Les neurologues identifient la neurasthénie chez les enseignants

Les neurologues identifient la neurasthénie chez les enseignants

Une classe primaire allemande en 1914.
© Ullstein Bild / Roger-Viollet
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les mots des maux

Est-ce la mélancolie d'autrefois ? Cette intense fatigue physique et mentale, cette anxiété, accompagnées de maux de tête… Un médecin l’identifie pour la première fois au début du XIXe siècle chez des Anglais surmenés et l’appelle « syndrome d’usure ». C’est George Beard, un neurologue américain, qui va nommer ce mal « neurasthénie », en constatant les mêmes symptômes chez ses compatriotes hyperactifs. Serait-ce le nouveau mal du siècle ?

Deux poids, deux mesures

Ce « malaise des profs » allemands peut paraître étonnant à première vue, tant le système scolaire allemand semble organisé et efficace. Une formation exigeante assure aux maîtres de bons salaires et la retraite gratuite, les villes offrent des locaux propres et spacieux et on ignore quasiment l’illétrisme. Mais en Allemagne, l'enseignement obligatoire n'est ni laïc, ni gratuit, ni égalitaire. En fait, de grandes disparités de salaires et de conditions de travail se font jour entre les instituteurs de la « Bezirksschule » (pour le peuple) et ceux de la « Bürgerschule » (école des bourgeois).

À l'école de Ferry

Les lois Ferry de 1881-1882 ancrent le système scolaire français dans une perspective bien différente : l'école laïque, obligatoire et gratuite devient l’ascenseur social pour tous les enfants d'ouvriers et d'agriculteurs qui accèdent alors à l'éducation. Contre vents et marées cléricaux, l’instituteur, le fameux « hussard noir », souvent d'origine modeste, inculque aux écoliers les valeurs de la République par l'enseignement de l'histoire, de la morale et de l'instruction civique.