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Le cycle 11 novembre de France Culture

Butte de Vauquois
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Du 9 au 13 novembre 2014, France Culture propose une programmation spéciale autour de la Première Guerre mondiale à l'occasion des commémorations de l'armistice. À travers les émissions scientifiques, littéraires ou historiques, différentes thématiques du conflit seront abordées, notamment autour des enjeux mémoriels de la société contemporaine.

La Fabrique de l'Histoire

Du lundi 10 au jeudi 13 novembre 2014, de 9h06 à 10h : la Grande Guerre et les femmes. Avec notamment :

Mardi 11 novembre : Nous n’irons plus au bois - La drôle d’histoire de Paul, Louise et Suzy, un documentaire de Anaïs Kien (1ère diffusion le 7 juin 2011) : Paul Grappe et Louise Landy se sont aimés dans la Paris ouvrier de la Belle Epoque. Semblables à bien d’autres Parisiens, ils étaient issus de familles populaires, fraîchement immigrés de la capitale. Ça commence comme ça, comme le livre de Danièle Voldman et Fabrice Virgili, La Garçonne et l’assassin. Une histoire sans histoire si la Grande guerre n’était pas passée par là. L’histoire de Paul et Louise exhumée des archives judiciaires c’est un parcours de vie, un fait divers à succès, un scénario idéal avec en guise de décor la France des Années Folles...

Mercredi 12 novembre, table ronde avec Clémentine Vidal Naquet, historienne.

>> Lire Le couple dans la Grande Guerre, un sujet d'histoire ? de Clémentine Vidal Naquet

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Sur les docks

Du lundi 10 au jeudi 13 novembre 2014, de 17h à 17h55. Au programme :

Lundi 10 novembre : Déminage en zone rouge, par Laurent Leclerc. Réalisation : François Teste.

Dans le nord-est de la France, dans la zone rouge, enterrée dans un champ, une route ou une forêt, des objets de mort sont tapis. À la faveur d’un chantier, de travaux des champs ou d’un jeu d’enfant ils remontent à la surface quand on s’y attend le moins. Un siècle plus tard, la Grande Guerre est loin d’être terminée : les risques réels que représentent ces obus, bombes, grenades, mines et autres munitions enfouies et toujours actives, ont poussé l’état à créer un corps de spécialistes. Leur travail est de neutraliser la menace qui pèse sur les populations civiles. Aujourd’hui, ils sont environ 300 sur le territoire français à exposer quotidiennement leur vie. Ce sont les derniers soldats de cette guerre menée en temps de paix : les démineurs. Sur les Docks vous conduit au cœur de la Zone rouge, pour suivre deux jours durant le travail des démineurs du Centre de déminage d’Arras, ville qui détient le record annuel de ramassage de bombes. Avec Patrick Rochet, Christian Coval, Maxime Balleuil, Baptiste Daumalle,du Centre de déminage d’Arras, Annette Becker,historienne, Jean-Paul Amat,biogéographe. Et des extraits du film Démineurs de Kathryn Bigelow.

Mardi 11 novembre 1914-2014 : Mémoires à vif, par Estelle Gapp. Réalisation : Christine Robert.

En 1980, un grand-père passionné d’histoire, emmène sa petite fille se promener dans la campagne lorraine, marquée par les stigmates de la Guerre de 14-18. A sept ans, la fillette est terrifiée à la vue des champs et des forêts éventrés. En 2013, à 40 ans, la documentariste tente de faire face à cet héritage traumatique, en proposant d’explorer les traces - infimes, intimes - de la Grande Guerre dans le cadre d’un atelier de théâtre amateur où se mêleront des fragments de récits personnels et des extraits d’œuvres d’écrivains. Mai 2014 : Bienvenue à Gare au Théâtre, à Vitry-sur-Seine, où 12 comédiens amateurs montent sur scène pour la première fois : ils ont plus de soixante ans pour la majorité, tous habitent le quartier de Port-à-l’Anglais, à la confluence d’Ivry et de Vitry, le quartier même où vécut le dernier poilu, Lazare Ponticelli. Sur les docks vous invite à ce lever de rideau inaugural et vous emmène dans les coulisses de ce travail de mémoire… Avec les comédiens Ina Anastazya, Khouka Bouazouni, Catherine Beaumont-Créïs, Maryvonne Callebout, Marie Collet-Sassere, Michel Créïs, Christiane Flécher, Claudine Lefèvre, Morgane Massart-Madeline, Jean-Claude et Marienne Rosenwald, Danièle Salque.

Mercredi 12 novembre : La Grande Guerre en images, par Amaury Chardeau. Réalisation : Anna Szmuc.

Eté 1914 : interdits par la censure d'accéder au front, les journaux n’ont rien à se mettre sous la dent. Or l’opinion a soif d’images, elle veut voir à quoi ressemble cette guerre moderne. Un hebdomadaire, Le Miroir a l’idée de lancer un concours des meilleures photographies de guerre, avec récompenses à la clé. Du front affluent les premières photos... Certains des soldats mobilisés ont en effet pris soin de glisser dans leur paquetage un des derniers-nés des usines Kodak, le Vestpocket, léger et maniable. Malgré l'interdiction, ils témoignent des réalités du conflit, ils dénoncent, ils se racontent, ils trompent l'attente, et gagnent un peu d'argent. Leurs images, ainsi que celles rapportées en même temps par les premières cameras, bousculent les représentations traditionnelles de la guerre... Avec les historiens Joëlle Beurier, Thierry Gervais et Laurent Veray, pour le cinéma, Luce Lebart de la Société Française de Photographie, et des membresde l’Association des peintres de l’Armée de terre.

>> Voir l'exposition en ligne du Miroir

jeudi 13 novembre : La vie au Canada durant la Grande Guerre, un documentaire de Lynda Baril, dans le cadre du partenariat des RFP. Réalisation : Claude Legaut.

Parce qu’on se souvient peu des 66 000 Canadiens morts au front entre 1914 et 1918, ICI Radio-Canada Première honore son devoir de mémoire en présentant 14-18 : La Grande Guerre des Canadiens, une série documentaire dont Sur les Docks diffuse un des cinq épisodes. Dès 1914, les Canadiens d’origine allemande et austro-hongroise sont envoyés dans des camps d’internement, comme celui de Spirit Lake, en Abitibi. En décembre 1917, le port d’Halifax est détruit par une explosion. En Europe, le Canada gagne la bataille de Vimy, mais au prix de 3 600 pertes humaines. À Montréal, environ 35 000 femmes sont employées dans des usines de guerre, d’autres sont caissières, conduisent des tramways ou encore, comme Blanche Bessette, sont marraines de guerre...

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Ça rime à quoi

Dimanche 9 novembre 2014, de 20h à 20h30

Jacques Darras, pour Je sors enfin du Bois de la Gruerie (Arfuyen), par Sophie Nauleau. Il faut "tout reprendre à 1914" pour mettre fin à l’amnésie, pour comprendre l’aujourd’hui, pour penser enfin l’Europe. C’est parce que les leçons de 1914 n’avaient pas été tirées que le pire s’est reproduit en 1939-1945. Cent ans après, le pire peut toujours se reproduire. Qu’est-ce qui fait que nous ne désobéissons pas ou si peu ? / Qu’est-ce qui fait que nous consentons à nous laisser habiller en tueurs ? / Qu’est-ce qui fait que nous acceptons l’uniformité des uniformes ? / Qu’est-ce qui fait que nous avançons fusil à l’épaule notre propre croix mortuaire à la main ? 

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L'atelier fiction

Mardi 11 novembre, de 23h à minuit.

14 de Jean Echenoz (Enregistré en public à la Maison de la poésie le 16 mai 2014). Lecture par Dominique Pinon, et la voix de Pauline Moingeon. Réalisation : Etienne Vallès. Ils sont cinq hommes, du même village de Vendée, à se retrouver en ce début du mois d'août 1914 dans la caserne : Anthime, Charles, son frère aîné, Padioleau, Bossis et Arcenel, les camarades d'Anthime. Avec tous les autres réservistes du village, ils partent bientôt sur le front, sous le regard de Blanche, la fiancée de Charles... En une succession de brefs tableaux, Echenoz décrit le parcours de ces êtres, pris dans le feu et la violence de la guerre.

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