Laos > Le Laos dans les collections de l’ECPAD

Le Laos dans les collections de l’ECPAD

Mont-des-Sapins, près du Chemin des Dames. Soldats indochinois occupant d’anciennes tranchées allemandes, avril 1917. Photographe : Paul Queste.
© ECPAD
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Près de cent mille Indochinois ont participé au premier conflit mondial1. Dès 1915, quatre mille six cents ouvriers rejoignent la métropole pour travailler dans l’aviation mais le gros des troupes arrive à partir de 1916, pour constituer dix-neuf bataillons de tirailleurs indochinois (BTI), auxquels il faut ajouter neuf mille infirmiers et cinq mille conducteurs automobiles, soit au total quarante-trois mille personnels. Parallèlement, près de quarante-neuf mille travailleurs coloniaux originaires du Tonkin, de l’Annam, de Cochinchine et du Cambodge sont envoyés en France pour être employés dans des usines et dans l’administration.

Les BTI se répartissent en quatre unités combattantes, constituées de volontaires recrutés sur place, et quinze unités non combattantes, appelées bataillons d’étapes, dont le personnel est prélevé sur les troupes stationnées en Indochine.
Les 7e et 21e bataillons, arrivés en 1916, combattent en France. Les recrues, s’adaptant difficilement au froid, connaissent une période d’acclimatation et d’entraînement dans le Sud de la France puis sont mêlées aux troupes françaises et réparties dans plusieurs régiments d’infanterie. Elles combattent en 1917 sur le chemin des Dames puis dans les Vosges en 1918. Les 1er et 2e BTI combattent sur le front d’Orient à partir de 1916 aux côtés de diverses unités contre les Autrichiens et les Bulgares.
Stationnés à l’arrière des lignes, les bataillons d’étape s’occupent de logistique. C’est sur ces unités que sont prélevés neuf mille infirmiers et cinq mille chauffeurs indochinois qui s’illustrent notamment sur la Voie sacrée. Ils sont parfois mêlés de près aux combats, comme lors de la reprise du fort de Douaumont, à laquelle participe le 6e BTI.
Employés dans des usines d’armement, d’aviation et dans les poudreries, les travailleurs indochinois sont au départ bien accueillis par les Français puis les relations se dégradent, notamment avec les syndicats. Des bataillons d’étapes indochinois sont même utilisés par l’état-major pour briser des grèves. Les ouvriers indochinois entretiennent en revanche d’excellentes relations, voire des relations intimes, avec les ouvrières, ce qui suscite à l’époque l’indignation. Après la guerre, le rapatriement des tirailleurs indochinois s’échelonne jusqu’en 1920.

Les archives audiovisuelles de l’ECPAD illustrent la participation des tirailleurs indochinois aux opérations sur le front français (acclimatation au camp de Valescure, combats dans l’Aisne, en Moselle, dans les Vosges, réfection de routes et entretien d’automobiles, entretien d’effets militaires) et surtout en Orient (1er et 2e BTI en Macédoine). Les archives illustrent également la contribution des ouvriers indochinois à l’effort de guerre : à l’arsenal de Tarbes (où sont suggérées les relations qu’ils entretiennent avec la main-d’oeuvre féminine), dans des usines et terrains d’aviation, à la verrerie de Puy-Guillaume, dans l’agriculture et le travail forestier. Deux films retiennent particulièrement l’attention : l’un présente une séance de théâtre annamite en costumes traditionnels, à Pau ; l’autre, réalisé en 1919, présente la ville de Saïgon (réf. 14.18 A 1281).

Les fonds privés recueillis par l’ECPAD complètent les documents issus du travail des reporters militaires. On peut citer en particulier les archives photographiques du capitaine Pierre Citerne et du colonel Marcaire au Tonkin sur la période 1906-1915. De même, le fonds Rosier (D31) renferme un bel ensemble de tirages consacrés notamment à la visite à Tien-Tsin du maréchal Joffre : devenu diplomate, celui-ci est chargé en 1921 de porter le salut du gouvernement français aux chefs d’États d’Extrême-Orient qui ont participé à la Grande Guerre ; à ce titre, il visite successivement l’Indochine, le Siam, le Japon, la Chine et les États-Unis.

Le manque d’informations documentaires originales ne permet pas de faire la distinction entre les soldats originaires des différentes nations qui composaient l’Indochine française. Beaucoup de soldats de la Grande Guerre venant du Laos peuvent être ainsi mêlés aux différentes formations militaires engagées en France et sur le front d’Orient

Les archives de la SPCA sur les Indochinois
Nombre de photographies : 565
Nombre de films : 31

Si vous souhaitez recourir aux images de l'ECPAD pour mener à bien vos projets culturels, vous pouvez consulter les images en médiathèque, commander les images ou commander une prestation.

Notes

1. Cf. http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/troupes-coloniales-indochine-sujet_4553_1.htm (« actes » du colloque pour le quatre-vingtième anniversaire de la bataille de Verdun, 1996) et Maurice Rives, « Les militaires indochinois en Europe (1914-1918) » dans Bulletin de l’association nationale des anciens et amis de l’Indochine, no 2, 2004, p. 11-17.