L'aménagement d'espaces verts dans les villes modernes

L'aménagement d'espaces verts dans les villes modernes

Un homme se reposant au bois de Boulogne à Paris.
© Robert Harlingue / Roger-Viollet
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L'Humanité revient dans un article daté du 2 mai 1914 sur l'aménagement d'espaces verts dans les capitales européennes.

Boire et déboires du bois de Boulogne

On y a vu le roi Dagobert chasser l’ours, la chanteuse d'opéra Mlle Le Maure donner des récitals, 40 000 soldats anglais et russes tout saccager sur leur passage. On y a vu quelques élégantes pouffer dans les buissons, et Marcel Proust y avoir sa première crise d’asthme. Cet ancien terrain de chasse royal est cédé à la ville de Paris en 1852. À cette époque, Napoléon III remodèle entièrement la capitale. Il dote chaque point cardinal de Paris d'un jardin et le bois de Boulogne est son chouchou. Pour le relever des ravages de la campagne de France, l’empereur le confie à l'ingénieur Alphand et au paysagiste Barillet-Deschamps, deux anciens collaborateurs d’Haussmann. Tous deux en refont un lieu de promenade et de tranquillité.

Le modèle anglais

En Angleterre, l’explosion urbaine de la seconde moitié du XIXe siècle pousse l’aile gauche de la bourgeoisie à demander, entre autres, la création de parcs publics. Dès les années 1820, le botaniste écossais John Loudon préconise une reprise de contact avec la nature, une éducation populaire par la botanique et un programme fondé sur la philosophie et les sciences du vivant. En précurseur, Hyde Park est modelé à partir d'une propriété royale, tout comme Saint James's Park ou Regent's Park. Ces espaces influencent Napoléon III pour la création des parcs de Paris. À Berlin, le modèle anglais sert également d’appui à la transformation de la réserve de chasse du Tiergarten en immense espace boisé public.