Le vote de l'emprunt national en juin 1914

Le vote de l'emprunt national en juin 1914

Les citoyens se pressent pour prêter de l'argent à l'État.
© BnF-Agence Rol
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Le journal L'Humanité revient dans son édition du 20 juin 1914 sur le vote de l'emprunt national par le gouvernement.

Aurait-on besoin d'argent ?

C’est depuis le début du siècle qu’on essaye de prévoir ce que serait le coût d’un conflit européen. Les experts sont arrivés à un maximum de 15 à 20 milliards de francs, au-delà desquels le conflit devrait s’arrêter. C’est pourquoi tout le monde a en tête l’idée d’une guerre courte. Et c’est sur cette base qu’à partir de 1911, les gouvernements français et allemand se préparent financièrement à la guerre.

La fausse bonne idée

Jaurès, droit dans ses bottes d’opposant et de pacifiste, a toutes les raisons de critiquer l’emprunt. Sur le fond, il trouve les dépenses militaires de l’État bien trop élevées ; sur la forme, il milite pour l’impôt sur le revenu, plus à même de redresser le budget de la France que le recours à l’emprunt, dont le remboursement va avoir en plus un coût social en limitant le salaire des fonctionnaires et en favorisant l’inflation.