Le Grand Prix automobile pour la première fois à Lyon en 1914

Le Grand Prix automobile pour la première fois à Lyon en 1914

Grand Prix de l'Automobile-Club de France, pour la première fois organisé à Lyon. Au premier plan, une voiture Fiat.
© Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Quel souk !

Pas étonnant que les hébergements lyonnais se fassent rares : environ 300 000 personnes sont venues de toute l’Europe pour assister à l’événement. Loin du centre-ville, elles s’accouderont sur les 28 kilomètres de barrières en bois qui bordent ce circuit de 37 kilomètres. Les pilotes – les meilleurs de l’époque – doivent le parcourir 20 fois, soit effectuer 753 kilomètres. Installés à bord de 37 voitures de 14 constructeurs de 6 nationalités différentes, ils sont systématiquement assistés d’un mécanicien. Ils peuvent aussi compter sur des postes de premiers secours, des téléphones tous les 2 kilomètres et 80 tonnes de chlorure de calcium pour fixer la poussière… Au moment du départ, les voitures partent par paire toutes les 30 secondes.

Peugeot vs Mercedes

L’atmosphère est chargée. Nationaliste, même. En effet, l’essentiel de la course est une confrontation entre le héros français et les Allemands. Avec sa Peugeot et ses pneus Dunlop de mauvaise qualité, Boillot est moins rapide en ligne droite que l’Allemagne qui, elle, roule en Mercedes, sur des pneus Continental, et qui préparait la course sur site depuis six mois. Bilan : Boillot est rattrapé et dépassé au dix-septième tour, à l'occasion d'un énième changement de pneu. Au vingtième et dernier tour, sa voiture tombe littéralement en morceaux. Les Allemands prennent les trois premières places, le quatrième est le Français Jules Goux sur Peugeot. Le vainqueur est Christian Lautenschlager. Il remporte la course en 7 h 8 min., à une vitesse moyenne de 105, 677 km/h.

Le pilote Georges Boillot

Mécanicien de formation, Georges Boillot a trente ans. Devenu pilote professionnel en 1908 dans l’écurie Lion-Peugeot, il appartient aux « Charlatans », une petite structure autonome basée au sein de l'usine Peugeot. À Lyon, il fait figure de grand favori de l'épreuve. Il ne jure que par les véhicules Peugeot : avec eux, il a été le premier triple vainqueur de la course du Mont Ventoux, en 1910, 1912 et 1913. Avec eux, il a aussi disputé les 500 miles d'Indianapolis en 1914.