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Le monument aux morts comme support pédagogique - Collège et lycée

Monument des enfants morts pour la patrie, Agen
© Archives départementales de Lot-et-Garonne
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Présent dans l’espace proche des élèves, le monument aux morts de la Première Guerre mondiale peut être investi comme objet de compréhension du conflit et de ses mises en mémoire, en histoire, histoire des arts, arts plastiques et éducation civique.

Collégiens et lycéens autour du monument aux morts

En 2010-2011 des collégiens se sont livrés à l'étude des monuments aux morts de leurs communes. Ce travail d'observation a donné lieu à la rédaction de notices de présentation publiées sur le site Internet Chemins de mémoire.

Le travail s’est déroulé en plusieurs étapes : recherche du monument dans le territoire de proximité, observation, description et explication.

Conduite dans un premier temps dans une séance in situ, la démarche a ensuite été reprise par quelques volontaires dans d’autres communes. Elle ne diffère pas fondamentalement de grilles de lecture semblables1 et son objectif est d’encourager notre regard à capter des éléments emblématiques et significatifs des monuments aux morts, à donner sens à une guerre aujourd’hui méconnue ainsi qu'à inscrire le conflit dans une approche contemporaine en développant une réflexion sur le devoir de mémoire.

Quel est l'emplacement du monument aux morts ?
Localisez le monument dans la commune (points cardinaux, hypercentre/marge).
Situez-le par rapport à l'église, au cimetière, à la mairie ou à l'école, aux axes de communication ou à d'autres lieux importants de la commune, aux éléments signifiants du relief, de l'hydrographie...
Quel type d'espace occupe-t-il ? Un lieu public (jardin, place), un espace fermé, une zone de passage (boulevard, rue), hauteur/contrebas...
Quels sons entend-on devant le monument aux morts (environnement sonore relevé avec mention de l'heure et du jour) ? 

Comment se structure le monument aux morts ?
De quelle manière est délimité « l'espace sacré » du monument ?
Décrivez l'ensemble du monument en précisant les matériaux utilisés.
Décrivez et expliquez les différents symboles (végétaux, militaires, républicains, funéraires, religieux...) en précisant les matériaux utilisés.
Décrivez le soldat dans le cas de représentations figurées (position, attitude ou expression, équipement...), autres personnages (femme, enfant ; position, expression), animaux...

Que nous apprennent les inscriptions ?
Quel hommage est rendu aux morts?
De quelle manière les noms sont-ils classés (ordre alphabétique, date de mort, grades...) ?
Comptez le nombre de noms pour 14-18.
Relevez les informations de deux morts pour la France.
Quelles sont les autres mentions ?

Comment comprendre le monument aux morts ?
Ce monument vous semble-t-il plutôt d'influence funéraire, civique ou patriotique ? Justifiez la réponse.
Quels sentiments ce lieu vous inspire-t-il ?

Dans un second temps l'étude porte sur les noms des « Morts pour la France ».

Le monument aux morts, lieu d'histoire(s)
Site Mémoire des hommes
Pour la Première Guerre mondiale, combien de soldats sont « mort pour la France » ?Sachant que la France de 1914 comptait 39 600 000 habitants, calculez le pourcentage de la population que ce nombre représente ?Cherchez la population de la commune en 1911 sur le site Territoires et populaition, deux siècles d'évolution.
Calculez le pourcentage des morts de la commune. Comparez avec la moyenne nationale et la moyenne départementale en utilisant ces statistiques.

À partir de la fiche individuelle
Grâce au formulaire de recherche, cherchez votre soldat à partir du nom (le prénom d'usage peut être différent) et du département de naissance. Notez pour chacun des deux soldats :

  • nom, prénom :
  • date et lieu de naissance :
  • son corps (affectation) :
  • son grade :
  • la date de sa mort, son âge :
  • le lieu de sa mort :
  • le genre de mort :

Si le soldat est décédé des suites de maladie, de ses blessures ou en captivité́, il sera alors difficile d’obtenir des informations sur les circonstances de sa mort. En revanche, s'il est tombé au front, on peut retrouver le récit des événements et tenter de se replonger dans ce que furent ses derniers instants.

À partir du journal de marches et d’opérations, suivre le lien vers les journaux des unités, utilisez le « Formulaire de recherche » puis le lien « Recherche dans les inventaires » en choisissant l'armée de terre et enfin « L'inventaire des journaux de marches et opérations des régiments et bataillons ». Cela permet de retrouver le régiment correspondant et les évènements relatés le jour de la mort du soldat. Allez à la date approximative de la mort, les jours précédents, et essayez de lire le compte-rendu plus ou moins soigneusement rédigé à la plume par l'officier qui commandait son unité.

Notez les informations sur le lieu des opérations, les événements en cours (jours précédents) et autres précisions intéressantes.

À partir de tous ces éléments, rédigez une courte biographie de ce soldat.

Pour les 112 noms du monument de Beaumont-de-Lomagne, les informations des fiches individuelles du site Mémoire des hommes ont été saisies pour un traitement statistique : communes de naissance, âge de mort, grade et circonstances du décès.

Des graphiques ont fait apparaître les effectifs par classes d'âge, par années, par lieux de mort, la morbidité, etc.

Grâce à la lecture des journaux de marches et opérations (JMO), un certain nombre de destins singuliers ont pu être mis au jour : celui du premier soldat tombé en 1914, le plus jeune, celui du soldat tombé sur un champ de bataille hors de France, d’un aviateur d'une des premières escadrilles de chasse ou de trois jeunes hommes du même village morts au même endroit le même jour. Ces récits, lus le 11 novembre ont suscités une émotion inattendue chez un public habitué jusqu'alors aux gestes et au processus codifiés de la commémoration.

En association avec les enseignants de français, les élèves se sont livrés à un exercice d'expression écrite, pour les uns à travers la correspondance épistolaire, pour les autres via l’écriture journalistique. La consigne était :
« Dans une lettre adressée aux parents d'un camarade mort à la guerre / Dans un journal intime
un soldat raconte et décrit sa vie au front (les tranchées, les attaques) et les circonstances de la mort de son ami.
Vous veillerez à rédiger deux paragraphes distincts abordant d'une part la vie au front et d'autre part les circonstances de la mort du soldat. »
Les extraits des JMO et une carte du front de l'ouest en 1/15-1916 ont servi de base pour inscrire ces récits dans le temps, dans l'espace et dans une dimension factuelle crédible.

Participer à une action éducative

L'ONACVG s'intéresse à ce type d'initiative sur la mémoire. En effet, il soutient des projets pédagogiques (montage d'une exposition, édition d'un fascicule...), il contribue à la réalisation d'un voyage, et il attribue également des subventions pour financer la rénovation d'un monument aux morts.

Le CIDEM propose un concours autour de la Journée commémorative du 11 novembre sur les Monuments aux morts de la Grande Guerre. Ce concours vise à permettre aux jeunes générations de redécouvrir ces monuments, témoins de l’histoire et gardiens de la mémoire de la Grande Guerre au cœur des villes et des villages de notre pays, qu’ils auront à observer, analyser et à « faire parler ».

L'association CiDAN décerne le Trophée « Civisme et Défense » afin de récompenser une réalisation de citoyenneté et de solidarité entre la société civile et les armées. Le concours est notamment ouvert aux établissements scolaires ayant conduit des actions originales de coopération entre société civile et militaire.

Les trois organismes « Fondation de la Résistance », « Fondation pour la Mémoire de la Déportation » et « Fondation Charles de Gaulle » organisent chaque année un concours de la meilleure photographie d'un lieu de mémoire.

Franck David

Enfin, pour prolonger la réflexion, une piste pédagogique en histoire des arts.

Notes

On peut s'inspirer de deux dossiers très imaginatifs et complets, en ligne l'un sur le site du Musée des deux victoires et l'autre sur le site de l'Académie de Nantes.