Les coolies chinois et le prolétariat français

Les coolies chinois et le prolétariat français

Dans une usine à Lyon, des ouvriers chinois au moment de la soupe.
© Piston / Excelsior – L'Equipe / Roger-Viollet
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Des Chinois chez nous

La Chine s’éveille. La Chine se cherche un nouveau régime et constate son retard technologique. Alors elle regarde vers l’extérieur, et envoie ses ressortissants étudier les sciences et la politique, notamment en France. En 1911, on y recense 283 Chinois : des étudiants, des journalistes, des intellectuels, des antiquaires, quelques rares restaurateurs, des pédicures, et … des ouvriers, mais pas vraiment des coolies, et employés dans des usines où leur présence n’étonne pas trop : soieries et fabriques de soja.

Plus jaune que Jaune

On n’emploie pas le mot racisme en 1914, l’inégalité raciale allait plutôt de soi, la croyance en l'égalité des races étant peu répandue, sauf… pour une
avant-garde marxiste éclairée. D’ailleurs l’article se défend, à quelques dérapages près, de penser du mal des camarades asiatiques du seul fait de leur origine. Non, si l’on doit avoir peur du Jaune ce n’est pas parce qu’il est fourbe et sobre comme un chameau, c’est parce que le capital peut utiliser cette main-d’œuvre analphabète et déracinée comme briseuse de grève.

Toutes les civilisations se valent

Jaurès refuse la hiérarchisation raciale, mais n’est pas mécaniquement anticolonialiste pour autant. Il est favorable à la libre circulation des migrants, ce qui n’est pas le cas de toute la SFIO, mais résolument contre le dumping social : l’emploi par le patronat d’une main-d’œuvre étrangère pour tirer vers le bas les salaires et les conditions de travail des ouvriers français. Son idéal : une protection « transnationale » des travailleurs, et que la fraternité règne entre migrants et nationaux.

Saveurs d'Asie

Les deux premiers restaurants chinois ouvrent à Paris avant 1914, près du Panthéon et à Montparnasse, et sont fréquentés par des Européens ayant vécu ou voyagé en Asie : la cuisine chinoise est alors tout à fait inconnue du public parisien.

On peut aussi s’offrir quelques « chinoiseries », porcelaines ou laques, dans les quartiers chics de la Chaussée d’Antin ou de la Madeleine. Avant de s’installer à Paris, ces businessmen formaient déjà une élite commerçante à Shanghai, rodée au système économique occidental.

Découvrir le webdocumentaire « 1914, dernières nouvelles ».