Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s'inscrire au barreau

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s'inscrire au barreau

Maître Hélène Miropolsky, avocate aux assises, fut la première femme à plaider, le 25 septembre 1908.
© Bibliothèque nationale de France
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Dans un monde d'hommes

L’un des combats du féminisme du début du siècle c’est la lutte pour l’indépendance économique. Des intellectuelles issues des milieux bourgeois, aidées de quelques avocates, réclament la liberté d’administration des biens de la femme mariée et l’accès au travail. En 1914, elles ont du pain sur la planche : l’épouse ne peut gérer ses propres biens et revenus que s’ils sont réservés en priorité aux soins du ménage.

S’il est impensable de les voir s’adonner à des carrières nécessitant de la force physique, les professions intellectuelles ou techniques ne leur en sont pas moins fermées. Seules deux administrations sont accessibles aux femmes : les PTT et l’Instruction publique. Le salaire féminin est systématiquement inférieur à celui d’un homme.

Pasionaria réfléchie

Maria Vérone, que nous croisions dans l’édition d’hier pour son engagement à la Ligue française pour le droit des femmes, commence sa carrière comme institutrice. Révoquée pour son action politique, elle entre comme secrétaire de rédaction à La Fronde, le journal entièrement féminin de Marguerite Durand. Puis, munie de sa licence en en droit, elle débute au barreau dès que la profession s’ouvre aux femmes en 1908. Elle fonde l'Union des avocates de France, mais échoue à se faire élire au Conseil de l’ordre.