Le 31 juillet 1914, Jaurès assassiné

Le 31 juillet 1914, Jaurès assassiné

Le café du croissant à Paris.
© MHV Montreuil
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le lendemain de l'assassinat de Jaurès, le journal L'Humanité, qu'il a créé et dirigé jusqu'à sa mort, lui rend hommage.

Dîner tragique au Croissant

En cette fin de juillet, Jaurès ne relâche pas son action en faveur de la paix et ne cache pas son inquiétude face à une guerre entre la Serbie et l’Autriche qui s’étendra pour lui au reste de l’Europe. Le 31 juillet, il se rend à l’Humanité pour écrire un article décisif contre la guerre et désigner les coupables de cet emballement criminel. Mais avant, il souhaite en parler avec ses amis. Au Café du Croissant, ils discutent de la décision des socialistes allemands d’accepter la mobilisation. Soudain, deux coups de feu sont tirés. L’un le touche en pleine tête. Malgré le secours de son ami Renaudel, Jaurès meurt quelques minutes plus tard.

C'était écrit

Certains journaux de droite et d’extrême droite le décrivaient comme un traître, comme L’Action française qui appelait quasiment à son meurtre une semaine avant. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre : « Ils ont tué Jaurès ! » Au-delà de la tristesse et de la stupeur de l’opinion publique, tous les responsables politiques le saluent, y compris ses anciens ennemis, comme Barrès. C’est l’union sacrée qui commence : Jaurès était aussi un patriote et c’est la guerre qui commence qui a causé sa perte. Jaurès connaîtra le 4 août des funérailles nationales.

Qui est Raoul Villain ?

L’assassin de Jaurès s’appelle Raoul Villain, il est âgé de vingt-neuf ans. De tempérament instable, il s’interroge sur son avenir. À la fin de 1913, son nationalisme s’affirme. Commence à germer en lui l’idée de tuer Jaurès, ce traître à la patrie. Le 29 juillet, les manifestations pacifistes à Paris le mettent hors de lui. Il achète un pistolet Smith & Wesson et le 31, connaissant les habitudes de Jaurès au Café du Croissant, il l’abat. S’il est immédiatement arrêté, son procès n’aura lieu qu’en 1919. Son acquittement soulèvera la colère de l’opinion publique.