Les Halles de Paris en 1914

Les Halles de Paris en 1914

En 1919, l'activité des Halles de Paris déborde largement des pavillons Baltard.
© Bibliothèque nationale de France
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Dimanche laïc

Depuis 1906, le congé du dimanche n’a plus rien de religieux. Cette année-là, une loi le réinvente à la lumière de deux valeurs nouvelles : le repos et la famille. Ce ne sont pas les ouvriers qui ont porté la loi. Bien souvent, ils ont déjà obtenu gain de cause dans les ateliers ou les usines. La loi de 1906 est plutôt la victoire des employés du commerce, qui se mobilisent depuis les années 1890 dans les grands magasins. Ce jour-là, le journal annonce une adaptation de cette disposition juridique par les employeurs des Halles.

Analyse de l'image

Le « ventre de Paris » porte bien son nom : c'est la première source d’approvisionnement de la capitale française et de son agglomération. C’est le paradis de la manutention.

Pas étonnant que le marché déborde des Halles Baltard. Il voit passer tous les ans 17 000 tonnes de fruits et de légumes, 15 000 tonnes de beurre, 1 000 tonnes de gruyère, 30 tonnes de roquefort, 50 000 tonnes de viande.

Déménageurs, vigiles, régisseurs et voituriers, les « forts des Halles » sont les figures incontournables de la sociologie des Halles de Paris. Ils transbahutent les 250 millions d’œufs, 36 000 tonnes de poissons et crustacés, 23 000 tonnes de volailles et de gibier. En 1914, ils sont 735. Ce sont des vingtenaires, recrutés parce que capables de transporter au travers des Halles un chargement de pierres de 200 kilos.

Le chien qui fume

Fondée en 1740, cette modeste auberge pour marchands devient au XIXe siècle le lieu de restauration des « forts des Halles ». C'est aujourd'hui un restaurant de cuisine traditionnelle française.