Piste pédagogique 2 - la construction du récit

Piste pédagogique 2 - la construction du récit

Sans illustration

On propose aux élèves un court extrait par partie, sans relier le titre de la partie à l’extrait. Après une lecture silencieuse, on demande aux élèves de rapprocher chaque extrait d’une partie, en soulignant les mots ou groupes de mots qui justifient ce choix. On leur demande de proposer pour chaque passage un titre en le justifiant.

Les compétences visées sont de pouvoir repérer les informations dans un texte à partir d’éléments explicites et implicites nécessaires, dégager l’essentiel d’un texte lu, manifester sa compréhension de textes variés.

Déroulement de la séance

Extrait 1 : la paix

p. 24 « Et la neige tombe toujours, silencieuse, ensevelisseuse… d’oiseaux »

On observera ici la construction par opposition entre adjectifs mélioratifs attribués à l’eau et l’évocation de la lourdeur de la boue.

Extrait 2 : la menace

p. 53-54 « On ne nous a rien dit… nous ne savons plus »

Le relevé des multiples constructions négatives met en lumière l’extrême incompréhension de la situation et l’angoisse implicite qui en résulte.

Extrait 3 : la mort

p. 84 « Encore sur nous… Bien plus que je n’aurais imaginé »

On fera observer les modalités descriptives, par étapes très précises avec des repères spatiaux nombreux. La syntaxe très minimale « il a disparu dans la fumée. Il est mort » accentue l’impression de compte rendu.

Extrait 4 : les chaînes

p. 140 « J’ai fait un paquet de tout cela que j’abandonne… monsieur Viste emballez ! »

L’analyse des signes de ponctuation et de la situation d’énonciation permet de comprendre la situation concrète de préparation du paquetage et l’abandon volontaire que Genevoix met en scène.

Extrait 5 : les fosses

p. 149-150 « Dans l’entonnoir… s’éteint »

La succession des verbes d’action accentue l’idée de répétition, de monotonie et d’enfermement que vivent les soldats. L’observation des sujets des verbes « les hommes », « on » ou « le fond de la galerie » (qui est alors personnifiée) permet de rendre visible cet état de victimes du lieu.

Extrait 6 : les noyés

p. 174 « ce qui fut le plus dur de l’épreuve, ce qui fait nos soldats vraiment héroïques c’est la boue. » … « Des cartouches terreuses, des fusils dont le mécanisme englué ne fonctionnait plus : les hommes pissaient dedans pour les rendre utilisables »

[La construction syntaxique avec nombreuses propositions accentue la force de la boue et la place immense qu’elle prend sur les hommes.]

p. 178 « Il y a eu attaque des nôtres hier soir… Le flot de boue compact et glacé »

L’extrait pourra être analysé par le biais de la ponctuation : les multiples points-virgules utilisés accentuent l’impression de force de la pluie et soulignent la vanité du combat des hommes pour tenter de la maîtriser.

Extrait 7 : les autres

p. 187 « Est-ce de leur faute ?…. La capote de Bobillier » et p. 187 « non ce n’est pas cela… à cause de vous »

Il s’agit ici d’observer la tonalité employée dans chacun des extraits et d’en dégager les oppositions, l’adresse distante à ceux qui « n’ont jamais gravi la colline des Éparges » et celle marquée d’une vive émotion, de fraternité pour « les absents ».

Extrait 8 : l’adieu

p. 213-214 « Et ma guerre est finie… Mon bonheur même, sans vous que serait-il ? »

On distinguera les réflexions que le narrateur se fait sur son état présent, à propos de la guerre. On demandera aux élèves d’observer le passage d’un propos adressé par le narrateur à lui-même à un interlocuteur désigné par « vous ».

Au terme de cette séance on établira avec les élèves une synthèse à partir de la consigne suivante : qui est principalement évoqué dans les extraits analysés ? Quelles images Maurice Genevoix veut-il donner des combats ?

En conclusion de ce parcours dans l’œuvre, on fera remarquer que ce témoignage met au centre l’homme, dont les sens sont en éveil, et non le soldat prêt au combat et à l’assaut. D’autre part, le traumatisme est lisible dès le moment des assauts, et pas seulement comme conséquence a posteriori.

Les Éparges peuvent, à ce stade de l’étude, se définir comme le récit d’un acteur de la situation, aux propos sobres et clairs, témoignant de sa souffrance et de celle de ses compagnons.

Prolongement

Illustrez un des extraits de votre choix par un document iconographique, soit tableau, soit photographie, et justifiez précisément les liens entre les deux.

 

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