Pierre Bouvier (21 juillet 1887-18 août 1915)

Pierre Bouvier (21 juillet 1887-18 août 1915)

Pierre Bouvier.
© Ecole nationale des chartes
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Élève du lycée d'Orléans, où professait son père, Pierre Bouvier suivit avec une curiosité très vive les cours de l'École des Chartes, où il trouvait le calme conforme à ses goûts, et entra ensuite dans les cadres du personnel de la Bibliothèque nationale, où s'ouvrait devant lui une carrière selon ses désirs. Il pensait y avoir fixé pour toujours sa vie exempte d'ambition, lorsque la mobilisation vint l'enlever à ses travaux. Simple soldat il partit, simple soldat il demeura, ne voulant jamais être davantage ; mais quel soldat ! Indifférent à la fatigue, au froid, au danger convaincu de la grandeur de la cause qu'il défendait, il avait la vision bien nette de la victoire finale sans s'inquiéter du lendemain, écrivant, alors qu'il montait la garde à Reims et voyaitse profiler dans la pénombre la cathédrale martyre : « C'est une chose très agréable d'être seul, la nuit, par unroid piquant, l'œil bien ouvert, le fusil bien en main ; on se sent vivre, on se sent fort. » Plus tard, son régiment, le 143e, gagna le Soissonnais, puis défendit Verdun. Entre les forts de Souville et de Vaux, dans le bois du Chapitre, le 18 août, on attaqua. Le soir même Pierre Bouvier était porté disparu ; on ne l'avait plus revu à l'assaut du ravin « de la Mort » ; on ne le revit plus jamais. Ceux de ses camarades miraculeusement échappés à l'affreuse mêlée, tout comme ceux qui l'avaient connu au lycée et à l'École, ne tarissaient point d'éloges sur son compte et vantaient son inépuisable bonté, sa modestie légendaire, sa conscience pleine de scrupules infinis. Sa thèse sur l'Hôtel-Dieu d'Orléans a été publiée, ainsi que quelques menus articles, dans les Mémoires delà Société archéologique de l'Orléanais. Le Moyen-Age, en 1913, a publié sous sa signature une étude sur l'acquisition de la seigneurie de Beaugency par Philippe le Bel. Il entendait s'atteler à une besogne plus vaste et rajeunir un sujet plusieurs fois mais médiocrement traité, l'Histoire générale de la ville d'Orléans, dont il avait commencé à réunir les matériaux.