L'abbé Lemire, l'homme d'église parlementaire

L'abbé Lemire, l'homme d'église parlementaire

L'abbé Lemire devant l'Assemblée nationale, lors de la rentrée parlementaire.
© Bibliothèque nationale de France
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le mandat de trop

L’abbé Lemire est un homme d’action et de convictions. Jusqu’en 1905 et la fameuse loi de séparation de l’Église et de l’État à laquelle il est favorable, tout va bien. Quand, en 1906, il se représente à la députation, les autorités ecclésiastiques tiquent. Passe encore qu’il milite contre la peine de mort, lutte pour la limitation du temps de travail et contre le travail de nuit des femmes et des enfants, qu'il soit pour le repos hebdomadaire, les allocations familiales, et contre le cumul des mandats des élus. Il y a des limites à l’indulgence, et Lemire les franchit. Le couperet tombe en 1914, lorsqu’il se présente une sixième fois malgré l’interdiction de son évêque. Ce n’est pas pour cela qu’il passera à la postérité, mais pour avoir été le créateur des jardins ouvriers en France.

Une sacrée sanction

La suspension a divinis est certes grave : elle ne vise que les clercs et leur interdit l’administration des sacrements, c’est-à-dire l’essentiel de leur mission. Mais si elle est rare, celle de l’abbé Lemire a toutefois un précédent notable : en 1907, Romolo Murri, l'un des fondateurs de la démocratie chrétienne italienne, est suspendu par Pie X.