Piste pédagogique 8 - caractériser le style de Maurice Genevoix

Piste pédagogique 8 - caractériser le style de Maurice Genevoix

Sans illustration

Cette piste s'organise autour des enjeux esthétiques et humains d’une œuvre littéraire.

Support : extrait 1 : p 171-172 : « Mais j’étais à peine dehors que je suis demeuré sur place… à et tendu des collets improvisés avec du fil téléphonique ». Description de la neige : l’admiration devant le spectacle de la nature.

Extrait 2 p 167 : « Sur la clairière, près des guitounes aux toits roux de feuilles mortes, nous nous étions couchés les uns auprès des autres. Le sol était moite sous nos corps ; le soleil nous chauffait la peau. » à « Toujours couché, je me suis traîné jusqu’à lui ; et j’ai vu, sur une pierre éclatante de soleil, deux insectes bleus accouplés. »

Déroulement de la séance

Ces deux extraits feront faire travailler les élèves sur le lien profond entre Maurice Genevoix et la nature. L’analyse stylistique montrera la capacité de Genevoix, même durant les pires heures du combat, à être attentif à la beauté de la nature et à lui rendre hommage. Avec un style clair, il établit un contraste saisissant entre la violence des faits et le regard qu’il suspend sur son environnement.

Identifiez et commentez :

  • le vocabulaire lié aux sensations visuelles ;
  • le champ lexical de la nature vivante (végétaux, animaux) ;
  • le regard porté par le narrateur sur la nature.

Dans quelle situation le narrateur se trouve-t-il dans chacun des extraits ? (retour du combat).

Sur quoi porte-t-il son regard ? dans quel état d’esprit est-il ? (il s’ouvre à son environnement, objet de contemplation et de paix alors qu’il est dans un état d’épuisement moral et physique). On pourra proposer, en comparaison, un extrait de Le Feu d’Henri Barbusse.

Prolongement

Observez les textes suivants, issus d’autres œuvres de Genevoix :

Un jour, de Maurice Genevoix

« Au lieu de suivre le bord de la Loire, j’avais marché à l’opposé du fleuve vers une pinède où je savais trouver le silence grave, la lumière doucement amortie qui me mettrait quelque apaisement au cœur.

La mousse feutrait le sable du chemin que je suivais. De part et d’autre la foule des pins sylvestres espaçait ses hautes colonnades d’un rose ardent peu à peu mauvissant sur les profondeurs bleues du sous-bois.

Le silence même et sérénité. L’essor brusque d’un ramier dans les cimes, le déboulé d’un garenne or d’un roncier, le saut rebondissant d’un écureuil dans la perspective de l’allée s’intégrait parfaitement à se silence et à sa paix. »

Val de Loire terre des hommes, de Maurice Genevoix

« Ainsi, par les soirs purs d’octobre, lorsque le soleil s’est couché, le ciel d’avant la nuit est envahi d’une blême transparence qui très vite se décolore, jusqu’à donner aux regards qui s’y perdent le vertige d’un vide absolu. Après, la Loire les prend et les attire vers elle ; ils se reposent sur sa surface polie, en éprouvent joyeusement la densité et la couleur ; une alternance de coulées lilas, tièdes encore comme des fleurs au crépuscule, et de minces glacis vert émeraude, extrêmement pâles et froids, mais dont la nuance demeure sensible et franche jusqu’aux limites de son évanouissement. Lorsqu’elle a enfin disparu, la Loire reflète un ciel nocturne et familier, peuplé d’étoiles, et son friselis vivant prolonge à travers la vallée le murmure du vent assoupi. »

 

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