Pas-de-Calais > Le tourisme de mémoire à Arras

Le tourisme de mémoire à Arras

Entrée de la Carrière Wellington - Arras
© Samuel Dhote
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

À compter du mois d’octobre 1914, la ligne de front se stabilise sur le territoire du Pays d’Artois. Elle s’étire du nord au sud : de la crête de Vimy à Bapaume en passant par Arras. Aujourd’hui encore, de nombreux monuments, cimetières, mémoriaux, stèles commémoratives et paysages témoignent des combats qui se sont succédés pendant 4 ans : les premières batailles de l’Artois en mai et septembre 1915 à la rupture de la ligne Quéant-Drocourt en août 1918. Sur ce secteur charnière entre les champs de bataille de la Flandre et de la Somme, l’Artois a été défendu par les Français jusqu’en février 1916 puis par les nations du Commonwealth parmi lesquelles les Britanniques, les Canadiens, les Terre-Neuviens, les Sud-Africains, les Australiens et les Néo-Zélandais.

La carrière Wellington, mémorial de la bataille d'Arras

À 20 mètres sous les pavés d’Arras, la Carrière Wellington est un lieu chargé de mémoire et d’émotion. À partir de novembre 1916, les Britanniques préparent l’offensive du printemps 1917. Leur idée est de faire relier par les tunneliers néo-zélandais les carrières d’extraction de craie de la ville, pour créer un véritable réseau de casernes souterraines, capables d’accueillir jusqu’à 24 000 soldats. Lieu stratégique et lieu de vie, la carrière baptisée Wellington par les sapeurs néo-zélandais préserve le souvenir de ces milliers de soldats cantonnés sous terre à quelques mètres de la ligne de front, avant de s’élancer sur le champ de bataille, le 9 avril 1917 à 5h30 du matin, pour attaquer par surprise les positions allemandes. La visite de la carrière débute par une descente à 20 mètres de profondeur en ascenseur vitré, plongeant ainsi le visiteur dans l’intimité du site. La remontée à la surface dans les pas des soldats l'invite ensuite à revivre la bataille à travers la projection d’un film.

Le cimetière militaire britannique du faubourg d'Amiens et mémorial d'Arras

Le cimetière abrite 2 652 tombes de soldats du Commonwealth, ainsi que quelques tombes de prisonniers de guerre allemands. Le mur d’enceinte est un véritable mémorial qui porte les noms de 35 928 combattants britanniques, néo-zélandais et sud-africains tombés dans le secteur d’Arras et dont les corps n’ont pas été retrouvés. Un autre mémorial est également consacré au Royal Flying Corps, les forces aériennes britanniques disparues sur le front ouest pendant la Grande Guerre.

La Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la colline de Notre-Dame-de-Lorette a été choisie par l’État français pour accueillir les dépouilles de soldats français en provenance de plus de 150 cimetières des fronts de l’Artois, de Flandre, de l’Yser et du littoral belge. 20 000 sépultures, ainsi que les restes de 22 000 soldats inconnus regroupés dans 8 ossuaires, y sont rassemblés. Notre-Dame-de-Lorette est la plus grande nécropole nationale française. Une basilique et une tour-lanterne y ont été construites. Au pied de cette tour-lanterne, une crypte renferme 32 cercueils de soldats inconnus de toutes les guerres françaises du XXème siècle.

Parc commémoratif national du Canada de la Crête-de-Vimy

Le parc commémoratif du Canada à Vimy a été donné par la France au Canada en reconnaissance du sacrifice humain de cette jeune nation. Il est situé sur la cote 145, c’est-à-dire le point le plus élevé de la crête de Vimy, longue de 14 kilomètres. Le 9 avril 1917, les quatre divisions du Corps d’armée canadien, combattant ensemble pour la première fois et aidées de la 5ème Division britannique, prirent la crête d’assaut. Le parc d’une surface de 107 hectares est encore aujourd’hui parsemé de trous d’obus, de souterrains et de vestiges de tranchées. Le monument commémoratif du Canada est un hommage à tous les Canadiens qui ont combattu au cours de la Première Guerre mondiale.

Le musée Jean et Denise Letaille Bullecourt 1917

Armes, étuis à cigarettes, rasoirs, gamelles, casques... Tous ces objets retrouvés sur le champ de bataille et rassemblés par Jean et Denise Letaille, couple d’agriculteurs, racontent l’histoire des soldats Australiens qui ont combattu en avril et mai 1917 dans le secteur de Bullecourt. Un musée où les objets ont la parole !

Les tours de l'abbatiale de Mont-Saint-Éloi

La commune de Mont-Saint-Éloi est dominée par les vestiges de son ancienne abbaye du XVIIIème siècle. Cette dernière est entièrement détruite au cours la Révolution Française, à l’exception de ses deux tours. Pendant la Grande Guerre, les tours de l’ancienne abbaye ont servi de poste d’observation. Elles ont été la cible des artilleurs allemands, ce qui explique leur état actuel. Durant les quatre années de conflit, le village a accueilli des troupes alliées, d’abord françaises (1914-1915) puis britanniques (1916-1918). En 1917, les troupes canadiennes ont largement investi le secteur.

Cimetière militaire allemand de la Maison Blanche Neuville-Saint-Vaast

Cette nécropole militaire allemande de 7 hectares est la plus grande de France. Elle regroupe les corps de 44 833 combattants allemands, dont 8 040 au sein d’un ossuaire. Le cimetière a été créé au lendemain de la Grande Guerre sous le contrôle des autorités françaises, seules autorisées à délivrer des concessions. Ce cimetière regroupe les sépultures de soldats allemands à l’origine dispersées dans plus d’une centaine de communes du Pas-de-Calais. L’aménagement de la nécropole a été réalisé par le VDK Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge. Cette association de 1919 rassemble aujourd’hui de nombreux jeunes qui, au travers de chantiers d’aménagement et d’entretien, œuvrent à « la réconciliation par dessus les tombes ».

Sites de mémoire par pays

Nouvelle-Zélande

  • Le Monument à la Mémoire des tunneliers Néo-Zélandais : le site de la défense passive, route de Bapaume, rend hommage au travail des tunneliers néo-zélandais qui ont aménagé les carrières d’Arras en véritable ville souterraine à partir d’octobre 1916 ;
  • la Carrière Wellington : Cette carrière de craie utilisée comme lieu de cantonnement par les Britanniques à la veille de la Bataille d’Arras. Elle fut aménagée par la compagnie des Tunneliers Néo-Zélandais. Ils creusèrent un véritable réseau souterrain en reliant les carrières capables d’accueillir jusqu’à 24 000 soldats ;
  • Grevillers British Cemetery : le site se trouve à 1,5 km de Bapaume. Il s’agit d’un mémorial qui regroupe les noms de 450 disparus Néo-Zélandais de la Bataille de la Somme de mars à août 1918.

Canada

  • Monchy-le-Preux : participation des Terre-Neuviens à la bataille d'Arras, le 14 avril 1917 ;
  • Vimy : prise de la Crête de Vimy par le Corps d'armée canadien le 9 avril 1917 ;
  • Dury : prise de la jonction ferroviaire Drocourt-Quéant et la percée de la ligne Hindenburg le 2 septembre 1918, au cours de la seconde bataille d'Arras ;
  • Bois-de-Bourlon : traversée du Canal du Nord, la prise du Bois de Bourlon et la percée des dernières défenses de la ligne Hindenburg, le 27 septembre 1918.

Australie

Bullecourt compte plusieurs sites commémorant l'engagement des soldats australiens.

  • le Musée Jean et Denise Letaille, Bullecourt 1917 : armes, étuis à cigarette, rasoirs, gamelles, casques…. les objets présentés racontent l’histoire des soldats Australiens qui ont combattu en avril et mai 1917 dans le secteur de Bullecourt ;
  • le Monument aux Britanniques et Australiens de Bullecourt présente une réplique en bronze du célèbre chapeau porté par les Australiens et un morceau de chenille d’un tank Mark 4 qui a participé à la reprise de Bullecourt en avril et mai 1917 ;
  • le Mémorial du Digger, statue de bronze érigée en 1993, est l’oeuvre du sculpteur australien Peter Corlett qui lui a donné le visage de son père, combattant à Bullecourt ;
  • la Croix aux disparus commémore les 2 423 soldats australiens qui n’ont pas de tombe connue et qui reposent encore dans le no man’s land ou dans un cimetière avec la mention “Known unto God”.

Grande-Bretagne

  • Le Mémorial de Vis-en-Artois : à l’extrémité du cimetière, une élégante colonnade protège l’impressionnante liste des 9 806 noms de soldats britanniques, disparus dans ce secteur entre le 8 août et le 11novembre 1918. Sur les murs du mémorial, un bas-relief représente Saint-Georges terrassant le dragon ;
  • le Monument écossais au lieu-dit « le Point du Jour », sur la commune d’Athies, où sont inscrits les noms des batailles livrées par la 9 ème division pendant la Grande Guerre. Réplique du cairn érigé en 1746 sur le champ de bataille de Culloden, le monument se dresse le long de la route Arras-Douai, théâtre de combats acharnés pendant la Bataille d’Arras ;
  • la Croix des Highlanders se dresse à côté du cimetière britannique Sunken Road Cemetery sur le territoire de Fampoux. Elle domine les plaines du champ de bataille d’avril et mai 1917 et la vallée de la Scarpe ;
  • le Monument de la 37ème division britannique qui conquiert, au cours de la Bataille d’Arras, la colline de Monchy-le-Preux, le 11 avril 1917, s’élève au centre du village. A proximité, un caribou se dresse sur les ruines d’une cave fortifiée par les allemands. Il commémore le sacrifice des troupes terre-neuviennes qui ont âprement défendu la position le 14 avril 1917.

localisation