La nouvelle controverse sur la responsabilité de la guerre

La nouvelle controverse sur la responsabilité de la guerre

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Synthèse de l'article de Berthold Seewald, „Der neue Streit um die Kriegsschuld von 1914“, Die Welt, 23 janvier 2014.

Berthold Seewald, contributeur régulier du journal Die Welt sur le thème de la Première Guerre mondiale, propose dans cet article, à l’occasion d’un débat entre spécialistes allemands du conflit (Herfried Münkler, Gerd Krumeich et Sönke Neitzel) organisé le 24 janvier par les fondations Körber et Gerda Henkel, et modéré par Juliana Haubold-Stolle du Musée historique allemand, un tour d’horizon actuel de la question de la responsabilité du déclenchement du conflit.

L’article pose le contexte européen dans lequel le débat a lieu. En introduction, il reprend la citation du ministre de l’éducation britannique Michael Gove qui, le 9 janvier dernier, a clairement soutenu la thèse de la responsabilité allemande du conflit en incriminant publiquement la politique expansionniste de l’Allemagne, et ce dans le but de justifier le nouveau programme scolaire britannique qui fait la part belle au patriotisme. D’autre part, l’article évoque le succès actuel du livre de Christopher Clark Les Somnambules, en Europe et surtout en Allemagne, en rappelant que l’ouvrage, qui s’interroge sur les causes de la guerre sans chercher de responsable, s’intègre dans un courant historiographique certes renouvelé, mais ancien.

L’article insiste sur le fait que la thèse de Fritz Fischer, qui attribue à l’Allemagne seule la responsabilité de la guerre, et reprise implicitement par Gove, est depuis longtemps dépassée par le monde de la recherche qui lui préfère le concept de crise européenne généralisée. En exposant les points de vue des spécialistes allemands participant à la conférence du 24 janvier, l’auteur adopte le parti d’une responsabilité partagée entre les puissances européenne, à contrepied d’un Gove, ou d’un Gerd Krumeich insistant sur l’agressivité de l’Allemagne impériale, tous les deux mis sur le même plan.

Selon l’auteur, l’enjeu de ce débat serait de faire avancer les lectures nationales du déclenchement de la Première Guerre mondiale qui est, en Allemagne, directement liée au nazisme, à la Seconde Guerre mondiale et à l’Holocauste. Cependant, en conclusion, l’auteur cite Gerd Krumeich qui rappelle, comme un avertissement, qu’en Allemagne « il y a de toute évidence un public qui se languit d’une Allemagne pure où tout ne renvoie pas à Hitler », sous-entendant que les Allemands doivent se garder d’un discours qui pourrait être interprété comme rédempteur.