Tresors Darchives > Carte Postale > La représentation du poilu dans les cartes postales

La représentation du poilu dans les cartes postales

Cette sélection de cartes postales provient du fonds de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC). Elle porte sur la représentation du poilu dans la carte postale 1914-1918. Placés entre l’ennemi et l’arrière, les soldats mobilisés formaient une société à part, avec ses codes, ses langages et ses rites de passage, façonnés par les aléas de la guerre. Pour survivre se reposer, se nourrir, des stratégies d’aménagement visant à rendre le quotidien plus supportable se sont mises en place et se sont épanouies dans la durée à la faveur de la guerre de tranchées. D’où l’accent mis sur le bon moral (permanent) des troupes, sur l’ingéniosité des aménagements de l’environnement du front et de ses arrières immédiats, sur les activités récréatives des soldats comme l’artisanat, les jeux, la musique ou la lecture. Les cartes postales témoignent de l’intérêt de l’arrière pour cette société, à la fois proche et exotique. Il en ressort une vision où le pittoresque et l’à-peu-près prennent le pas sur la réalité, au nom de la célébration de l’union nationale et de la volonté indéfectible de faire triompher la « civilisation » face à la « barbarie ».
 

Verdun : Halte-là. Carte postale.

Verdun : Halte-là. Carte mixte. Editeur [G?]Idé 141. M.Boulanger pour l'illustration (1916). Carte patriotique classique : le poilu, baïonnette au fusil, veille inlassablement devant Verdun, à côté d’un des forts qui défendent la ville. Le contraste avec la carte Verdun (26 février 1916).- Troupes relevées après le premier choc, publiée dans le diaporama La vie au front à travers les cartes postales est saisissant.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Pour faire un poilu. Carte illustrée. Editeur JK 2110 (1915-1918). Il faut évidemment du poil, de l'optimisme, du courage, un coup de pinard et de l'esprit … Intrépide et méprisant le danger, le poilu, lorsqu’il ne s’expose pas à des conduites à risques devant le feu ennemi ou lorsqu’il ne se trouve pas dans sa tranchée avec de l’eau jusqu’aux cuisses est attablé, toujours dans sa tranchée, fumant et buvant du vin, lorsqu’il sort de son habitat c’est pour poser avantageusement dans des villages en ruine …
 

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Langage du poilu. Carte illustrée. Editeur DIX 354 (1915-1918). Cette carte résume la lettre-type du soldat : le moral est bon, je suis plein d'ardeur, envoyez-moi un mandat et du tabac, je pense à vous… Un des buts les plus communs de la correspondance, outre celui de donner un signe de vie et de rassurer ses proches était de solliciter l’envoi de denrées alimentaires, de vêtements ou de biens de réconfort.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

La lettre du poilu. Carte illustrée. Editeur JK 2109 (1915-1918). Le poilu stoïque qui rédige sa lettre, dont le but est de tranquilliser les destinataires, malgré les dangers qui le guettent. La carte montre bien, toujours dans un registre comique, qu’il peut y avoir un décalage entre ce que l’on écrit dans une lettre et la réalité.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Entre deux victoires. Carte mixte. Editeur JK 9460 (1914-1915). Les occupations représentées obéissent aux stéréotypes intemporels de la vie militaire : entre deux victoires on joue aux cartes, on fume la pipe, on fait de la musique et on s'occupe de la soupe…

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Baromètre des tranchées Carte illustrée. Editeur DIX 408 (1915-1918). Sous la devise « On s’en fait pas », ce baromètre mesure le moral du poilu, qui n'est pas toujours très loin du beau fixe : le moral augmente en fonction de la baisse d’activité de l’ennemi.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Fêtes des tranchées. Carte illustrée. Editeur DIX 411 (1915-1918). Le poilu (colonial ou métropolitain) est gouailleur et affronte la situation avec insouciance. La carte regroupe un bon nombre de poncifs de l’arrière : le culte des chefs militaires (Joffre), de l’armement (Rosalie – la baïonnette, le canon de 75), le sentiment anti-allemand … La terminologie utilisée se veut proche du langage des poilus mais se révèle inexacte, voire inappropriée ou fantaisiste.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Inquiétude. Carte illustrée. Jean-Louis Forain (1852-1931). 1915. Dessin publié dans le Figaro en février 1915.
"- Des civils! Pourvu qu'ils tiennent!
C'est la phrase sacramentelle. Elle fait rire, malgré qu'on l'ait entendue cent fois, et qu'à tort ou à raison, le soldat en dénature le sens originel et la considère comme une atteinte ironique a sa vie de privations et de dangers." (Henri Barbusse.- Le Feu.- Paris : Flammarion, 1916. page 37.)

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

La cagna "Au bon samaritain" (voir l'article de Pierre Loti dans L'Illustration). Carte photographique. Editeur LCM (1915). Le mot cagna (ou gourbi ou guitoune) désigne un abri léger, soit sous forme de cabane en bois, soit niché dans la terre. A l’arrière on en louait volontiers l’installation admirable, au front l’enthousiasme était tempéré par les conditions réelles d’inconfort qu’elles offraient. L'article de Pierre Loti dont il est question est "Auberge du bon samaritain", paru dans l'Illustration n° 3781, du 21 août 1915.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

La guerre 1914-15. Un village gaulois de la 5e armée. Carte photographique. Editeur LCH (1915). Il est fort improbable que ce type d’habitat ait vraiment proliféré : l’image témoigne davantage du goût de l’arrière pour les reportages sur les aspects pittoresques que de la réalité de la vie au front. La photo, parue à l’origine dans « L’illustration » en 1914 fut reprise ensuite par plusieurs éditeurs de cartes.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Guerre 1914-1915. Village de paillotes et de Huttes Africaines construites de boue séchée par nos artilleurs de la 5e armée. Carte photographique. Editeur LL (1915). Les charmes de la vie en plein air se conjuguent ici avec une touche d'exotisme : par la magie du légendage les cabanes gauloises de la carte précédente se transforment ici en huttes africaines.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

La journée du poilu. Carte illustrée. Editeur JK 2092 (1915-1918). Le poilu campe dans une sorte d'aimable villégiature, sa journée est scandée par le réveil, les repas, les corvées, la réception des lettres et des colis et la relève … La carte évoque davantage des moments de la vie militaire en caserne, donc en temps de paix, que ceux d’une situation de guerre.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Pêche miraculeuse. Carte photographique aménagée (1915-1918). Rien ne rappelle la guerre dans cette carte de voeux, ne serait-ce les numéros du régiment sur le col de la vareuse du personnage au premier plan. La carte présente un aménagement composé d'un petit poisson collé portant l'inscription "1er avril" permettant de fixer un petit mot.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Guerre 1914-1915. Recréation de nos soldats : une partie de lutte. Carte photographique (1915). Lutte dans une cour de ferme à la toiture délabrée, servant probablement de cantonnement.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Système D mis en pratique par nos poilus ? Carte illustrée. Editeur EM 226 (1915-1918). Les poilus sont débrouillards, mais l'image qui transparaît ici est peu flatteuse : elle illustre d'abord le triomphe du chacun pour soi ou les tentatives d’arrondir la solde.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

La Toilette avant la bataille. Carte illustrée. Editeur GWD. Auteur, Taboureau Georges (Sandy-Hook, 1879 - 1960). 1914-1918. L'auteur peint une scène totalement idyllique, un soldat anglais qui porte un monocle se fait raser par un autre sous le regard d'une paysanne en sabots de bois, dans la cour d'une ferme aux murs à colombages. Ce dessin empreint d'une fantaisie peut-être ironique, est du au peintre et affichiste français Georges Taboureau, peintre officiel de la marine à partir de 1917.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Le barbier du front. Carte illustrée. Big (1915-1918). Un grand motif de la « mythologie poilusienne » : le barbier, martial à souhait avec son casque, rase un client manifestement enchanté par l'opération, un soldat puissamment barbu semble attendre son tour …

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Guerre de 1914-1915 : Le "diminue-tifs" des poilus a installé un lavatory dont tout grand confort moderne paraît être exclu ; malgré cela la clientèle donne ! Carte photographique. Editeur G.Mathière 211 (1915). Le commentaire est enjoué : même faute de confort, le soldat se rend chez le coiffeur et paye de bonne grâce.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

En campagne : le tailleur. Carte photographique. Editeur ELD (1915). À l'instar des coiffeurs, les tailleurs pouvaient monnayer leurs compétences au repos, à l’arrière du front, ainsi que le montre cette image.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Les bons moments : la fabrication des bagues au front. Carte illustrée. Big (1915-1918). Parmi les bons moments mis en avant de la vie au front, on trouve des activités récréatives, parfois rémunérés, que l'on range à la rubrique artisanat des tranchées. Cette production artisanale, faite à partir de matériaux disponibles au front trouvait un débouché non négligeable à l'arrière, cette production de souvenirs se poursuivra pendant les premières années d'après-guerre. Il est question ici de la fabrication de bagues, le plus souvent en aluminium. La carte montre de façon assez détaillée le façonnage d'une bague : découpe dans un tuyau, polissage et ajustage au tour (le rouet du soldat au deuxième plan), gravure et finition.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Les bons moments : la fabrication des cannes. Carte illustrée. Big (1915-1918). La carte évoque la production de cannes de marche, un accessoire très en vogue à cette époque. La gravure de douilles d’obus transformées en vases à fleurs ou en bouillottes, la production d’outils pour l’écriture (encriers, porte-plume, coupe-papier) étaient, après les bagues et les cannes des activités très pratiquées par les artisans des tranchées.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Violons fabriqués dans les tranchées françaises, avec des matériaux de fortune (zinc de gouttière, etc.). Carte photographique. Editeur Neurdein (ND phot. 456). 1915. Violons réalisés avec des matériaux de récupération par Maurice Morin, cavalier au 23e dragons dans les tranchées de Calonne, décembre 1914.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Campagne 1914-1917 : Soirée musicale et littéraire sur le front. Carte photographique (1917). Au centre de l'image trônent un violoncelle et un pupitre à partitions. Objets dont la présence à proximité de la ligne de front est probablement incongrue, mais possible à une vingtaine de kilomètres à l'arrière du front, là où les soldats étaient envoyés à "se refaire" et où on pouvait trouver des troupes dont les fonctions ne demandaient pas la présence en première ligne, comme l’artillerie lourde ou les soldats des parcs d’aviation.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Le cabinet de lecture de nos poilus. Carte mixte. Editeur IML 2213 (1915). Les intellectuels peuvent s'adonner au plaisir de la lecture malgré les conditions rudimentaires…

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

Soldat lisant le « Filon », journal de tranchée du 83e régiment d’infanterie, fondé au printemps 1917. Carte photographique (1917-1918). Ces gazettes du front étaient produites de façon artisanale au sein de différentes unités, nés d’initiatives spontanées ils eurent un certain succès et furent diffusés jusque à l’arrière. Cette carte est probablement artisanale, tirée sur du papier photographique portant au dos les marquages caractéristiques des cartes postales et proposée à la vente par des photographes locaux.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine
  • Verdun : Halte-là. Carte postale.
  • Pour faire un poilu. Carte postale.
  • Langage du poilu. Carte postale.
  • La lettre du poilu. Carte postale.
  • Entre deux victoires. Carte postale.
  • Baromètre des tranchées. Carte postale.
  • Fêtes des tranchées. Carte postale.
  • Inquiétude. Carte postale.
  • La cagna "Au bon samaritain" (voir l'article de Pierre Loti dans L'Illustration). Carte postale.
  • La guerre 1914-15. Un village gaulois de la 5e armée. Carte postale.
  • Village de paillotes et de Huttes Africaines construites de boue séchée par nos artilleurs de la 5e armée. Carte postale.
  • La journée du poilu. Carte postale.
  • Pêche miraculeuse. Carte postale.
  • Recréation de nos soldats : une partie de lutte. Carte postale.
  • Système D mis en pratique par nos poilus ? Carte postale.
  • La Toilette avant la bataille. Carte postale.
  • Le barbier du front. Carte postale.
  • Le "diminue-tifs" des poilus a installé un lavatory dont tout grand confort moderne paraît être exclu ; malgré cela la clientèle donne ! Carte postale.
  • En campagne : le tailleur. Carte postale.
  • Les bons moments : la fabrication des bagues au front. Carte postale.
  • Les bons moments : la fabrication des cannes. Carte postale.
  • Violons fabriqués dans les tranchées françaises, avec des matériaux de fortune. Carte postale.
  • Soirée musicale et littéraire sur le front Carte photographique. Carte postale.
  • Le cabinet de lecture de nos poilus. Carte postale.
  • Soldat lisant le « Filon », journal de tranchée du 83e régiment d’infanterie, fondé au printemps 1917. Carte postale.
informations
sources
Bibliothèque de documentation internationale contemporaine
Diaporama (série d'images thématique)