Meurthe-et-Moselle > Le tourisme de mémoire en Meurthe-et-Moselle

Le tourisme de mémoire en Meurthe-et-Moselle

colline du Léomont
© Meurthe & Moselle Tourisme - ADT54
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La Meurthe-et-Moselle est un département souvent oublié de l’histoire de la Première Guerre mondiale. Territoire frontière, il offre pourtant de nombreux lieux de mémoire du conflit. À l’ouest, Bois-le-Prêtre et le saillant de Saint-Mihiel, à l’est, le col de la Chapelotte sont autant de territoires encore marqués par les combats de tranchées. Plus méconnue, la bataille des frontières de 1914 a également laissé des traces dans le Lunévillois et la région de Nancy.

De la bataille des frontières aux combats de la défense du Grand Couronné 

Après la victoire allemande de la bataille de Morhange (19-20 août 1914), les Allemands entrent en Meurthe-et-Moselle et se dirigent vers la Trouée de Charmes, pour contourner la ceinture fortifiée de Toul et Epinal. Le Lunévillois devient alors le théâtre de violents affrontements : Lunéville est occupée (23 août – 12 septembre 1914), les villages de Crévic et Gerbéviller (22-24 août 1914) sont incendiés, et leurs populations meurtries.

Mais alors que l’avancée ennemie est stoppée au sud de Nancy dans le secteur de Rozelieure le 25 août, une offensive allemande est lancée en avant de Nancy pour récupérer la maîtrise des collines du Léomont et du Friscati : ce sont les combats du Grand Couronné, qui vont fixer de nombreuses troupes allemandes en Lorraine.

 

La nécropole de Vitrimont Friscati

Elle abrite 3 751 soldats qui ont combattu pour s’emparer de la butte observatoire du Léomont. Elle a été édifiée par une institutrice, Marie-Marguerite Wibrotte, qui fit également construire au cœur de la ferme du Mouton Noir une chapelle du souvenir. Cette dernière abrite un espace muséographique dédié à l’équipement du soldat en 1914, et un lieu de recueillement – une chapelle de guerre dont les fresques représentent les soldats luttant pour le Lunévillois. A l’extérieur, un mausolée abritant un poilu de bronze rend hommage aux défenseurs de Lunéville.

La nécropole de Champenoux

Créée en 1919, la nécropole est dédiée aux victimes de la bataille du Grand Couronné (août-septembre 1914), sous les ordres du Général Castelnau. Elle abrite un monument en bronze réalisé par Eugène Gatelet, qui représente une mère pleurant son fils. Ce dernier a également participé avec le verrier Janin à la réalisation du vitrail patriotique de l’église, devenue chapelle du cimetière national, et qui représente un ange de paix décorant les tombes des soldats du Grand Couronné.

La Trouée de Charmes

La bataille de la Trouée de Charmes (24-26 août 1614) marque la première victoire défensive et le début de la reconquête du Lunévillois par les Français, sous les ordres du Général Castelnau. En août 1934, un obélisque dédié à cette bataille est construit à l’initiative de René Georges Kimpflin, lieutenant du 222e RI, soutenu par le Maréchal Lyautey, Maurice Barrès et le Général Castelnau. Détruit par les Allemands a cours de la Seconde Guerre mondiale, il a été reconstruit à l’identique avec, sur le belvédère contigu, une table panoramique détaillant les lieux de combats et l’emplacement des armées en présence.

La guerre des mines

Si le front s’est stabilisé en automne 1914 au nord du Lunévillois, la guerre de position débute près du Bois-le-Prêtre et du col de la Chapelotte. Situé à la limite de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, le col de la Chapelotte a été le théâtre de violents affrontements entre 1914 et 1918. C’est là également que la guerre des mines, dont l’action est de placer des explosifs sous les installations de l’ennemi, a atteint son apogée, transformant le sous-sol en « usines ». En 25 mois, 1 500m de galeries et 120m de puits sont creusés, et 150 tonnes d’explosifs utilisées par les Français. En 1918, les Allemands font exploser leurs mines avant de quitter le col de la Chapelotte.

Le col de la Chapelotte

La guerre des mines a modifié profondément le paysage, créant de véritables terrains artificiels d’entonnoirs. Le site du col de la Chapelotte se divise en deux parties, la première – celles des entonnoirs- est visitable de manière individuelle, tandis que la seconde partie (située sur un terrain privé) est accessible lors de visites guidées par l’association Guerres en Vosges. On y trouve les positions de deuxième ligne des Allemands, de nombreux abris d’intervalles, un hôpital et sa chapelle, ainsi que d’anciens cimetières.

Leintrey

L a commune de Leintrey est surtout connue pour renfermer une des plus grandes traces de la Première Guerre mondiale en Lorraine : les entonnoirs des cinq mines allemandes qui explosèrent le 11 juillet 1916, emportant une grande partie du 162e RI et laissant des trous gigantesques (20m de diamètre et environ 50m de profondeur), aujourd’hui entretenus par le Souvenir français.

Un sentier permet de parcourir quatre de ces entonnoirs à pied, au cours duquel on peut également découvrir la stèle en hommage au lieutenant Nissim de Camondo, abattu le 5 septembre 1917 lors d’une mission photographique alors qu’il survole Leintrey.

L’après-guerre

La population de Meurthe-et-Moselle est durement touchée par la Grande Guerre. De 564 730 Meurthe-et-Mosellans (1911) ne restent plus que 432 745 (juin 1919), et le niveau d’avant-guerre n’est rattrapé qu’en 1931. De nombreuses victimes civiles sont aussi à déplorer, notamment à Gerbéviller (août 1914) et à Nancy, où les bombardements font 176 morts et 286 blessés ; à Pont-à-Mousson, on compte 93 morts et 139 blessés (11 décembre 1917). De ce premier conflit mondial, il subsiste, en Meurthe-et-Moselle, des vestiges de nombreux villages et bâtiments : Réménauville et Régniéville sont détruits, Fey-en-Haye et Flirey sont reconstruits, mais déplacés.

La chapelle de Xirocourt

Située à proximité de Haroué, la chapelle de Xirocourt est un ancien édifice d’abord dédié à la Vierge des Sept Douleurs, suite à l’épidémie de choléra qui sévit en Lorraine au milieu du XIXe siècle, avant sa restauration en 1919 sous l’impulsion de son curé M. Potier, qui la dédie alors aux enfants de Xirocourt et Jevoncourt « morts pour la France ». Deux peintres lorrains, Minoux et Mangin, réalisent six toiles sur les murs de la chapelle, qui rappellent le sacrifice des Poilus sur les champs de bataille et louent le courage de leur famille.