Les collections presse de la Bibliothèque nationale de France

Les collections presse de la Bibliothèque nationale de France

Une du Rappel du 26 août 1914
© Gallica/BnF
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Quatre-vingt-quatorze ans après l’ordonnance royale de Montpellier du 28 décembre 1537 obligeant les imprimeurs du Royaume à déposer un exemplaire de chaque livre imprimé à la Bibliothèque du château de Blois, naissait en 1631 la « Gazette » de Théophraste Renaudot considérée comme le tout premier journal publié en France. Depuis lors, la loi sur le dépôt légal qui a suivi de nombreuses évolutions, suppression en 1790 sous la Révolution, rétablissement facultatif en 1793, à nouveau obligatoire par décret en 1818, élargie en 1881, modifiée en 1925, 1943, 1992, 2006, 2011 (incluant le dépôt légal de l’Internet) permet la constitution d’un fonds de presse de plusieurs centaines de milliers de titres, enrichi par des abonnements à des titres de presse étrangère.

En 2012, l’Observatoire du Dépôt légal donnait des chiffres relatifs aux publications périodiques françaises significatifs. Ainsi, la BnF avait enregistré pour l’année 303 916 nouveaux fascicules ou numéros de périodiques pour 40 718 titres vivants dont 2614 titres nouvellement créés dans le courant de l’année.

La constitution et l’évolution des collections de presse de la BnF est le reflet le plus juste de l’histoire et des périodes de censure, de liberté, de guerre ou d’épanouissement et d’évolution du pays. La vie des collections de périodiques est ainsi ponctuée de cessation, de parution, de reprises, de publication d’anciens titres sous de nouvelles formes, camouflant, lors des périodes de censure, l’essence même du périodique ou simplement, en des époques plus libres, marquant la volonté d’une rupture par un changement de titre, de format et de périodicité.

Les collections de presse connaissent un accroissement considérable depuis la Monarchie de juillet et plus encore depuis la promulgation de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Une centaine de titres est conservée à la Bibliothèque au début du XIXème siècle alors que l’on en compte quelques milliers à la fin du siècle. En cette période,  les rapports et bilans émanant des conservateurs de la Bibliothèque nationale font état d’un tel accroissement que les magasins sont encombrés de manière importante. Quant aux demandes de communication aux lecteurs, elles sont elles-mêmes en évolution constante. Les publications exponentielles des titres de presse  entraînent alors la création d’un service spécifique des périodiques en 1934 puis celle d’un département des périodiques en 1945. Au début des années 90, la BnF évaluait à 40 millions le nombre de fascicules pour 400 000 titres les collections de périodiques dont 110 000 titres de presse d’information générale et politique et de presse spécialisée.

Le regain d’intérêt et l’évolution du nombre de titres depuis le XIXème siècle et tout au long du XXème ont entrainé d’une part une réflexion majeure sur les moyens de conserver au mieux ces documents fabriqués la plupart du temps à partir d’un papier de très mauvaise qualité et d’autre part, sur la façon de les reproduire afin de préserver les originaux tout en en permettant la consultation. C’est en 1959 que la BN lance son programme systématique de microfilmage de la presse, programme toujours en vigueur actuellement. Dès 2003, 26 titres de presse quotidienne nationale des XIX et XXème siècles sont numérisés et ce sont actuellement des centaines de titres de presse de toutes sortes qui sont disponibles dans Gallica.