« Les tirailleurs sénégalais dans la Première Guerre mondiale » par le collège Montaigne - Académie de Bordeaux

« Les tirailleurs sénégalais dans la Première Guerre mondiale » par le collège Montaigne - Académie de Bordeaux

Lemmes. Camp de tirailleurs sénégalais. La soupe
© BDIC
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Environ 161 250 tirailleurs africains et malgaches sont recrutés au cours de la Première Guerre mondiale. Le collège Montaigne revient sur leur mobilisation et leur mémoire.

Les tirailleurs sénégalais dans la Première Guerre mondiale

Les tirailleurs sénégalais ne sont pas nécessairement Sénégalais, ils sont recrutés dans toute l'Afrique noire aussi bien en Afrique de l'Est qu'en Afrique centrale et occidentale. Le terme « sénégalais » leur est donné du fait que le premier régiment de tirailleurs a été créé au Sénégal.

En 1857 est créé le corps des tirailleurs sénégalais par un décret de Napoléon III. Faidherbe met alors sur pied un bataillon de tirailleurs sénégalais comprenant quatre compagnies... De cette date à leur suppression, dans les années 1960, les tirailleurs participent à toutes les campagnes coloniales menées par la France.

Environ 161 250 tirailleurs africains et malgaches sont recrutés au cours de la Première Guerre mondiale. 134 000 d’entre eux interviennent sur le front de France et aux Dardanelles (1915), à Verdun ou sur la Somme (1916). 15 000 tirailleurs africains et malgaches sont lancés à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames en 1917. 36 000 tirailleurs sont blessés et 29 000 sont tués ou déclarés disparus.

Entre 1914 et 1920 trente mille tirailleurs sont passés à Menton pour y être soignés. Plus d'un millier y sont inhumés aujourd’hui dans les 4 carrés militaires d’un des cimetières de la ville.

Soldats oubliés dont un fils de tirailleur d’Indochine, Gaspard M’Baye recherche et recense les identités et les régions d’origine. Depuis un an il s’active aussi pour la construction d’un mémorial des tirailleurs à Menton. Il a lancé une souscription pour tenter de susciter un engouement autour de ce projet, l’opération un euro pour un mémorial

1917 : l'Hécatombe des sénégalais au chemin des dames

Au matin du 16 avril 1917, plus de 15 000 tirailleurs sénégalais s’élancent à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Paralysés par le froid, ils sont fauchés par les mitrailleuses allemandes qui devaient être détruites par des jours de bombardement qui ont précédé l’offensive. Dans la seule journée du 16 avril, plus de 1 400 « Sénégalais » meurent dans les combats pour la conquête du Mont des Singes, pour la prise des fermes de Moisy et d’Hurtebise ou sur les pentes d’Ailles…

Ceux qu’on appelle les « tirailleurs sénégalais » pendant la guerre de 14-18 sont en fait originaires de toute l’ancienne Afrique-Occidentale Française, c’est-à-dire des Etats actuels suivants : Sénégal, Côte-d’Ivoire, Bénin, Guinée, Mali, Burkina-Faso, Niger et Mauritanie.

Camps de courneau

Il était, comme ceux de Fréjus - Saint-Raphaël (83) ou d'Oran (Algérie) d'abord destiné à "l'hivernage" (la mise au repos), des troupes coloniales des quelques 38 Bataillons de Tirailleurs Sénégalais (BTS) engagés en métropole. Cet "hivernage" avait pour but de préserver les combattants coloniaux positionnés sur le Front des rigueurs de l'hiver (qui pouvaient affecter leur combativité). Le restant de l'année, ces camps servaient à la formation aux rudiments militaires et à l'entraînement des recrues entre leur "enrôlement" et leur envoi au combat. Chaque camp militaire disposait d'un hôpital médical et chirurgical de plusieurs centaines de lits.

De 1857 à 1905, les régiments de tirailleurs étaient constitués d'esclaves affranchis rachetés par les Français à leurs maitres africains. Ces effectifs furent progressivement renforcés d'apports de prisonniers de guerre et de volontaires. Vers la fin du XIXe siècle, des membres des classes dirigeantes traditionnelles africaines intégrèrent le corps comme sous-officiers. Les tirailleurs étaient loins d'être tous sénégalais. Ils venaient de l'ensemble des colonies françaises d'Afrique. Les ethnies Bambara et Toucouleur étaient très bien représentées.
Après 1905, les Tirailleurs prirent une importance plus grande avec le besoin de forces de police efficace sur l'immense territoire africain sous administration française, des problèmes d'insécurité liés à des révoltes sporadiques (en Mauritanie, au Maroc), le déploiement des Tirailleurs en dehors d'Afrique et après le déclenchement de la 1ère Guerre Mondiale, le besoin de renforcer les troupes engagées sur le front lorrain.

La vie de deux tirailleurs 

Abdoulaye N diaye

Âgé de 104 ans, ce dernier est décédé le 10 novembre 1998 alors qu'il choisissait son boubou pour la cérémonie du lendemain.Il avait été engagé dès le début de la guerre et blessé une première fois en Belgique en août 1914, avait participé à l'expédition des Dardanelles en 1915, puis en 1916 aux combats de la Somme où il avait été blessé une seconde fois ( une balle dans la tête, quatre mois d'hôpital ).Il avait terminé la guerre à Verdun en 1918.Rentré au Sénégal, on lui avait dit de retourner travailler au champ comme si rien ne s'était passé.Il n'a appris qu'en 1949, par des tirailleurs sénégalais de la 2ème guerre mondiale qu'il avait droit à deux pensions : une pension d'ancien combattant et une pension d'invalidité. Le montant mensuel de ces deux pensions qui a été gelé par le gouvernement français à partir de l'indépendance du Sénégal en 1961, s'élevait au moment de sa mort à 340,21 francs français ; en outre, l'administration française lui avait fourni une carte de réduction SNCF !

Léopold Sédar Senghor

Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France, est un poète, écrivain, homme politique sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980) et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française. Il a également été ministre en France avant l'indépendance de son pays.

Il est le symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies pour ses partisans ou du néo-colonialisme français en Afrique pour ses détracteurs.