Le défi du désobusage industriel après la Grande Guerre

Le défi du désobusage industriel après la Grande Guerre

La Grande Guerre a été un naufrage qui a laissé dans son sillage des millions de morts et mutilés, des sols, villes et villages ravagés, des paysages à jamais transformés, mais aussi une quantité invraisemblable d’épaves de guerre. 14-18 a vu l’usage massif et totalement inouï des moyens de l’artillerie. « Cette guerre moderne ne pouvait déboucher que sur un après-guerre industriel », écrit R. Latouche en 1918. Car en effet, le rassemblement et l’éradication de ces monceaux de projectiles à la cessation des hostilités ont pris la dimension de la guerre qui venait de s'éteindre : industrielle.

Ce dossier aborde ce pan méconnu de la Grande Guerre, celui de l’urgence et de la nécessité d’un désobusage d'ampleur industrielle dans l’entre-deux-guerres. Une opération périlleuse encore jamais menée à cette échelle, et un véritable défi à relever du temps de la reconstruction.

La première partie met en exergue l’importance inusitée des moyens de l’artillerie durant la Grande Guerre et explore son origine. La deuxième partie tente de décrypter comment un arsenal de plusieurs millions de tonnes d’engins de guerre a été constitué, motivant un désobusage d’abord balbutiant. La troisième partie, enfin, se focalise sur la rationalisation des opérations d’élimination d’engins de guerre et à la création d’une industrie du désobusage dont on chercha à tirer profit. 

Cette recherche s’appuie sur de nombreuses sources archivistiques issues de fonds internationaux (National Archives de Washington D.C., du Kew Gardens Londres), nationaux (Service Historique de la Défense), locaux (Archives départementales), mais aussi sur des sources originales, comme les coupures de presse numérisées par la Bibliothèque nationale de France. L’histoire de la gestion des munitions résiduelles de l’après-guerre est indissociable de l’histoire de la Première Guerre mondiale.