
  • Paul Iribe, « – Je suis là mon capitaine, vous ne tomberez pas. – Oui, mon poteau. », La Baïonnette n°105, 5 juillet 1917, double page intérieure.
  • Paul Iribe, « Debout les morts ! », La Baïonnette n°108, 26 juillet 1917, double page intérieure.
  • M. Leroy, « Les canards de l’arrière : – Qu’est-ce qu’il dit, ton journal ? – Que le manque de cuivre empêche les Boches de tirer ! », Le Rire rouge n°86, 1er juillet 1916, dos.
  • Jeanniot, « En Champagne : T’en fais pas, Gontran ! Les boyaux des Boches sont plus longs que les nôtres ! », Le Rire rouge n°132, 26 mai 1917, couverture.
  • Pierre Falké, « En première ligne : – Heureusement, ils tirent un peu trop court… – Tu parles… : c’est le filon ! », Le Rire rouge n°168, 2 février 1918, couverture.
  • Paul Iribe, « Ça sera nous, mon vieux, les nouveaux pauvres… On aura gagné que la victoire ! », La Baïonnette n°141, 14 mars 1918, double page intérieure.
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Auteur
  • Laurent Bihl
    Historien - enseignant au lycée Paul Eluard à Saint Denis
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